mardi 25 octobre 2016

Alexandre Gabriel LEMONNIER, joaillier de l'empereur Napoléon III


La vie d'Alexandre -Gabriel Lemonnier  fut riche en évènements et pourtant il existe peu de documentations et peu de photographies des bijoux de ce Joaillier qui restera célèbre avec deux pièces extraordinaires, les deux couronnes de l'impératrice Eugénie.  

La mode vestimentaire est un fait important pour apprécier chaque époque, mais le Bijou aussi, car il peut expliquer les préoccupations des hommes et des femmes dans ce qu'ils ont voulu nous montrer de leurs ambitions culturelles et économiques et Napoleon III est un des exemples de ce raisonnement.


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Alexandre-Gabriel Lemonnier , fils de Louis Augustin Lemonnier et son épouse Thérèse Louise Antoinette, née Regnault, naquit à Rouen en 1808.  Il a épousé le 25 Août 1846 Sophie Reymonde Duchâtenet (1822-1880). De ce mariage sont nées deux filles. Né en 1848 Marguerite Louise épousa plus tard l'éditeur, Georges Charpentier. 
Née en 1857  sa deuxieme fille Isabelle Lemonnier verra plus tard sa fille épouser un Robida dont le descendant  écrivit dans les années 1950 un livre sur l histoire de sa famillle "Ces Bourgeois de Paris" qui citera plusieurs fois G. Lemonnier.



Louis-Auguste Lemonnier, artiste sociétaire du Théâtre royal de l'opéra-Comique,et père de Gabriel le Joaillier. (Voir en fin d article le sort de ces tableaux)


Antoinette Lemonnier la mère du Joaillier fut plus célèbre que son mari , à l Opéra Comique

Antoinette Regnault-Lemonnier Mère de Gabriel

Elle préférait un fils d'une première union  Adrien Boieldieu le fils du célèbre compositeur de musique, François-Adrien Boieldieu.
 Adrien devint un auteur de Romances à la mode.
Mais Antoinette Lemonnier ne s'intéressait pas moins à l avenir de son fils Gabriel Lemonnier. 
Antoinette était une cantatrice célèbre qui n'aimait pas l Empereur devant qui elle avait si souvent chanté aux Tuileries, mais en revanche elle l'avait élevé dans le culte de l'Impératrice qu'elle admirait beaucoup.
En 1846,Après un premier mariage avec une de ses cousines dont il avait eu deux fils, Gabriel avait épousé Sophie Reygondo du Chatenet, de la famille des comtes de ce nom, titre abandonné à l époque de la révolution.

François Adrien Boieldieur par Boilly

En 1848 dès le retour de Louis Napoléon des amis fidèles d'Antoinette sa mère vont introduire  Gabriel Lemonnier auprès de celui qui allait devenir le Prince Président , puis l'Empereur. 
Gabriel Lemonnier obtint ainsi lors de la constitution de la maison civile de l'Empereur la charge de Joaillier de la Couronne en 1851.




Tabatière en or émail et diamants, rectangulaire. Le couvercle est en émail bleu avec initiales et couronne de Napoléon III en diamants, sous le couvercle, signature gravée G. Lemonnier, Joaillier de Monseigneur le Prince Président 6 cm 8 de long  Revendue par Christie's

Gabriel Lemonnier, était un ancien employé de Bury, joaillier, 92 rue Richelieu, puis Lemonnier s'était installé au 1 rue du Coq Saint Honoré*, il fut encouragé par le prince-président Louis Napoléon qui l'installa sur ses propres deniers dans un vaste atelier. Louis Napoléon Bonaparte, réalise le 2 décembre 1851 un coup d’État, dissout l’Assemblée Nationale pour garder le pouvoir. Un an plus tard, il devient Napoléon III Empereur des Français 
*La rue de Marengo est une voie du 1 er arrondissement .Précédemment rue du Coq Saint HonoréCommence rue de Rivoli et se termine rue Saint Honoré .
Il reste peu de pièces actuellement de Gabriel Lemonnier, à part des boites à priser offertes par l' Empereur, on trouve peu de belles pièces de lui en ventes publique à l heure actuelle.


Palais des expositions à Hyde Park 


Intérieur du Palais des Expositions Le Crystal Palace, en 1851



En 1851 Lemonnier est au 6 place Vendôme  mais peu après il va se déplacer de l'autre coté de la place Vendôme.
Gabriel Lemonnier habitait alors avec sa femme, ses deux fils et ses deux filles 25 place Vendôme. Cette maison achetée par Law en 1720, devenue par la suite le Cabinet des Chartes fait le coin de la place, de la rue de la Paix et de la rue des Capucines. Lemonnier y occupait, au-dessus de l'entresol, le grand appartement du1er étage. Les plafonds en étaient peints par Jadin. Celui du grand salon était doré en plein, tandis que sur les glaces, des bronzes dorés faisaient alterner les monogrammes de l”Empereur et de la reine d”Espagne, protecteurs de la maison, N et Y. 
Sur une console étaient exposées sous une vitrine les maquettes des couronnes impériales que Napoléon III avait fait exécuter en vue du sacre et qu”il avait laissées à Lemonnier, le projet abandonné.
L”Empereur avait longuement hésité à propos de ce sacre dont il avait espéré, après le plébiscite, faire une manifestation spectaculaire destinée à frapper les foules. ll avait demandé à Eugène Lami d”exécuter un projet de couronne sommant un casque, puis un cimier ceint d'un laurier, mais aucun ne lui avait convenu et il avait, en marge du croquis d”Eugene Lami, retouché le projet.  Lemonnier
avait écrit au-dessous : "Croquis de la main de l'Empereur " et l'ayant fait encadrer, l'avait placé dans son bureau.
L'ensemble disparut à l'époque de la Commune sans que personne sût ce qu'il était devenu. Des répliques de ce projet sont aujourd' hui conservées au Palais de Compiègne.
On peut considérer que c'est Gabriel Lemonnier qui lança  la Place Vendôme comme le lieu ou les grands  joailliers parisiens vont développer leurs ateliers. 


Angle 1 rue des Capucines, 25 place Vendôme. Façade sur rue. Vue de la rue de la Paix vers la colonne de la place Vendôme. Paris (Ier arr.). Plaque de verre. Photographie de Charles Lansiaux (1855-1939), 7 juin 1917. Département Histoire de l'Architecture et Archéologie de Paris.© Charles Lansiaux / DHAAP / Roger-Viollet

En 1852 Gabriel Lemonnier est au 25 place Vendôme  qui en réalité est à l 'angle de la rue Capucine, juste avant que ne démarre la Rue de la Paix.
l’immeuble qui héberge l’Hôtel Mansart fut construit en 1720 par John Law, le célèbre inventeur des Assignats, sur les plans de Jules-Hardouin Mansart (1646 – 1708), architecte ordinaire de Louis XIV, à qui l’on doit notamment le château de Versailles et l’admirable Dôme des Invalides.Pendant le Second Empire il fut habité par Alexandre-Gabriel Lemonnier, joaillier de la Couronne  On raconte que lors des révoltes de la Commune, tous les bijoux furent cachés derrière les volets intérieurs qui existent encore dans les suites de l'hôtel pour éviter leur vol.(wikipédia)

