dimanche 27 novembre 2016

Joaillerie dite CHAUMET des origines à "l'Affaire": 2 eme époque : Les Fossin

La Maison Chaumet peut-elle s'enorgueillir d'exister depuis 1780? Peut elle affirmer?
"C’est dans cette tradition que se distingue à la fin du XVIIIème siècle le fondateur de Chaumet, Marie-Etienne Nitot."
Non, il n'y a aucun lien entre M-E Nitot, les Fossin,  les Morel et ce n'est que parce que Joseph Chaumet épouse la fille de son patron qu'il en vient à créer la saga Chaumet en 1875.

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Petite énigme (pour moi) car certains attribuent à Jean-Baptiste Fossin la fabrication de ce diadème en 1810, il a été réalisé pour la Princesse Catherine Bagration (en Russe: Екатерина Павловна Багратион ) née Skavronskaya (7 Décembre 1783 - 21 mai 1857 ou 2 Juin 1857) C'était une princesse russe, mariée au général Pyottr Bagration. Elle était connue pour sa beauté, ses amours et ses comportements non conventionnels. Elle s'est mariée en 1800 mais a rompu définitivement avec son mari en 1805 et est partie à Vienne. Donc Fossin signait-il de son nom a cette date?
Les pierres roses de ce superbe diadème sont des spinelles.

02/12/1804
05/04/1814
Napoléon I

Autre énigme qui doit être due a une erreur de mémoire, car dans la Revue  Britannique de septembre 1854 , il est rendu compte d'un fait datant de la Bataille Austerlitz, en 1805. Fossin y est cité, or il ne succéda à Nitot qu'en 1815:
A la même époque, on parlait beaucoup d'une splendide parure en diamants offerte à Joséphine par le joaillier de la cour, Fossin, et qui se composait d'un diadème, d'un collier et de pendants d'oreilles.
Le prix demandé pour ces riches bijoux était un demi-million, et si j'ai bonne mémoire, je crois même avoir entendu parler d'une somme beaucoup moindre, environ trois cent mille francs. Joséphine, dont la bourse était toujours vide, désirait vivement acheter la parure; mais l'Empereur ne voulait pas entendre parler de cette nouvelle dépense. Naturellement Paris donnait carrière à ses médisances sur ces petites scènes d'intérieur. C'était l'éternel sujet des conversations du beau sexe, et il accourait en foule chez le joaillier pour voir ce qu'un empereur pouvait refuser à une impératrice. Au jour marqué, les affiches annonçant la première représentation des Templiers, apparurent à tous les coins de rue. J'avais été assez heureux pour me procurer une place d'où je pouvais parfaitement voir le couple impérial. Napoléon se plaça en avant, Joséphine à côté de lui. Au commencement du second acte, Leurs Majestés le roi et la reine de la tragédie entrèrent à leur tour en scène. Mademoiselle Georges, avec son port vraiment royal et dans toute la splendeur de ses charmes, n'éblouissait pas moins par l'éclat de son diadème, de son collier, de ses pendants d'oreilles ruisselant de mille feux. Au moment où elle approcha de la loge impériale, Joséphine, appuyée sur la balustrade, fit un mouvement de surprise et retomba dans son fauteuil comme si elle était frappée de la foudre. Dans l'étincelante parure de l'actrice, elle venait de reconnaître les diamants tant convoités. Pendant cet épisode imprévu de la représentation, Napoléon, on le pense bien, garda le plus imperturbable sang-froid. Pour le monde parisien, ce fut une nouvelle mine d'anecdotes sur ce qui avait pu se passer le soir aux Tuileries, dans les petits appartements. Mais je me borne à répéter ce que j'ai vu. »
Laissant à M. V. Nolte la responsabilité de ces caquetages, nous allons le suivre dans le Nouveau-Monde.
En juillet 1805, il mit à la voile pour New-York où il arriva en quarante-deux jours; 


Place Vendôme en 1871

Jean Baptiste Fossin naît le 20-juin 1786 à Paris (paroisse Saint André des Arts) et décède le 5 octobre 1848 à Bièvres à l'âge de 62 ans.
Mais petit retour en arrière, au 1er chapitre de cette saga, nous avions quitté François-Régnault Nitot au 15 place Vendome.  Il avait succédé à son père Marie Etienne en 1809 et à la chute de l Empire il cède son affaire à Jean Baptiste Fossin son chef d'atelier.
Or aucun Fossin n'a été installé au 15 place Vendôme.
Il m'a fallu plusieurs heures pour trouver et comprendre,..... François Régnault a cédé "son affaire" à Fossin Père en 1815 mais Jean Baptiste Fossin ne reste pas au 15 place Vendôme (futur Hotel Ritz)  il va s'installer au 78 rue de Richelieu dès 1816, puis au 62 rue de Richelieu dès 1833, Prosper Morel deviendra directeur de la Maison Fossin en 1862


06/04/1814
16/09/1824
Louis XVIII

Dès la "restauration Bourbonienne, Jean Baptiste Fossin occupe une place prééminente parmi les joailliers parisiens, car il joint à une parfaite maîtrise technique une véritable nature d'artiste" Isabelle Lucas, historienne.