Le 25 place Vendôme occupé actuellement par Bulgari

Dans son bureau, Gabriel Lemonnier avait fait placer les portraits de ses parents par Riesener , et celui de sa femme par Joseph Court. A ces trois portraits grandeur nature, s'ajoutaient celui de Boïeldieu par Boilly, toute une série de petites gouaches exécutées par Boïeldieu, des dessins ou des peintures de Lebrun, de Prud'hon, de Delacroix, de Raffet de Diaz, de Charlet, d'Eugène Lami et de quelques peintres de l'École Française classique. La pièce était vaste, mais en dépit des dimensions, la nomenclature donne une idée assez précise du goût de l'époque pour l'accumulation. Ajoutons-y que le mobilier Louis XV avait été, laqué en noir et rehaussé de filets dorés. La salle à manger était ovale, et faisait l'angle de la place et de la rue des Capucines. Son plafond était également décoré de peintures de Jadin, ce peintre à la mode qui avait en outre fait fortune en achetant pour trente mille
francs quelques champs dans la plaine Monceau, avant son lotissement.
Les deux filles,  prénommée Isabelle en L'honneur de la Reine d'Espagne, habitaient la partie de l'irnmeuble en retour sur la rue des Capucines, ou deux étages avaient été taillés dans la hauteur des pièces de réception. Elles y ,occupaient une chambre tendue d'alpaga gris clair à galons noirs, capitoninée de bleu, couleur que rappelaient les sièges et les rideaux. D'après sa fille Gabriel Lemmonier était de ces bourgeois de Paris sentencieux et lettrés, qui ont aujourd°hui disparu. La gravité lui convenait parce qu”il la croyait indispensable à ses fonctions. ll parlait le latin couramment, et se plaisait à émailler ses phrases de citations. il s'entourait d”un grand luxe par habitude plus que par goût. C'est lui qui, le premier cependant, se détacba de Saint Sever ou il n'emmena ma grand mère que pour de brefs séjours chez ses parents.



Chateau familial de Launy à Saint Sever dans le Calvados


Maison de Lemonnier à Gometz le Chatel

La Normandie lui paraissant trop éloignée, il acheta près de Bures, à l'entrée de la ,vallée de Chevreuse, le château de Saint-Clair, sur le village de Gometz-le-Châtel. ll reste aujourd'hui dans le parc, comme trace du passage familial,à l'entrée du potager les vases de faïence bleus et blancs arqués aux L. de la famille, et la grille monumentale, encadrée de douves, que mon arrière-grand-mère, fort autoritaire, finit par faire élever à l'emplacement qu'elle avait choisi, après avoir fait raser la maison du voisin qui, des années durant, lui disputa la place. Cette grille est pour,moi un souvenir, car ma grand-mère, petite-fille en crinoline, y allait attendre en compagnie d'lsmérie,, la fille du j ardinier que j'ai connue bien vieille, en capote noire pailletée de jais, la voiture qui, le soir, ramenait de Paris son père et ses frères.  "Michel Robida"

Gabriel Lemonnier avait acheté cette demeure le 30-8-1857, il y maria sa fille En 1871 le "Chateau " de Gabriel Lemonnier a été vendu, Gabriel Lemonnier y avait marié sa fille Marguerite Louise Lemonnier 1848-1904 le 24 août 1871,  avec Georges Auguste Gabriel Charpentier 1846-1905 Cette demeure appartient depuis à la même famille dont plusieurs maires seront issus. 
L'actuel propriétaire a eu la grande gentillesse de bien vouloir me renseigner sur cette maison, et m'adresser des photos.


Merci à Monsieur le Maire de Gometz de m avoir mis en contact avec les actuels propriétaires


Cette très belle grille réalisée à la demande de Gabriel Lemonnier   existe toujours

C'est en 1851 que G. Lemonnier devint un bijoutier de renommée internationale grâce à sa   première Exposition Universelle en 1851 à Londres.
En plus des commandes de Napoléon III, il prit commande de deux parures pour la Reine d'Espagne Isabelle II .
En effet la Reine d'Espagne était une jeune fille dont les Cortès avaient déclaré la majorité à 13 ans et qui régnait sans contrôle à Madrid.
 Elle aimait le luxe et la fantaisie et entre autres caprices elle voulut faire remonter les diamants du Trésor Royal. C'est Gabriel Lemonnier qu'elle choisit, lui qui venait d avoir la légion d'Honneur reçut ainsi la médaille de Charles III d'Espagne et une grande médaille d'honneur.


La place Vendôme à l'époque ou vivaient alors les Lemonnier ne connaissait aucune boutique, aucune enseigne commerciale. 
Seuls, les aigles impériales ou l'initiale de l”Empereur indiquaient les bâtiments officiels, le ministère de la Justice ou l'hôtel de l'état-Major. Celui-ci occupait le pan coupé opposé, à celui du Crédit Immobilier. Venaient ensuite le cercle des mirlitons puis l'hôtel Say (proches alliés des Lemonnier par les du Chatenet, et le mariage du comte Anatole d'Orsel avec une sœur de mon arriere grand-mère),les Say, dont les filles devinrent la vicomtesse de Trédernet et la princesse Auguste de Broglie. L'hôtel voisin était celui du vicomte Aguado, cousin de l'Impératrice; puis, dansl'ordre, ceux du docteur Péan, du richissime baron Schickler et du duc de Castries.  « Je  citerai ici les souvenirs de ma grand-mère parlant de l'Impératrice Eugénie place Vendôme, avant son mariage "On la voyait passer en compagnie du vicomte Aguado, "habillée le plus souvent de mauve, sa couleur favorite,  toujours chaussée de bottines en prunelle, à petits bouts vernis, lacées sur le côté, mais trop hâtivement mises, le lacet traînant fâcheusement sur le trottoir, ravissante toujours dans sa toilette en désordre. C'était, disait mon père, son côté « luxe et misère ›› espagnol.  
Plus tard, aux Tuileries, lorsque Eugénie, devenue impératrice, donnait å ses femmes ses robes d'été pour qu'elles les revendent à leur profit, les riches bourgeoises amies de mon arrière-grand-mère qui, elles, n'étaient pas invitées à la Cour, s'étonnaient en visitant l”exposition sous les combles du château, de voir toutes les robes d'été tachées des fruits dont l'Impératrice, qui les adorait, bourrait ses poches. Miche Robida



Pièce de coiffure diamants et perles exposée à Londres en 1851

La moitié de coiffure est en émeraudes et brillants. Dans cette coiffure, il y a jusqu'à 8,500 pierres montées, et ce travail a été terminé dans l'espace de six semaines. Ordinairement, les joailliers trouvent une grande difficulté à lier ensemble, avec solidité et légèreté tout à la fois, les détails infinis de ces parures, dont chaque objet a une grande valeur et qui, pourtant, doivent répondre à leur distinction par la facilité de la disposition et la grâce aisée de l'agencement; or, ce problème si difficile, M. Lemonnier l'a résolu.
Les feuilles et boutons qui constituent celte coiffure féerique sont remuants, et cela sans le secours d'aucun ressort. La flexibilité tient aux tiges seulement.
On peut concevoir l'effet que doit produire aux lumières l'éclat des eaux de ces brillants qui s'agitent sur un beau front espagnol : c'est comme autant de cascades de flammes qui illuminent les tresses de cheveux d'une Andalouse, et nous signalons comme une heureuse pensée d'artiste cette liberté laissée aux brillants qui, loin d'emprisonner la tête sur laquelle ils se meuvent, traduisent et augmentent son animation et son éclat naturels. (Journal" le Palais de Cristal" )


D'après le célèbre Vever, le joaillier fut très remarqué à Londres et revint en France avec une légitime réputation ; il avait attiré sur lui l'attention de Louis-Napoléon, qui avait suivi de Paris le succès es industriels français, et le Prince-Président lui fit installer à son retour un vaste atelier dont les frais furent supportés par sa cassette particulière.
Pour diriger cet atelier, Lemonnier prit, aux appointements inconnus jusqu'alors de 10.000 francs par an, un nommé Maheu, qui était du reste un très bon fabricant, établi rue Vivienne, et travaillant pour les principales maisons de Paris.
 L'atelier de Maheu était très réputé; un de ses ouvriers les plus habiles s'appelait Montezer.
Lemonnier, avec l'atelier de Maheu, pouvait dès lors exécuter les commandes les plus importantes, et, dès la fin de 1851, il fut choisi par le nouvel Empereur comme joaillier de la Couronne. Inutile de dire qu'avec un tel patronage ses affaires furent très prospères. Il était fort bien secondé par sa femme, active, intelligente et douée de réelles aptitudes commerciales. Il prit part aux commandes qui furent faites, non seulement à l'occasion du mariage impérial, mais aussi pendant tout le règne de Napoléon III. C'est ainsi qu'il fut chargé d'une nouvelle monture pour cette grosse perle de 337 grains, ayant à peu près la forme et la grosseur d'un oeuf de pigeon, qu'on appela improprement la Régente lors de la vente des Joyaux de la Couronne en 1887.




Bouquet Commandé par la Reine d'Espagne
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La faveur de l'Empereur, comme les ouvriers et les employés qu'il avait choisis pour ses ateliers, tels Boucheron et Falize, attiraient chez Lemonnier non seulement la Cour, mais tous les étrangers de marque. Parmi ceux-ci la princesse de Metternich, dont le coupé jaune clair laissait lespassants indifférents, l'attelage russe du prince Demidoff, protecteur des étoiles, qui voulait "des bijoux qui fassent de l'argent au Mont-de-Piété ", la berline criarde du vieux duc de Brunswick autour de laquelle s'attroupaient les badauds quand elle stationnait place Vendôme, et qui servit après la mort de son propriétaire à amener sur la piste de l'hippodrome les numéros sensationnels. Le duc de Brunswick changeait trente fois par mois de perruque afin de faire croire à la pousse de ses cheveux. Il habitait avenue de Friedland un hôtel peint en rose qui appartint par la suite au duc de Trévise. I/intérieur de la maison n'était pas moins surprenant que le propriétaire. Après un vol très important, il avait fait supprimer chez lui tous les escaliers. Michel Robida dans "Ces Bourgeois de Paris"



Devant de corsage commandé par la Reine d'Espagne en 1851






Le texte de cette page, en partie:

M. LEMONNIER, JOAILLER DE PARIS.
Il y a quelque audace, de la part de M. Lemonnier, un des joailliers de Paris qui occupent le premier rang, d'être allé se placer, à l'exposition, à côté
des riches vitrines de l'Angleterre et de la Russie; mais, hâtons-nous de le dire, ici, comme toujours, « la fortune est venue en aide au courage. » « Audaces fortuna juvat. »
C'est que, non-seulement notre compatriote rivalise avec les autres joailliers, sous le rapport de la richesse et de l'éclat, mais c'est que rien ne peut donner une idée du goût exquis, de l'heureuse disposition, de l'intelligence spirituelle et toute française avec laquelle il a su grouper les brillants et les joyaux qu'il  a employés dans ses oeuvres.
Nous donnons, dans ce numéro, quatre des objets exposés par M. Lemonnier :
4° Une moitié de coiffure
2° Un corsage ;
3° Un bouquet ;
Ces trois objets font partie de la parure de la reine d'Espagne ;
4° L'épée du duc d'Alba
Examinons ces précieux ornements, chacun dans son ordre :
La moitié de coiffure est en émeraudes et brillants. Dans cette coiffure, il y a jusqu'à 8,500 pierres montées, et ce travail a ete terminé dans l'espace de six semaines. Ordinairement, les joailliers trouvent une grande difficulté à lier ensemble, avec solidité et légèreté tout à la fois, les détails infinis de ces parures, dont chaque objet a une grande valeur et qui, pourtant, doivent répondre à leur distinction par la facilité de la disposition et la grâce aisée de l'agencement; or, ce problème si difficile, M. Lemonnier l'a résolu.
Les feuilles et boutons qui constituent celte coiffure féerique sont remuants, et cela sans le secours d'aucun ressort. La flexibilité tient aux tiges seulement.
On peut concevoir l'effet que doit produire aux lumières l'éclat des eaux de ces brillants qui s'agitent sur un beau front espagnol : c'est comme autant de cascades de flammes qui illuminent les tresses de cheveux d'une Andalouse, et nous signalons comme une heureuse pensée d'artiste cette liberté laissée aux brillants qui, loin d'emprisonner la tête sur laquelle ils se meuvent, traduisent et augmentent son animation et son éclat naturels.
Le second objet, dont nous donnons ci contre le dessin, est le corsage.
Il se compose de brillants et de saphirs.
Toute la poitrine se trouve entourée de cette chaîne mélangée d'or et d'argent ; les fleurons que l'on y remarque, cl qui sont disposés de manière à relier l'ensemble, sont à doubles culots, extérieurement en argent, intérieurement en or. Le milieu de ces fleurons, ainsi que les pendeloques, sont en saphirs. Au-dessous, nous représentons le bouton.
Il y a une pierre qui a le privilège de donner une idée parfaitement exacte des feuilles (et il n'y a pas de bouquets sans feuilles), c'est l'émeraude.
M. Lemonnier a su donner à son bouquet une apparence de réalité que rien n'égale, au moyen des émeraudes qui figurent les boutons.
Les pendeloques du noeud sont en brillants et en perles.
Ce qui distingue M. Lemonnier des autres, c'est que dans les objets qui sortent de ses ateliers, le prix de la matière se fait oublier par l'élégance et la beauté de la monture.
Certes, il est difficile de donner à une coiffure qui se compose de tant de pierres et de détails or et argent, la légèreté de fleurs naturelles, et c'est là ce que M. Lemonnier a pu faire avec une grâce parfaite.
Il y a un fait sur lequel nous devons insister, parce que nous ne pouvons que le déplorer, au point de vue du succès dont se sont privés à plaisir les fabricants français : c'est que la joaillerie n'a pas, à l'Exposition, d'autre représentant que M. Lemonnier.
Nous nous hâtons de dire qu'elle ne pouvait être mieux servie ; mais il est fâcheux que cet art, où la France excelle, n'ait pas eu de plus nombreux produits. La joaillerie est, en effet, chez nous, une branche toute spéciale de l'industrie, l'industrie, elle comporte en elle des traits tout-à-fait caractéristiques de l'élégance et du goût de noire nation.
Tout le monde a pu se rendre compte des progrès que la joaillerie a faits, surtout depuis plusieurs années.
Les bracelets, les chaînes, les bagues, les broches, tous ces mille détails de toilettes des dames ont été l'objet d'une étude toute particulière, et aucun fabricant ne peut, à l'étranger, rivaliser avec les nôtres sur ce point,
Là encore, comme dans toutes les branches de l'art, est assuré le triomphe du bon marché........
........Pourquoi donc nos joaillers n'ont-ils pas envoyé à Londres ce que les Anglais savent tant admirer et tant acheter chez nous?




L Epée du Duc d'Alba




Lemonnier avait donc reçu des Anglais "la grande Medaille de l'exposition de 1851.