Le Livre " Les Centenales Parisiennes" cite Jean Baptiste Fossin comme étant "un homme de goût et de talent, qui ne fit pas seulement de la joaillerie très belle et bien imaginée, comme l'atteste la magnifique collection des dessins qu'il avait composés, mais il se livrait encore à des travaux de riche bijouterie, en incrustant des pierres dures avec de l'or, montant avec de belles garnitures à figures en or des coupes d'agate orientale,ornant de brillants des sabres pour l'Orient, et rehaussant parfois d'émaux différentes pièces de joaillerie. Il fut un des premiers à faire des bouquets en brillants, reprenant en cela les traditions de Lempereur et de Pouget, et les autres joailliers suivirent fort longtemps la voie qu'il avait tracée. Morel, devenu depuis un joaillier renommé, était alors son chef d'atelier."




1820??,La scène charmante qui décore le couvercle  de cette boîte est tirée de "Le berger et la bergère", un tableau de François Boucher (1703-1770),qui se trouve désormais à la  " Wallace Collection", de Londres. Les miniatures sont censées avoir été peintes par Charles Nicolas Dodin, le peintre par excellence à l'usine de porcelaine royale de Sèvres, en 1765. scènes de Boucher de la cour et le pays la vie était une source de décoration populaire pour les boîtes d'or.
Une inscription dans les registres de la lunette indique que la boite a été fabriquée par Fossin et Fils Joailliers du Roi a Paris.


 

Photo du livre"Bagues" de Diana Scarisbrick

En 1821 après la mort de Napoléon  nombres de fidèles portèrent des bagues commémoratives celle- ci qui s'ouvre  et révèle une silhouette de l'Empereur en uniforme de général et c'est certainement un modèle très proche que Fossin réalisa pour madame Bingham, femme d'un banquier américain qui vivait à Paris, la bague était en forme de cercueil avec le monogramme  "N"  gravé dans le cristal de roche et flanqué de chaque coté, de l abeille impériale en noir.



16/09/1824
02/08/1830
Charles X



Sans date précise mais de Fossin et fils, donc a partir de 1825.
Tabatière rectangle en or 750-1000°, revendue par Christie's. Au centre, plaque qui représente des cerfs dans un paysage. Signé Fossin et Fils Joailliers du Roi Paris N°4.



Dans la Revue "Le bazar Parisien" en 1826 





Bracelet en or jaune 1830 env, orné dans sa partie centrale d'une miniature sur ivoire représentant le portrait d'un enfant, dans un encadrement octogonal à décor ciselé d'enroulement. Le bracelet articulé de huit quarte feuilles nervurés de grains d'or, encadrés de deux chaînes à maillons oblongs. Portrait signé Meuret. Paris.
Maître orfèvre: J.L Crouzet, 1819 - 1838. Dans son écrin, porte une étiquette «FOSSIN, Joaillier-Bijoutier, Rue de Richelieu n° 78 à Paris» Longueur: 19 cm - Poids du bracelet: 38 g François Meuret fut peintre miniaturiste attitré de Louis-Philippe et de la famille d'Orléans et fit un grand nombre de portraits des personnages de la cour. Revendu par Maitre Fraysse

Depuis 1828 le fils de Jean Baptiste , Jules Jean François apprend aux cotés de son père. Il joint les talents d'un artistes à ceux d'un homme d'affaires.






Dessin de Fossin ou figure de nombreuses fleurs comme ci-dessous le diadème conservé par la maison Chaumet


Diadème qui pouvait être transformé en trois broches (Magazine Grazia)



Diadème de Fossin que la maison Chaumet situe en 1825 , il fait partie d'une parure avec un collier et des pendants d'oreilles, les dessins figurent dans le "dictionnaire international du bijou" à la page Fossin



Fossin avait trois ateliers différents : celui consacré spécialement aux pièces d'art et à la lapidairerie, et dont Valentin Morel avait la direction en tant que chef d'atelier de 1834 à 1842, se trouvait dans la Cité et comprenait une quinzaine d'ouvriers; l'atelier de joaillerie, situé rue Richelieu, était dirigé par Daras et occupait de vingt à trente ouvriers selon les besoins; enfin, Crouzet père  dirigeait aussi pour Fossin un atelier situé rue Coquillière, où travaillaient de douze à quinze ouvriers faisant la belle bijouterie. Ces ateliers, ainsi que beaucoup d'autres, furent dispersés lors des événements de 1848.