Vever aussi écrivit sur le manque d'originalité des autres français présents au Crystal Palace de Londres
"D'ailleurs, Lemonnier ne fut pas seul à triompher à l'Exposition de Londres. Son succès fut partagé par les joailliers dont nous avons déjà signalé le mérite sous le règne de Louis-Philippe : Dafrique, Rouvenat, les frères Marrel, Rudolphi, qui furent dignes de leur ancienne réputation, sans toutefois que leurs bijoux, dont nous avons reproduit un certain nombre dans notre premier volume, quoique
fort bien exécutés, accusassent des tendances artistiques sensiblement 
nouvelles"



1852- Bijoux commandés par la Reine d'Espagne. Vever nous indique:
"G. Lemonnier,avait envoyé au Palais de Cristal un ensemble de riches bijoux, parmi lesquels figuraient deux importantes parures exécutées pour la Reine d'Espagne ; elles sont signalées par le rapporteur du jury comme montrant « un goût très sûr et très élevé dans la conception de l'ensemble». L'une de ces parures se composait d'un collier avec ruban en brillants entrelacés de feuillages en émeraudes, d'une garniture de corsage semblable, et de deux nœuds en émeraude du poids de cinquante-cinq carats chacune. Le bouquet de corsage, la couronne, le bracelet, etc., étaient du même style et d'une grande richesse. « Tout cet ensemble, dit le dit le rapporteur, par la grande harmonie et la simplicité de sa disposition, montrait dans son inventeur l'imagination la plus heureuse pour tirer parti d'une profusion de pierres précieuses, sans que leur nombre immense nuisît à l'effet général. " 





Bracelet or, perle fine, diamants de G Lemonnier

A propos des émoluments de Gabriel Lemonnier





Boite à priser fabriquée par Louis François Tronquoy (1827-1871) en or 750/1000° Sur le boîtier est gravé G, Lemonnier Joaillier de la Couronne 25 place Vendome , La miniature est de Passot Gabriel Aristide. Si Louis-François Tronquoy se spécialisa sous la Restauration et la Monarchie de Juillet dans la fabrication de boîtes dites « de présent », essentiellement en or, ses créations se distinguent par une ornementation d’émail et de pierres précieuses encore plus riche sous le Second Empire.  Revendue par Christie's




Il nous reste cette Couronne d'Eugénie, mais Napoleon III devait avoir la même mais c'est encore Vever qui nous explique qu'
A l'occasion de son mariage, Napoléon III fit démonter un certain nombre des anciens bijoux composant les Diamants de la Couronne, dont les éléments furent utilisés dans de nouvelles parures d'un goût plus moderne.
Selon la volonté expresse du Souverain, ce travail ne fut confié qu'à des joailliers ayant un atelier à leur nom, fabriquant réellement, et non à des marchands. « C'est ainsi que Lemonnier, Baugrand, Mellerio, Kramer, Ouizille-Lemoine, Viette et Fester exécutèrent la couronne impériale et les décorations de l'Empereur, la couronne de l'Impératrice, le diadème, le peigne, la ceinture, les broches, le bouquet, la coiffure et l'éventail. »  
La Couronne fut commandée à Lemonnier qui en confia l'exécution à Maheu. Malheureusement, cet . ouvrage, qui promettait d'être très beau, et dont les frères Fannière avaient modelé les aigles, ne fut jamais terminé, des raisons politiques ayant fait abandonner la cérémonie du Couronnement. Seule la croix qui la surmontait a été sertie. Le dessin de cette couronne est identique à celui de la couronne qui figure à côté de l'Impératrice dans le portrait de Winterhalter, et à la couronne frappée sur les pièces de cinquante centimes au millésime de 1867.



La couronne de l Impératrice est constituée d un bandeau en or décoré de cannelures, qui est bordé par deux cercles de petits diamants. Huit émeraudes en forme de losange alternent avec huit gros diamants entourés chacun de 10 plus petits
Au dessus palmettes et palmes sont serties de diamants les palmettes serti en leur centre d'un gros diamant. Chacune des palmettes est flanquées de deux émeraudes la croix est serties de six diamants.
 Lemonnier ,d'après Monsieur Daniel Alcouffe,  reçut pour la couronne  le 13 février 1855 de l 'administration des diamants de la couronne, cent deux diamants pour un poids de 32 carats



L'écrin qui existe toujours, est en maroquin rouge  aux armes impériales, fabriqué et signé par le gainier" Gouverneur", installé  au 37 quai de l Horloge à Paris


Diadème, collier et broche de la Reine d'Espagne.
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A propos de collier , c'est encore Vever qui nous relate ;
Le Conseil municipal avait décidé qu'une somme de six cent mille francs serait affectée à l'acquisition d'un collier de diamants qui serait offert au nom de la Ville de Paris à la jeune et charmante souveraine, dont l'amabilité, la grâce et la beauté captivaient déjà tous les esprits. (Au centre de ce
collier devait être placé un diamant en forme de coeur, appartenant à Lemonnier. Ce diamant, de l'eau la plus pure, pesait 23 carats et était évalué 90.000 francs.) Mais la nouvelle Impératrice, mue par un sentiment d'une délicatesse touchante, n'accepta pas ce cadeau, afin, dit-elle, de ne pas occasionner de dépense à la Ville.
Sur son désir, la somme fixée pour l'achat de cette parure fut employée en charités.
L'impériale fiancée fit un usage analogue de la somme de deux cent cinquante mille francs que l'Empereur lui avait envoyée comme argent de poche dans un portefeuille, « pour tenir lieu de la bourse d'usage » . Mais, malgré l'importance de ces libéralités, le mariage impérial n'en fut pas moins l'occasion de cérémonies grandioses, qui occasionnèrent un mouvement commercial exceptionnel.
1. Un établissement fut fondé dans un immeuble acheté spécialement rue Cassette, où les jeunes filles pauvres devaient recevoir une éducation conforme à leur position.
2. Sur cette somme, cent mille francs furent attribués aux Sociétés maternelles de secours aux femmes en couches .



Ce dossier de la Légion d honneur m a beaucoup intrigué, et m intrigue encore, car la réponse que m' a donné la conservatrice du Musée de la Légion d'honneur ne me satisfait pas. En effet tous les livres ou sites Internet disent que Lemonnier reçut la Légion d'Honneur en 1851.
Une première fois elle me fit cette réponse document à l appui: 
Monsieur Alexandre Gabriel Lemonnier a été nommé chevalier par décret du 16 mai 1842, en tant que président du Tribunal de Commerce. Il est décédé le 16 juillet 1884.

Puis quelques jours plus tard
Je suis désolée il n'y a aucun autre document. En 1871, pendant la Commune, un incendie a détruit le Palais de Salm où les archives de la Légion d'honneur étaient entreposées ; malheureusement de nombreux dossiers ont brûlé et les documents n'ont pu être reconstitués.
Entre temps j avais consulté le Tribunal de Commerce de Paris.
Monsieur,
Je fais suite à votre courriel et vous précise, d'après les recherches effectuées par mon service ce matin, que Monsieur Alexandre Gabriel Lemonnier n'a jamais été ni président ni juge au tribunal de commerce de Paris.
Bien à vous
David Schapman  Secrétaire général de la Présidence Tribunal de commerce de Paris
Alors je repris le chemin de la BNF et je retrouvais deux journaux de l'époque "l'Industrie Française au XIX eme siècle de 1878" et aussi un journal "Le Génie Industriel de 1851"




Donc tout en étant perplexe, je pense que les journaux de l'époque doivent avoir raison.



Gabriel Lemonnier ne fut pas président du tribunal de commerce de Paris, mais il fut Juré aux assises en 1852




C'est en 1852 que Gabriel Lemonnier sera nommé par Napoléon III joaillier de la couronne



Alexandre Gabriel Lemonnier a été  fait membre de l ordre de Charles III  d'Espagne.

Tabatière Napoleon III en 1853




Cette perle est "La Régente"  elle pèse 337 grains, elle fut achetée par Napoléon à Nitot, en 1811, pour la faire monter sur un des diadèmes de l'impératrice Marie Louise. La perle resta dans les joyaux de la couronne et Napoléon III la fit remonter par Lemonnier à l occasion du mariage de l'impératrice  Eugénie .


Pour se donner une idée de la taille de la perle, la voici sur le portrait de la princesse Zénaïde Youssoupof.
Lors de la triste vente de 1887, elle fut vendue avec les autres bijoux royaux sous le N° 42 au négociant Jacques Rossel qui la revendit à Fabergé. 

Elle a été achetée par un mandataire du joaillier de Saint Petersbourg, Pierre-Karl Fabergé. Fabergé l'a revendue au prince Youssoupov. La princesse Zénaïde, sa fille, la portait très souvent, soit pour orner sa coiffure, soit en pendentif ou en sautoir, à côté de "La Pélégrina".
Elle fut donnée plus tard à la princesse Irina Youssoupov.
Au moment de la Révolution de 1917, le fils de Zénaïde, Félix, a dissimulé "La Régente" dans une maison moscovite des Youssoupov, en espérant la récupérer. En 1925, les Soviétiques ont découvert accidentellement la cachette en réparant un escalier.
Ils ont vendu une bonne partie des objets découverts, mais le sort de "La Régente" est incertain "d'après Lizotchka dans son Histoire de Joyaux
Elle réapparut en 1988, lorsqu'elle a été mise en vente à Genève par Christie's personne ne sut qui était le vendeur. C'est un banquier koweïtien qui l'a achetée pour l'équivalent de 4,5 millions de francs français.
En 2005, elle aurait  été revendue pour 2,1 M d'euros avec l intervention de Monsieur Bernard Morel





Ce sont les broches de la parure des diamants de la couronne. Elles ont été remontées par Gabriel Lemonnier pour l impératrice Eugénie en 1853. Au centre la perle à qui on donnera le nom de "Regente" en 1887.




Photographie de Vever dans son livre avec au centre haut cette perle de 337 grains
Pour l exposition de 1855 Le rapport officiel indiquait:
Dans la parure en perles, exécutée par M. Lemonnier, nous signalerons une grande broche ornée de l'énorme poire en perle qui fut rapportée de Berlin par l'Empereur Napoléon Ier.
La vaste vitrine de la grande nef, désignée sous le nom de trophée de l'industrie parisienne, contient aussi de fort belles pièces de joaillerie, exposées par M. Lemonnier et M. Bapst. Du premier, nous remarquons deux microscopiques figurines, un arlequin et un polichinelle, entièrement composées d'une myriade de toutes petites pierres, curieux échantillons de ce que peut le talent du sertisseur .


Inauguration de l expo de 1855, litho de Jules Arnout


L'Exposition de 1855 eut lieu au Palais de l'industrie, construit exprès pour cet usage. 1. L'empereur Napoléon III l'inaugura solennellement et de la façon la plus brillante.
Les diamants de la Couronne y furent mis sous les yeux du public pour la première fois ; plusieurs y apparaissaient dans des montures nouvelles et témoignaient ainsi des dispositions des souverains à favoriser le luxe et des encouragements qu'ils avaient donnés aux principaux joailliers. A cette
époque, où un lot de cent carats de diamants était dans le commerce et resta longtemps encore une chose extraordinaire et tout à fait exceptionnelle, la vue d'une telle accumulation de pierreries et de richesses impressionna vivement les visiteurs. On fit également figurer à l'exposition le grand service de cent couverts, exécuté pour l'empereur, et qui avait coûté huit cent mille francs.
On remarquait, parmi les parures nouvellement remontées, « une garniture de robe, en forme de berthe, composée de feuilles de groseilles, au milieu de laquelle brille une magnifique pièce de corsage du même style, exécutée par Bapst. Au-dessous, se dessine une ceinture exécutée par
i. Les commissaires anglais, à qui l'on faisait visiter le nouveau Palais,
déclarèrent imperturbablement qu'il serait à peine suffisant pour y installer les produits de leurs nationaux. Il faut reconnaître qu'ils ne manquaient pas d'un certain aplomb. "Vever"



1853: L'impératrice Eugénie tableau conservé a Versailles
Elle aimait beaucoup les perles.




Diadème de l'impératrice Eugénie
Paris, 1853.
Peu après son mariage avec Eugénie, Napoléon III commanda une nouvelle parure de perles et de diamants pour celle-ci, comprenant un diadème, une couronnette et une grande broche de corsage, qui furent exécutés par Lemonnier, et deux broches d'épaule et deux broches de corsage, qui furent l'oeuvre du joaillier Kramer. Les perles et les diamants provenaient d'une parure créée par Nitot pour Marie-Louise de 1810 à 1812, et modifiée en 1819-1820. Le diadème de Lemonnier est visible sur le célèbre portrait d'Eugénie par Winterhalter. Lors de la vente des diamants de la Couronne en 1887, le diadème fut adjugé au joaillier Jacoby et par chance ne fut pas dépecé ; il fut acquis en 1890 par Albert de Turn-et-Taxis, à l'occasion de son mariage. Son retour à proximité des Tuileries est donc particulièrement bienvenu. (société des amis du Louvre)

Argent doublé or, 212 perles d'Orient, 1998 diamants.
H. 7 cm ; L. 19 cm ; Pr. 18,5 cm ; Poids 0,299 kg.
Provenance : Exécuté pour l'impératrice Eugénie ; vente des diamants de la Couronne, 1887 ; acquis par le joaillier Julius Jacoby ; acquis en 1890 par Albert, prince de Turn und Taxis  ; vente de The Turn und Taxis Collection, Genève, 1992.


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Portrait officiel peint par Winterhalter, l'impératrice Eugénie porte ce diadème, et la couronnette assortie créés par le joaillier Alexandre-Gabriel Lemonnier à la suite du mariage impérial célébré le 29 janvier 1853.




1855,   tabatière émail or et diamants





Tabatière en or de trois couleurs et émail bleu, par Arthur Goosens pour Lemonnier, Paris, vers 1855. De forme rectangulaire, l'émail bleu serti de rinceaux en or jaune, le couvercle centré du chiffre N en diamants entouré de palmes en or jaune et rose et sommé d'une couronne impériale, le couvercle gravé à l'intérieur PRESENTED TO DANIEL GOOCH ESQRE BY HIS IMPERIAL MAJESTY NAPOLEON III EMPEROR OF THE FRENCH ON THE OCCASION OF HIS VISIT TO ENGLAND 1855, le bord de la boîte gravé G. Lemonnier, Joaillier de la Couronne, 25 place Vendôme, dans son écrin d'origine frappé ""G. Lemonnier Joaillier de la couronne ""et de S.M. la reine d'Espagne 25 place Vendôme. Revendue par Christie's 

Donnée à M. Daniel Gooch en 1855 par l'Empereur Napoléon III lors d'une visite en Angleterre et resté depuis chez ses descendants.
Daniel Gooch était un des principaux dirigeants des chemins de fer anglais, président du Great Western Railway. A ce titre, il était chargé de conduire les visiteurs importants en train auprès de la reine Victoria à Windsor ou à Osborne House. Plus tard, il fut chargé d'installer le premier câble entre Brest et les Etats-Unis. Le 15 juillet 1869, Napoléon III lui adresse ce message: "Je vous félicite de l'heureuse réussite de votre grande entreprise et je vous remercie de m'en avoir fat part. Napoléon." 