Jules Fossin Fils

En 1830, Fossin s'était associé son fils Jules, qui le secondait admirablement et qui notamment, lors du mariage du Duc d'Orléans, en 1837, prit une part importante à l'exécution des bijoux de la corbeille, commandés en grande partie à la maison Fossin. Jean-Baptiste Fossin, en raison des aptitudes spéciales de son fils pour les affaires, lui en laissa de plus en plus la direction, et finit par quitter tout à fait sa maison en 1845, désirant s'adonner plus complètement à la peinture et à la sculpture qu'il pratiquait avec succès.
Il semblerait que jusqu'à sa mort, il ait mené une vie de riche rentier, d'homme d'affaire et de notable, son nom figure dans la liste des deux cent actionnaires les plus importants de la Banque de France*
.
*Lors de la création de la Banque de France en 1800 l'article 11 de ses statutsstipule que « les 200 actionnaires qui composeront l'Assemblée générale seront ceux qui seront constatés être, depuis six mois révolus, les plus forts propriétaires de ses actions ».

Ayant doublé son capital sous le Second Empire, il achète un hôtel particulier aux abords du parc Monceau et un château à Echarcon.

1830
09/08/1830
25/02/1848
Louis-Philippe I


Sculpture de Fossin

Au Salon de 1846, Jean François Fossin envoya une tête d'étude en marbre, la Prière un buste de jeune fille et le Triomphe du Christ, grande toile, reproduite en gravure par Hte Garnier, et que doit posséder actuellement l'église de Rueil.




Statue de Fossin père

L'année suivante, Fossin exposa le Miroir, statue de marbre, et un tableau représentant la Vierge et l'enfant Jésus aux Passiflores. Ces envois au Salon de 1847 valurent à Fossin une médaille de 3e classe. Son fils Jules cultivait aussi les arts, puisque, non seulement il faisait beaucoup de sculpture comme son père , mais il envoya au Salon de 1852 "l'esquisse"
Cette gravure, déposée à la Bibliothèque nationale en 1845, montre le Christ debout sur les nuages, tenant près de lui sa croix et terrassant le Mal figuré par un monstre qui vomit des flammes. Des anges, s'accompagnant d'instruments divers, célèbrent la victoire du Sauveur.




Cette litho de 1831 pour nous situer par rapport à la mode de l'époque.

Si Fossin était déjà Joaillier des enfants de France sous Charles X, il obtient en 1932 le brevet de Joaillier du Roi et de la famille royale.
Jean-Baptiste Fossin fournit pierres et perles à de grandes maisons d'Amsterdam, Londres et Paris et à des agents de vente à Londres, Francfort, Madrid.
1833 Pourquoi les Fossin ont quitté le 78 rue de Richelieu pour aller au 62? A cause du percement de la Rue de la Bourse.


Plan du Terrier Royal

Lorsque le percement de la rue de la Bourse, décidé platoniquement par une ordonnance royale du 16 juin 1824, s'effectua enfin en vertu d'une autre ordonnance royale du 17 janvier 1830. La construction du Théâtre Feydeau. de la rue des Colonnes et de la place de la Bourse avait réduit à peu de chose l'ancien fonds des hôtels Croiset et Rossignol. La rue de la Bourse en acheva la disparition. Frappée d'expropriation par jugement du 9 juin 1832. l'ancienne maison, no 78, fut vendue à M. Perier, concessionnaire du percement  qui la démolit entièrement pour laisser passage à la rue nouvelle. Il resta libre sur la droite une étroite lisière de terrain qui fut réunie à celui sur lequel M. le vicomte de Sancy construisit la maison n° 76, aujourd'hui 78.

La rue de la Bourse ne fut nommée qu'après la démolition de l'ancien 78, en vertu d'une ordonnance royale du 8 juillet 1833, contresignée Thiers. Dans le dessein de l'ordonnance de 1824, elle devait être prolongée jusqu'à la rue de Grammont, à travers le no 83 de la rue Richelieu.
L'expropriation chassa l'un des principaux joailliers de Paris, M. Fossin, qui habitait là depuis au moins dix ans; élève et successeur du célèbre Nitot, joaillier de Napoléon Ier, il avait dirigé l'exécution, comme chef d'atelier, de morceaux célèbres, tels que la tiare du pape, la couronne du premier roi de Bavière, etc., etc.