Vever dans le tome 2 de son livre sur la Bijouterie Française cite Lemonnier
La liste des exposants orfèvres et bijoutiers est trop longue pour que nous la rapportions ici ; nous citerons sommairement les noms de quelques-uns de ceux dont nous nous sommes entretenu précédemment ou que l'on retrouvera au courant de cette étude. Tels sont : Jarry aîné,
Rudolphi, Duponchel, Duron, Le Cointe, Ch. Christofle, Froment-Meurice, Lemonnier, Wièse, Aucoc aîné, etc. Le diamantaire hollandais, Martin Coster, qui, en 1851, avait exposé le Koh-i-noor (montagne de lumière), présentait cette fois au public un autre gros brillant appelé l'Étoile du
Sud, découvert au Brésil en 1853, et dont le poids brut, de 254 carats, avait été réduit à 125 1/2 après la taille.
Massin rénova aussi ces noeuds et aigrettes, plumes de héron en forme de crosses, mêlées de pampilles et de chatons mobiles en diamant, dont on trouve la première idée chez les joailliers du XVIIIe siècle. 
C'est à l'occasion du mariage d'un de ses confrères que Massin fit son premier bijou de ce genre, qui a servi de point de départ à tous les bijoux analogues dont la vogue fut si grande depuis et n'a pas encore complètement cessé. La parure la plus importante qui fut faite d'après ce type d'aigrette mobile, mais cette fois sans mélange de plumes naturelles, fut exécutée en mars 1864, pour la maison G. Lemonnier. Lemonnier, joaillier de la Couronne et fournisseur de la Reine Isabelle, venait de
recevoir d'Espagne la commande d'un joyau pour lequel rien ne devait être épargné. « Il s'agit de travailler comme pour une reine », disait Lemonnier à Massin en lui demandant un projet où s'allierait la richesse et l'originalité. Mais,en même temps qu'à Massin, c'est dans des termes identiques (soi-disant confidentiels à chacun) qu'il adressa la même demande de dessins à plusieurs autres fabricants de mérite, ouvrant ainsi une sorte de concours secret."Vever"

Diademe de Massin vendu à Lemonnier pour la Duchesse de Medina-Coeli

Le succès de cette parure fut retentissant à la cour de Madrid, où elle parut, portée par l'une des plus belles et des plus grandes dames d'Espagne, Mme la Duchesse de Medina-Coeli. 
Elle valut un regain d'affaires et de renommée à la maison Lemonnier, qui paya 14.000 francs la seule façon de cette pièce de joaillerie, si audacieuse d'idée et si heureusement réussie, que plusieurs des joailliers de Paris qui la virent, lors de l'exposition qu'en fit Lemonnier dans ses magasins avant de la livrer, vinrent chez Massin pour le féliciter, l'un d'eux s'informant même, en manière de compliment, « par où on commençait et comment on finissait pareil ouvrage »

Lors d'une fête qui eut lieu peu de temps après la livraison de la parure de Lemonnier, la Duchesse, en passant sous une tenture, y resta accrochée par sa coiffure et ses aigrettes s'enchevêtrèrent si malheureusement, qu'on ne put les dégager sans les plus grands dommages. On ramassa à terre des morceaux cassés, des pierres tombées, le reste faussé et emmêlé dans une confusion inextricable ; bref , un vrai désastre, qu'il était urgent de réparer immédiatement, car une grande réception chez la Reine Isabelle était prochaine.
Comme on n'avait plus le temps d'envoyer la parure à Paris, on demanda à Lemonnier d'envoyer faire la réparation à Madrid. Lorsque Lemonnier vint demander secours et expliquer la nature des dégâts à réparer, Massin lui dit : « Pièces cassées à refaire, il faut un monteur ; pierres à sertir ou à remettre, affaire de sertisseur, et, enfin, pièces à polir et nettoyage final, travail de polisseuse ; c'est une équipe de trois personnes qu'il vous faut, car, excepté moi-même, je n'ai pas dans mon atelier et ne connais personne au dehors réunissant les aptitudes nécessaires pour le travail à faire. »
Lemonnier ne se souciait pas beaucoup de déplacer trois personnes, ni de mettre son fabricant en relation avec sa noble cliente ; de son côté, Massin ne se souciait pas davantage de quitter ses affaires, son atelier en pleine activité.
il fallait prendre un parti sans délai et Lemonnier, rassuré d'ailleurs par la discrétion et la droiture qu'il connaissait à son fabricant, lui demanda instamment, comme un grand service, de se rendre lui-même à l'appel de la Duchesse.
Ayant fini par accepter, Massin part, muni d'un assortiment de pierres, de matières préparées et d'un outillage complet. Arrivé à Madrid, au palais de la Duchesse, c'est un salon somptueux qu'on lui
donne comme atelier, c'est une magnifique table dorée Louis XIV qui sert d'établi, et c'est dans cette installation superbe, mais tout à fait incommode, — malgré que tout ait été très gracieusement mis à la disposition de Massin, qu'après dix jours de travail assidu, Massin put rétablir l'aigrette dans sa perfection première et la montrer à sa noble propriétaire, tout effarée de voir dans son salon les casseroles de ses cuisines, qui avaient servi au savonnage et au séchage de la parure dans la sciure.

Mais un incident tragico-comique s'était produit au cours du travail. Au moment de faire ses soudures, Massin s'aperçut que dans la hâte du départ il avait oublié son chalumeau ; perplexe, il sortit, se proposant, comme dernière ressource, d'apitoyer sur sa mésaventure un confrère secourable, lorsque, chemin faisant, il vit des pipes de terre à la vitrine d'un marchand de tabac. Ce fut un trait de lumière, le problème était résolu ! Massin acheta une pipe, en cassa le bout trop long, en essaya le souffle et réussit toutes ses soudures avec ce chalumeau de rencontre, inventé par la nécessité. Le travail terminé, au moment de partir, Massin présenta ses hommages à la Duchesse qui tint à le remercier et lui fit visiter son palais, sa galerie d'armes, ses chevaux et voitures et, faveur plus appréciable, l'invita à voir le lendemain, dans tout son apparat, la femme d'un grand d'Espagne se rendant chez la Reine. Exact au rendez-vous, Massin fut émerveillé de la richesse d'un carrosse tout doré, agnifiquement attelé, mais plus encore de la beauté et de la grâce de cette noble dame, qui lui dit : « Vous voyez, monsieur l'artiste, j'ai votre diadème sur la tête! Il n'est beau que là, madame la Duchesse ! s'écria celui-ci, mais prenez garde aux crépines des tentures. — Merci, monsieur, et au revoir.

Adieu, madame. » rapporté par Vever qui le tenait de Massin



1860:  ce bijou "fleur épis et avoine" sur un dessin de Massin a été réalisée par Lemonnier




Les deux pièces d'orfèvrerie 'ci dessus et ci dessous) font partie d'un surtout en argent massif, aux ornements dorés en ors de couleur, que M. Lemonnier, joaillier de la couronne et de la reine d'Espagne, a exécuté, sur les modèles de M. Carlier, pour M. le comte Grégoire Koucheleff Besborodko.