Le renouveau de l'émail à l instar de Charles Wagner se confirme, la Thèse de madame Anne Dion-Tenenbaum nous indique que les Fossin vendent un vase quadrilobé à Louis-Philippe, qui l’offre au maréchal Gérard; quelques rinceaux d’émail bleu et des cabochons de grenat et de mosaïques de pierres dures en rehaussent les lobes (Darmstadt, Hessisches Landesmuseum). 

En 1835, le duc d’Orléans achète aux Fossin un vase couvert en vermeil, à « ornements arabesques bleu saphir », orné de cinq grenats, de cinq têtes de chérubins, de cinq émeraudes au pied, et d’un amour assis avec un écusson sur le couvercle . On peut se demander si les bijoutiers Fossin n’ont
pas recours à la collaboration des frères Marrel pour ces deux oeuvres. En effet, à l’exposition des produits de l’industrie de 1839, les frères Marrel exposent un vase dit vénitien (Londres, Victoria and Albert Museum), étrangement proche du précédent . Toute la surface de cette coupe couverte est parcourue d’arabesques en émail champlevé bleu translucide, avec des palmettes; le décor se
compose par ailleurs de grenats, d’enfants et, sur le couvercle, d’un enfant debout, soufflant du cor et tenant un écusson. Ces arabesques en camaïeu émaillé de bleu deviennent une de leurs spécialités, vantée par Paul Mantz, qui cite comme exemple de réussite dans le genre une aiguière commandée par le duc d’Orléans et une jardinière exécutée pour Madame Adélaïde 






Importante miniature représentant Louis-Philippe en grand habit signée «Millet» et datée «1834», elle est inscrite au centre d'un presse-papier en vermeil finement ciselé et serti de pierres fines et malachite; la prise articu­lée à décor de feuilles. Signé «Fossin et fils joailliers du roi». Époque Louis-Philippe Revendu par Maitre Beaussant Lefevre.



Tabatière de forme rectangulaire en or finement guilloché ciselé et amati(mat). Elle porte au centre le chiffre LP du Roi Louis-Philippe surmonté de la couronne royale dans des encadrements de feuilles de laurier et de chêne. Frises à toutes faces de palmettes, rinceaux et fleurs sur fond amati et décor de fine vannerie. Gravée sur la batte "FOSSIN, joaillier bijoutier du Roi à Paris "et le numéro 916". PARIS 1819-1838. Maître-Orfèvre : Jean-Baptiste FOSSIN. Poids : 165,9 g. H_2 cm L_8,5 cm P_6 cm  Revendue par Pierre Bergé Auction.







Même type de fabrication et de traitement du métal en amati,  la maison Artcurial a revendu cette boite en or  gravée sur la gorge "Fossin Joaillier bijoutier du Roi"  mais la boite a été fabriquée par Gabriel Raoul Morel  avec une miniature de Louis Philippe Roi des Français.
La miniature est de Madeleine Pauline Augustin "1781-1865"
Poinçons : - Orfèvre, Gabriel-Raoul Morel, G.R.M, une oreille. - Titre, or, taureau (3ème titre), Paris 1819-1838. - Garantie, tête de Sardanapale, Paris 1819-1838. 
Dans la revue du Conservatoire des métiers:





Installés depuis 1833 au 62 rue de Richelieu "Fossin Père et fils" déposent un brevet.


Pour le Voyage de la Princesse Hélène de Meklembourg, Duchesse d'Orléans , en 1837, Fossin fournira cet ensemble d'orfèvrerie.


Cette coupe magnifique a été d'après (Sotheby's New York Sotheby, le 14 Juin 1999, lot 29 ) achetée à Fossin par le baron Anthony de Rothschild en 1836 mais elle a été fabriquée par Jean Valentin Morel.
Elle est ovale, les poignées sont constituées de Sirènes ailées émaillées avec les queues de poisson  inclinées.Le poinçon du fabricant existe mais le contrôle est postérieur à 1838 !!!!!!!

Mais aussi:
La collaboration de Lefournier avec Morel remonte à l’époque où Jean Valentin Morel était encore chef d’atelier chez Fossin. Dès 1836, Morel avait exécuté pour Anthony de Rothschild de Londres une coupe en agate rose, supportée par des tortues, avec des sirènes aux anses, copiée sur un modèle du xvie siècle  ; la monture, en or repoussé, selon un procédé restauré par Morel, avait probablement été émaillée par Lefournier : Cité par madame Dion-Tenenbaum Anne dans La renaissance de l'émail sous la Monarchie de Juillet.

1836 ou 1837  Jean Baptiste Fossin est décoré de la Légion d honneur. 