Ce surtout se compose : 1° D'une pièce de milieu, grande écaille de tortue portée par quatre Indiens ; 2° De deux candélabres dont les branches entremêlées de fleurs sont supportées par un Indien; l'un d'eux, presque nu, représente l'Indien primitif; l'autre c'est celui dont nous donnons la gravure, vêtu jusqu'à mi-corps, nous montre l'Indien de nos jours;  De quatre compotiers en cristal supportés chacun par une jeune Indienne accroupie. Nous insérons également l'une de ces dernières pièces.
Compotier à l'Indienne, exécuté par M. Lemonnier, d'après les modèles de M. Carlier.
Puis viennent les plats bas, les dessous de carafes, etc., qui complètent l'ensemble de cet ouvrage important, que sa belle exécution rend digne de figurer parmi tous ces objets d'art, si rares et si précieux, que le riche et intelligent amateur qui l'a commandé a réunis dans les deux magnifiques palais qu'il possède à Saint-Pétersbourg.   
Jean Jacques Arnoux en 1862 dans la revue "l'Art contemporain"



Etabli au 25 place Vendôme, dans l immeuble de Lemonnier



1864: Journal des débats:  Gabriel Lemonnier assiste Maitre Boujouze pour une belle vente publique, Gabriel est installé au 25 place Vendôme.




1864: Dans un annuaire professionnel, une liste de professionnels très intéressante dont Lemonnier.


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Mme de Castiglione venait souvent place Vendôme (elle habitait alors Passy), faisait entrer son coupé sous la voûte et, avant de descendre de voiture, envoyait son fils (presque aussi beau qu'elle)
ou son groom s'assurer qu'elle ne rencontrerait personne.
Elle se glissait alors, le visage voilé, dans le petit salon de mon, arrière-grand-mère ou dans le bureau de Gabriel Lemonnier. Elle tenait toujours sur ses genoux un grand portefeuille de maroquin bourré de papiers dont la teneur,prétendait-elle, amenerait à son gré la paix ou la guerre;Elle ajoutait parfois de sa grosse voix rude : "Quand, zé né souis pas là, ils ne font que des bêtises. " Mémoires Michel Robida"

Photo RMN  Musée de Compiegne

En remettant à Sophie Lemonnier la photographie du fameux tableau vivant où elle parut, vêtue en religieuse, devant une grotte sur laquelle étaient inscrits ces mots : « Ermitage de Passy ››,
elle éclata de rire : "Ils ont donné beaucoup d'argent pour mé voir. Zé leur ai montré le bout dé mon nez." Michel Robida

Musée le Met

Il est vrai qu'elle était déjà apparue dans des costumes plus suggestifs, très habillée en reine d'Etrurie, plus curieusement en dame de coeur, et ceci aux Tuileries, et enfin en « mur ››, vêtue d'un maillot sur lequel couraient quelques pampres.   





La maison Sotheby's a peu de détails sur ce bracelet, néanmoins, le poinçon est de Lemonnier.
Ce bracelet est en or, perle fine et diamants, seconde moitié du 19ème siècle la longueur est d'environ 170mm.



Christina Nilsson a épousé à  l'abbaye de Westminster le banquier français Auguste Rouzaud, qui est mort en 1882. En 1887, elle a épousé Ange Ramon Maria Vallejo y Miranda, le comte de Casa Miranda, qui est mort en 1902. Dans la correspondance, Nilsson a souvent signé de son premier nom plutot que Christine, et au cours de la dernière partie de sa vie, elle était généralement connue comme la comtesse de Casa Miranda. c'est d'elle dont cet article ci-dessous nous instruit 


L article date de 1868 dans le Journal Le Menestrel et Christina était célèbre dans toute l'Europe
En 1868 Christina est de nouveau engagée à Paris, mais cette fois au Grand Opéra. Le compositeur Ambroise Thomas avait écrit l'opéra Hamlet et elle seule pouvait selon lui personnifier Ophelia - elle était faite pour ce rôle.
La première eu lieu le 1er Mars, et si on avait parlé d'un succès au Théâtre Lyrique, elle faisait maintenant un triomphe!
L'interprétation d'Ophelia par Christina fut acclamée comme une révélation. L'enthousiasme du public pour cette merveilleuse apparition fut spontané, énorme et sans retenue. (Wikipedia)




Boite à tabac de Gabriel Lemonnier Gravée sur le coté "G.Lemonnier Joaillier de la couronne 25 place Vendôme."
Email bleu opaque, or et diamants taillés en roses. A l'intérieur du couvercle est inscrit en anglais: - Présenté par leurs Majestés l'empereur et l'impératrice des français, pour M. Nathan Jr de New York comme un témoignage de son génie



Photographie de Alexandre Gabriel Lemonnier

D'après Michel Robida  Gabriel Lemonnier était un homme au beau visage encadré de favoris, au front haut et dégagé surmonté  de Cheveux bouclés.


Madame Lemonnier, née Sophie du Chatenet, portrait par Joseph Court (dans ces bourgeois de Paris) madame Lemonnier ne portait jamais de bijoux.




Comme nous l'avons lu au cours de cet article, Lemonnier était à la fois fabricant et détaillant. Ayant les commandes il avait choisi des sous traitants de grande qualité.
Comme ce pendentif montre en or, argent, émail et diamants,  fabriqué par Falize, vendu au détail par Lemonnier, vers 1878
Le pendentif-broche et le boîtier sont décoré de turquoises, d'émaux cloisonnés rouge, vert, jaune et bleu,  diamants sertis au milieu d'émail dans un motif de feuillages, cadran blanc mat avec chiffres arabes noirs . l'écrin  et le mouvement non signé, cache-poussière gravé "Lemonnier, Ancien Joailler de la Couronne". 



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Né en 1848 Marguerite Louise Lemonnier fille de Gabriel épousa plus tard l'éditeur Georges Charpentier . Il fut un mécène important des peintres de l' impressionisme . La deuxième fille, Louise Charlotte Isabelle Lemonnier, est née en 1857. C'était une amie dans sa jeunesse du peintre Edouard Manet qui fit plusieurs portraits d'elle. Mais ce tableau est de Renoir.
Dans ce portrait commandé, Renoir a donné l'expression de «la poésie d'une maison élégante et les belles robes de notre temps." Dans le salon de style japonais de sa maison parisienne, le décor et la robe chic, témoignant de son goût élégant-Marguerite Charpentier est assis à côté de son fils, Paul. La femme de l'éditeur a accueilli dans ses salons littéraires des écrivains comme Flaubert, les Goncourt et Zola


Isabelle Lemonnier, fille de Gabriel Lemonnier et soeur de madame Charpentier, ce portrait est de E. Manet



Photo de l'impératrice Eugénie en tant que régente


A la chute du second Empire, les souverains partirent en exil à Londres et y organisèrent le 24 juin 1872 une importante vente de bijoux personnels de l’Impératrice chez Christie’s.
Lors de la vente aux enchères de 1887, la majeure partie des bijoux de l’ex-impératrice fut rachetée par le bijoutier-joaillier américain Charles Tiffany. La plupart de ces bijoux ont ensuite appartenu à une grande collectionneuse Aimée de Heeren, mais là commence une autre histoire!).