Juge au tribunal de commerce en 1837 et 1839 (cliquez pour agrandir l'image)





le 24 août 1838 naissance du fils du Duc d'Orléans, dès qu'on sut que le nouveau-né allait recevoir le titre de Comte de Paris rétabli en sa faveur par son grand-père, la Ville voulut offrir au jeune Prince qui portait son nom un cadeau digne à la fois de la marraine et du filleul. Il fut décidé, en plus du berceau que la ville voulait offrir, de faire exécuter une épée pour le jeune Comte de Paris.
Jules Klagmann, jeune sculpteur parisien alors dans tout l'éclat de sa gloire naissante, et qui devait être plus tard un des fondateurs de "l'union centrale des Arts décoratifs," fut choisi pour dessiner le modèle de cette épée. Suivant le goût de l'époque, il y accumula les allégories et les allusions au Régime, à la Ville, et au jeune Prince. Toute la presse célébra son dessin comme un chef-d'oeuvre, et les critiques les plus difficiles s'accordèrent pour en faire les éloges.




Froment-Meurice avait la direction générale du travail, que l'on avait réparti entre plusieurs
orfèvres et ciseleurs. Fossin avait été chargé de la poignée et de la garde et, en réalité, Vever nous explique que ce fut Morel, son chef d'atelier, qui la fabriqua .

Vever ajoutait « Permettez seulement que je vous dise quelques mots de l'épée du Comte de Paris; c'est l'oeuvre de Morel, oui, mais c'est L'oeuvre aussi de Fossin, qui en a dirigé l'exécution d'un bout à l'autre, je le sais. C'est la ciselure de Vechte, c'est la composition  et la sculpture de Klagmann. Disons, c'est justice, la part que chacun a pu y prendre, mais n'effaçons pas, comme on a peut-être été trop porté à le faire, la part de celui qui, étant nominativement chargé de cette lourde affaire, l'a effectivement dirigée, conduite et amenée à bonne fin.» (Notes sur l'orfèvrerie, adressées à M. le Duc de Luynes par F.-D. Froment-Meurice.)


Poignée de l'épée du Comte de Paris

La gazette des beaux arts a l'époque précisait :"L'épée est de la forme dite à clavier, c'est-à-dire à une seule coquille inclinée vers la lame. Cette forme, mise à la mode sous le premier Empire était restée sous la Restauration le type des armes officielles. Au centre de la coquille, le nouveau-né repose dans un berceau porté par la nef des armoiries de la ville. Sur ce berceau veillent la Ville de Paris, le front ceint d'une couronne murale, et la Fortune propice tenant une guirlande de fleurs et de fruits. Entre elles, un lion couché symbolise l'armée.





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Dans la fusée entr'ouverte, au-dessous de rinceaux entrecroisés, du côté droit de l'arme (côté de la coquille) La Prudence, coiffée d'un casque dont le cimier est un serpent, tient à la main un miroir. Du côté opposé, La Force, avec ses attributs habituels, lui fait un pendant symétrique et complète les allégories de la poignée.
La fusée est surmontée d'un pommeau formé d'une couronne de prince royal en or ciselé, soutenue, par quatre petits génies également en or. Celle couronne est entourée d'un bandeau de feuilles de chêne et de, laurier en émail.
L'arc de jointure unissant le pommeau à la coquille est composé dans sa partie supérieure d'un dragon ailé, dont la tète et le cou sont appuyés à la couronne ; il tient un cartouche sur lequel sont gravées et émaillées les armes du Prince. Au-dessous de ce cartouche, tout en avant de la poignée, un coq gaulois, emblème de la Monarchie de Juillet, se dresse dans une attitude belliqueuse.
Le noeud central de cet arc de jointure est formé de trois pierres magnifiques taillées en table: un saphir, un brillant et un rubis, reproduisant les trois couleurs du drapeau français, proscrit par la Restauration, mais rétabli par la Révolution de 1830 et adopté par Louis-Philippe à son avènement. L'autre partie de l'arc est entourée d'un serpent, attribut de la Prudence, dont les anneaux enroulés rejoignent la coquille.





la Ville s'adressa à la maison Le Page, une des plus anciennes et des plus réputées de Paris pour la beauté et le fini de ses armes. Elle est citée en tête des armuriers de Paris dans les ouvrages du temps , et mentionnée comme une des trois ayant obtenu une médaille d'argent à l'exposition de 1827. On lui adjoignit M. Fossin, joaillier renommé, pour l'émaillerie et la joaillerie de la poignée. Tous deux s'empressèrent d'accepter cette commande flatteuse, et Le Page se mit immédiatement à l'oeuvre.


Journal "Le Magasin Pittoresque " 1841



1839

Le 20 mars 1839 cette montre a été vendue par J.B Fossin et son fils Jules Fossin à madame la générale Adadouroff .
Le cadran est excentrique entouré d'une minute de 60 sections de jaspe rouge, lapis lazuli, pierre de sang, calcédoine blanche....la cuvette est en or, signée et numérotée. Mouvement Breguet.
La maison Sotheby's qui l'a revendue indique : "Jean-Baptiste Fossin et son fils Jules étaient des bijoutiers parisiens hautement qualifiés. Pendant un certain temps, ils furent les directeurs du maître joaillier Chaumet." Je ne puis être en accord avec eux , Chaumet n'existait pas encore.



Que disait la presse de la mode en 1839:
Les bijoux sont toujours fort à la mode; ils deviennent indispensables à une toilette du soir. Le jour même, les bracelets de Janisset et de Fossin ornent les bras de toutes les femmes recherchées. —Une longue chaîne de grosses perles fines, tournée plusieurs fois autour du poignet, fait aussi très bien en toilette du soir. Il est encore à remarquer qu'il faut que le dernier rang soit large et fermé par un cadenas de pierreries. Les colliers sont toujours petits. On remarquait au cou de M"" de Mou.... une chaîne de pierres fines, de plusieurs couleurs, dont les pierres, taillées carrément, étaient jointes par une plaque d'or ciselé, entourée de diamans. Ce collier est de Janisset ; la chaîne, se démontant à volonté, peut faire collier et châtelaine en môme temps, car elle a plus d'une aune de longueur.




Le Journal "le Furet des Salons "1839   Des crachats , je ne connais pas cette expression en joaillerie



Pourtant je l ai retrouvée dans des journaux de l époque!! voir en fin d'article*



Cette coupe en agate sur une monture vermeil et émail fut probablement fabriquée en France. Le pied est formé de trois odalisques enchainées. La coupe en agate brune est serti d'une monture ciselée de feuilles d'acanthe émaillées le couvercle est de même facture, surmonté d'une figurine de Vénus et Cupidon, la maison Sotheby's qui l'a revendue nous signale qu'elle est, gravée au-dessous d'une signature apocryphe "Fossin et fils à Paris"
Ce fut aussi a cette période romantique, la mode des bijoux pieux, les bagues rosaires qu'on offrait a l occasion de la première communion les bagues souvenir d'un lieu de pèlerinage,




telle cette bague qui ressemble beaucoup a celle que Fossin réalisa pour le Maréchal Lannes  duc de Montebello, aux environs de 1840. C'est une croix de Foi entourée par le serpent de la sagesse.




1840  Tabatière de Jean Baptiste Fossin et fils, le portrait est celui de Antoine Vitré célèbre inprimeur Parisien du temps de Colbert , réalisé d'après le Portrait de Nanteuil, par Jacques Bordier.








On retrouve aussi dans ce même catalogue de la vente de Florence, une tabatière de Fossin d'après une toile de Boucher
On retrouve cette tabatière  dans une vente publique  à Florence au Palais de San-Donato. 
Catalogue des objets d'art et d'ameublement. Tableaux, dont la vente aux enchères publiques aura lieu à Florence, au Palais de San Donato, le 15 mars 1880 et les jours suivants... 

Diana Scarisbrick dans son livre "Bagues" nous explique qu'a cette époque, seules les personnes très riches pouvaient s'offrir de gros solitaires.
En 1842 Fossin vendit 2 gros solitaires aux banquiers "le Colonel Thorn" et le baron Schickler, tous deux étaient taillés en brillant et montés sur de l'or. Celui du Colonel Thorn était serti  dans un chaton octogonal en émail noir avec un anneau ciselé, celui du Baron, dans un chaton rond maintenu par deux anneaux reliés par un ruban de diamants. La plupart des autres clients se contentaient de pierres  plus petites serties en bouquets ou en rangées, simple, doubles ou triples, en travers du chaton.




Très beau bracelet de Fossin fils en 1847  Feuilles de lierre émaillées or diamants et perles fines (journal Grazia)
Pour Fossin, le lierre toujours vert, qui s'accroche partout ou il pousse, était un autre symbole de  la fidélité .

10/12/1848
01/12/1852
Louis Napoléon Bonaparte

Après la révolution de 1848, l'activité de la maison Fossin est fortement ralentie en France, ce qui pousse Jules Fossin a implanter une boutique à Londres avec un atelier confié à Jean-Valentin Morel (1794-1860) aidé par son fils Prosper, né en 1825. Ils séduisent une clientèle prestigieuse dont fait partie la reine Victoria, qui accorde à Jean-Valentin Morel le brevet de fournisseur officiel de la cour britannique Morel ferme la maison d'Angleterre en 1850, les affaires sont mauvaises . Lors de l'exposition Universelle de Londres de 1851, Morel reprend la tradition de l'émaillerie  des XVI° et XVII° siècle et réalisa des coupes en pierre dure à monture émaillée. Les Morel retournèrent en France après la création du second Empire en 1852 par Napoléon III , Prosper Morel succéda à Jules Fossin en 1862. La fille de Morel, plus tard épousera un certain Joseph Chaumet .