Le 12 mars 1871, les Lemonnier en grand deuil assistèrent derrière leurs volets fermés au heurt des troupes de la Commune et des manifestants des Amis de la Paix qui se produisit sous leurs fenêtres, à l'angle de la place Vendôme et de la rue des Capucines, devant la galerie de Durant qui exposait déjà des toiles de Manet., « On entendit battre la charge... une fusillade, un grand silence. Quand nous nous approchâmes de la fenêtre, la rue de la Paix, noire de monde l'instant d'avant, était vide. Dans le renfoncement d'une porte, deux hommes comme incrustés dans le mur. Un vieillard agenouillé près d'un blessé, des chapeaux, des cannes, beaucoup de sang dans le ruisseau. ››
Gabriel Lemonnier décida de quitter Paris. Il descendit avec le fiancé de sa fille, l'éditeur Georges Charpentier, alors en uniforme de mobile, pour aller chez Bergeret, installé à l”hôtel de l'État-Major de l”autre côté de la place,afin d'obtenir un laissez-passer pour lui et pour les siens.
Les deux hommes traversèrent les rangs des insurgés couverts de poudre, et Bergeret, très agité, les prit à témoin que les manifestants avaient tiré les premiers, « ce qui était faux ››, précisait ma grand-mère. Les bijoux furent alors cachés derrière les cristaux qui n'avaient plus servi depuis le siège, dans des placards pratiqués sous les volets dans l'épaisseur des murs. Une fortune demeura ainsi sous la garde des fédérés qui l'ignoraient.
Les domestiques avaient fui. Comme dans les romans les plus moraux d'autrefois, seule était restée l 'une vieille femme dévouée qui cousit dans la nuit de petits sacs dans lesquels on enfouit des pierreries que mon arrière-grand-mère et sa fille aînée dissimulèrent sous leurs jupes. Le trajet se fit
sans encombre, sinon sans angoisse, et les Lemonnier s'installèrent tristement cette année-là au château de Saint-Clair. Deux mois plus tard, des hauteurs du parc, on aperçut de grandes lueurs rouges éclairant le ciel tandis que tonnait le canon. C'était Paris qui brûlait.
Gabriel Lemonnier et sa femme ne survécurent qu'une dizaine d'années à l'Empire. La fortune qui leur avait tant souri s'écarta. Ils durent quitter la place Vendôme pour aller habiter rue Sainte-Anne où déjà avait vécu autrefois Antoinette Regnault-Lemonnier. Sophie Lemonnier ne put s'habituer à ce changement d'existence. Bientôt, faute de pouvoir y maintenir le train de maison habituel, il fallut
encore se séparer de Saint-Clair et ce fut un déchirement.En 1875, à la mort de son père, Gabriel Lemonnier se défit également de la dernière propriété familiale à Saint-Sever. Dans les récits de ma grand-mère qui n'y avait résidé, enfant, que lors de visites à ses grands-parents,cette séparation semblait moins douloureuse que celled'avec Saint-Clair où elle avait tous ses souvenirs de vacances
depuis sa naissance, et où elle avait accompli sa première communion, dans la petite église qui domine le village et le Chateau Cette vente consacrait cependant la rupture définitive de la famille avec la Normandie, sa province d'origine. Désormais, les Lemonnier n'avaient plus d'autre attache que Paris.     Michel Robida 

Malheureusement, après la guerre de 1870, cette puissante maison Lemonnier périclita, et, après avoir connu l'opulence, Lemonnier dut terminer sa carrière, vers 1878 ou 1879, chez un confrère comme employé libre aux appointements de 5oo francs par mois, augmentés d'une commission de 10 °/0 sur les affaires qu'il procurait à la maison. L'essai ne réussit pas. Son gendre, l'éditeur Georges Charpentier, le fit entrer à l hospice Sainte-Périne, où il mourut vers 1882.

Les tableaux de Riesener qui avaient été offert à l Opéra comique, ont disparu et comme beaucoup de biens publics (mobilier national par exemple) on ne cherche pas a les faire revenir . Voici un article de la revue des deux mondes par Françoise Escoffier.
L'ETRANGE AVENTURE DU VOL DES TABLEAU X DE L'OPERA-COMIQUE Ces portraits qui ornaient le foyer des artistes du théâtre de l'Opéra - Comique, représentent deux artistes, M. et Mme Lemonnier, qui furent au début du xixe siècle les interprètes favoris de Boieldieu, de Grétry et de tous les compositeurs de leur temps. Je dis « ornaient », car ils ont disparu entre le 2 et 7 septembre 1979 ainsi que les portraits du baryton Martin et du ténor Ellevion. La police n'a pas été alertée : là est le scandale. Le hasard a voulu que la nouvelle de cette disparition parvînt, le 14 novembre, aux descendants des Lemonnier dont les grandsparents avaient au début de notre siècle fait don à l'Opéra-Comique des deux portraits peints par Riesener sous le Premier Empire. En leur nom j'ai été reçue, le 16 novembre, par M. Gall, administrateur-adjoint de la Réunion des théâtres lyriques nationaux, dont dépend la salle Favart, et par M. Leclerc, directeur général, 504 L E S PROPOS DU MOIS qui, tout en regrettant cette disparition, m'ont expliqué que... « ces tableaux ne possédant pas un état signalétique ils n'existaient pas administrativement ; la police ne pouvait donc être prévenue... » Les voleurs courent encore. Une telle insouciance dépasse l'imagination et, ce qui aggrave les faits, c'est que M. Gall, qui m'avait déconseillé de faire des dons aux musées, m'a appris qu'un familier de l'Opéra-Comique croyait avoir vu passer dans une vente publique le portrait du baryton Martin. J'ai fourn i aux responsables de l'Opéra, en ce qui concerne les portraits de Riesener, les éléments et les précisions leur permettant d'agir au plus vite. Ils n'en firent rien. Devant mon insistance, l'affaire fut remise entre les mains du conseil de l'Opéra, M" Bretagne, avocat à la cour, pour qu'il déposât une plainte. M' Bretagne me l'a confirmé le 21 décembre, mais il ne lui avait même pas été remis les documents donnés à l'Opéra le 16 novembre. Par la voix de la presse, le 31 dé- cembre, M' Bretagne a fait savoir que sur l'insistance des héritiers de Lemonnier « il allait » porter plainte au nom de l'Opéra de Paris. Le 4 janvier 1980, rien n'étant fait, la police judiciaire a été alertée par mes soins. Quatre mois s'étaient écoulés depuis le vol. FRANÇOISE ESCOFFIER  




Vente des bijoux de la Couronne en 1887, on reconnait les bijoux de Lemonnier

J'ai retrouvé le catalogue de la vente des Bijoux de la Couronne de France , ce qui permet de voir en grande partie les bijoux que la République de Mr Jules Grévy a cédé pour peu d'argent

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Diadème perle 1998 diamants 64cts-212 perles. Couronnette 8cts de diamants et 274 perles
Parure Rubis et diamants 6042 dias pour 793 cts, 399 rubis pour 410 cts

 

Guirlande Fleur de Groseiller en seize parties 2314 dias pour 517 cts 350 roses-Aiguillette  222 dias 125crts Culot 59 dias 18cts- 1 pendant de coiffure 477 dias 65cts et 100 roses
Broche Sévigné  321 diamants 168 cts 3 dias 36 cts


4 broches 266 diamants  28 perles au centre la broche avec "La Régente"


Deux boules , épingles de coiffure 324 diamants 150 cts.-1 peigne 268dias 438cts- 3 roses de haies 522dias 129cts


Parure Rubis et diamants 6042 diamants 793cts 399 rubis  pour 410 cts


Diadème émeraudes et diamants 1031 dias, 176cts- Parure saphirs et broches bandelettes, 3837 dias 568cts, 67 saphirs 768 cts  Croissant 89 dias, 44cts


1 Noeud 2 glands 2438 dias 136cts- 2 pendants de coiffure 477 diamants ,67cts et 100 roses diamant plus un bracelet


Ceinture 34 roses dias 202cts, 2414 dias 313cts 63 perles, 2 rubis, 4saphirs, 8 émeraude


Diadème Russe 1200 dias 405cts 442 roses dias- Broche 65 diamants 109cts pierre principale 27ct
Bouquet de Corsage 2637 dias 132cts 860 roses.