Une étude de Jacqueline Viruega explique que "Fossin va commanditer  pour  300 000 francs la nouvelle société (Morel et Cie), Jean-Prosper Morel la gère, apportant, avec son épouse Anne-Blanche Morel, « son industrie à l'affaire ». Les conditions sont très strictes : la fabrication ne peut être changée, le nom de Fossin ne figure nulle part officiellement, nul autre créancier que Fossin ne peut intervenir, les Morel ne font aucune affaire tant que compte et commandite ne sont pas soldés, sous peine de dissolution. Ils perçoivent un traitement mensuel de 1200 francs et les quatre cinquièmes des bénéfices, Fossin 4000 francs et un cinquième du bénéfice. Le fonds de commerce appartiendra aux Morel à la fin du terme et la commandite payée, avant terme s'ils ont remboursé plus vite. Sinon, le fonds sera vendu pour rembourser Fossin. 

Comme son père et lui avaient été fournisseurs patentés du Roi et de la famille royale, Jules Fossin ne crut pas, par dignité, devoir accepter le titre de joaillier de l'Impératrice qui lui fut offert dès le début de l'Empire. La souveraine semble lui avoir gardé rancune de ce refus, car elle le fit rayer, paraît-il, de la liste des propositions pour la rosette de la Légion d'honneur qui lui fut soumise lors de l'Exposition
de 1867, où Fossin était président du Jury. ce fut Kramer, alors commis chez Fossin, qui remplaça celui-ci dans la confiance de l'Impératrice, bien qu'il fût Prussien.


02/12/1852
02/09/1870
Napoléon III
 
1853


Cette montre est de  Jules Jean-François Fossin, (1808-1869) Bijoutier-joaillier qui exerça de 1825 à 1862
Cette montre avec sa chatelaine est un bijou offert par Napoléon III à l’impératrice Eugénie, qui en fit don à l’une de ses dames du palais, la comtesse de La Bédoyère (1824-1884), épouse de Georges-César Raphaël Huchet, comte de La Bédoyère, sénateur et chambellan de Napoléon III (il était le fils du général-comte Charles de La Bédoyère, fusillé sur l’ordre de Louis« XVIII en 1815). Le bijou fut donné au musée de Malmaison par sa petite-fille, Mme Jean Reimbert, née Nina de La Bédoyère.
Don de Mme Jean Reimbert (née Nina de La Bédoyère) en 1934 , elle peut s'admirer  au musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau en 1934.



Montre ronde à remontoir ceinturé de brillants. Le cadran émaillé blanc porte l’inscription « Fossin à Paris » en anglaise. Le boîtier, émaillé de bleu, est entouré de brillants et décoré en son centre d’un grand « E » (pour Eugénie) surmonté d’une couronne impériale, l’un comme l’autre en brillants. Échappement à cylindre.La châtelaine a la forme d’une boucle de ruban en argent émaillé bleu à pans coupés, ceinturée intérieurement d’une rangée de brillants, et est articulée, au dos, avec une spatule. Au centre de l’anneau est fixée, sur deux tiges d’or croisées, une perle baroque entourée de quatre brillants taillés en rose. Elle se termine par un petit élément en brillants attaché à un anneau et à un porte-mousqueton en or découpé.




Clé de ceinture en vermeil à décor d'entrelacs de feuillage. Dans un écrin marqué "FOSSIN et fils joaillier du Roi, 62 rue Richelieu Paris". 
Revendu par Conan Hôtel d’Ainay  : contact@conanauction.fr

En 1856  dans la revue "Le travail Universel, un texte interessant :



 Il leur suffisait que chaque pierre fût solidement établie dans son cercle d'argent, et peu leur importait que tous ces chatons, reliés les uns aux autres, ne dessinassent que des lignes droites, anguleuses, sans élégance et sans mouvement. Nous serions tenté d'appeler ce système I'enrégimentation des diamans. Mais on comprit enfin que ces brillans petits cailloux, si purs, si lumineux, ne devaient se rapprocher que pour former de gracieuses cadences, et qu'on pouvait, en groupant ces transparens atomes imiter ce que la nature, en son radieux printemps, nous offre de plus léger, de plus diaphane, de plus charmant. M. Fossin père est le premier, m'a-t-on dit, qui se servit des diamans pour en faire des bouquets.



Que les reines des bals et les princesses de beauté en rendent des actions de grâces à M. Fossin père 1 Les joailliers qui l'ont précédé me rappellent ces méchants poètes qui emploient les mots les plus sonores et les plus ambitieuses syllabes pour ne composer que de froids et classiques alexandrins. Mais combien différens nous semblent ces mêmes syllabes, ces mêmes mots, lorsqu'un vrai fils d'Apollon s'en empare et leur communique le sentiment qui est en lui 1 Au lieu de marcher péniblement, le vers vole, court, frémit, et sous le souffle du poète, s'agite comme la feuille qui tremble quand vient la caresser l'amoureux zéphyr. Ainsi s'est transformé le poétique langage des pierres précieuses aujourd'hui, aux mains d'un joaillier artiste, la topaze, l'émeraude, le rubis, le saphir, la perle, le diamant, ces syllabes éclatantes, ces mots splendides, composent des stances animées, des odelettes légères, où brille une idée, où perce un sentiment.





Dessin de Fossin qui lança la mode des Bouquets





Bracelet rigide articulé en or jaune ciselé appliqué de quatre cabochons ronds de lapis-lazuli. XIXe siècle. Poids brut: 47 g Dan un écrin en cuir rouge monogrammé de la Maison Fossin: Revendu par Maitre Beaussant Lefèvre
 contact@beaussant-lefevre.com




En 1865 "Jules Jean François Fossin" est en retraite mais le journal "La Célébrité" nous apprend qu'il est membre de la commission d'organisation de la section française de l exposition Internationale de Porto.

Il avait acquis une reconnaissance et une célébrité qui fit qu'Honoré de Balzac le cita  trois fois dans ses oeuvres comme la Comédie humaine.

Ce fut je crois, en ouvrant un pâté de foie gras que ma jolie hôtesse dit à son mari d'un air délibéré: Alexandre , si tu étais bien aimable tu me donnerais cette paire de girandoles que nous avons vue  chez Fossin. Mariez vous donc


De Vigny, ce vrai poétique qu'on arrange, et qui ressemble à la réalité comme les fleurs en pierreries de Fossin  ressemblent aux fleurs des champs.

Elle était coiffée avec des grappes de raisins en jais du plus beau travail, une parure de mille écus, commandée chez Fossin pour une Anglaise partie sans la prendre.

Alfred de Musset aussi et de nombreux écrivains et journalistes citèrent Fossin pendant plus de trente ans.

*Crachat :nom masculin Dans le Larousse
  • Substance normale (salive) ou pathologique (sécrétions muqueuses purulentes ou hémorragiques) rejetée par la bouche, en provenance des voies respiratoires ou aérodigestives (bouche, pharynx).
  • Familier. Décoration (plaque, rosette, etc.) des degrés supérieurs des ordres de chevalerie.
  • Défaut d'une glace souvent dû à des inclusions de fontes.

il n'y a qu'un prince allemand qui puisse se mettre sur la poitrine ces tissus àjour, où tout est festons et astragales, et encore faudrait-il y ajouter, comme assortiment, la perruque de soie, les épaulettes en diamants et le luxe de broderies et de crachats qui distinguent les cours de la Confédération germanique. "L'industrie en Europe / par Louis Reybaud 1856"

Panaches orgueilleux, uniformes brodés, claques chamarrés, rubans de toutes couleurs, crachats de diamants ; les riches costumes ne manquent pas."La Rue : Paris pittoresque et populaire 1867"

Après avoir constaté sa nomination au Journal officiel, le nouveau décoré n'a rien de plus pressé que d'envoyer chercher une petite boîte de rubans rouges. Mais il est rare que sa domestique s'acquitte avec intelligence de cette commission. Il décide donc qu'il s'en chargera lui même.La Volée
En conséquence, il se dirige vers les galeries du Palais-Royal; il entre, le front levé, dans un de .ces magasins étincelants où, sur des coussins de velours, s'étalent des plaques de pierreries, des crachats de diamants, des croix de toutes les dimensions, éblouissants spécimens de tous les ordres de la terre. "Le figaro 1892"

 Dans la grisaille, ce sont les dorures du gouverneur militaire de Paris. Des crachats de diamants miroitent sur les burnous. Un grand-cordon orangé, un grandcordon de moire bleue égaient, çà et là, les amples robes crayeuses. Il est trois heures, la foule grossit. Enfin, un long appel de clakson, et d'une automobile élincelanle autour de laquelle les curieux s'empressent, descend — j'allais écrire saute — le maréchal Lyautey. "L afrique du nord illustré 1924"






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