dimanche 2 octobre 2016

Les Bijoux de la Princesse Mathilde Cousine de l' Empereur Napoléon III et nièce de Napoléon 1er


Copyright RMN

En 1904 furent vendus aux enchères les Bijoux de la Princesse Mathilde, du moins 319 de ses bijoux, il ne devaient pas tous tenir dans son coffret à bijoux


Photo (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Daniel Arnaudet

C'est  l'ébéniste Diehl Charles-Guillaume (1811-1885) qui est à l'origine de ce merveilleux coffret. Nous savons, grâce au catalogue de la vente qu'il fallut neuf séances sur dix jours pour vendre ses joyaux.

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Le commissaire priseur était Mr Paul Chevalier, l expert en Joaillerie  André Falize et Mr Charles  Manheim pour les horloges, etc.


Couverture du catalogue de la vente des bijoux de la Princesse Mathilde



Portrait de Mathilde par Charles Jacotin, la Princesse fut très souvent peinte ou photographiée avec ce collier de perles fines de 7 rangs.
Fille de Jerome Bonaparte ex-roi de Westphalie, et de sa deuxième épouse, Catherine de Wurtemberg la princesse Mathilde est élevée à Rome et à Florence où ses parents sont en exil.
En 1835 elle est fiancée à son cousin Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoleon III. Elle a alors 15 ans. Son père, veuf depuis peu, a été privé d'une grande partie de ses ressources qui venaient essentiellement de son beau-père, le Roi de Wurtemberg. En vue du mariage, Jérôme Bonaparte a acheté à crédit, pour le jeune couple, le château de Gottlieben, voisin d'Arenenberg où séjournent la Reine Hortense et son fils. Cependant, les fiançailles restent sans suite, en partie parce que le roi de Wurtemberg, beau-père de Jérôme, désapprouve l'union (en raison du passé de carbonaro de Louis-Napoléon) mais aussi pour des objections financières, soulevées par Louis Bonaparte, père de Louis-Napoléon.



La conversion de 445000frs de 1904 est égale à 1721569,85 euros de 2015



Magnifique Collier de sept rangs de perles, comprenant trois cent quatre-vingt-quatre perles, pesant environ 4.200 grains, avec muguets en brillants, et un fermoir composé d'une barrette de cinq grosses perles et trente-six petites perles.
Offert par l'Empereur Napoléon III à S. M. la Reine de Westphalie, Catherine de Wurtemberg mère de Mathilde Le catalogue annonçait: Ce collier pourra être divisé :
Premier rang : soixante-douze perles.
Deuxième rang : soixante cinq pertes.
Troisième rang : cinquante-huit perles.
Quatrième rang : cinquante-deux perles.
Cinquième rang : quarante-neuf perles.
Sixième rang : quarante-cinq perles.
Septième rang : quarante perles



Journal "La Lanterne de 1904


Il a été vendu récemment par la Maison Sotheby's un diamant qui a été présenté comme ayant appartenu à la Princesse Mathilde.

De taille "coussin classique", aux coins arrondis et aux grandes facettes, et de couleur " Fancy Vivid Pink"cette pierre dénommée "Diamant rose historique" aurait fait partie de la collection de la Princesse Mathilde, nièce de Napoléon Ier, selon l'Institut américain de Gemmologie(GIA) 



Il me semble que ce n'est pas du tout le poids du diamant rose qui appartenait à Mathilde, Malheureusement il n'y avait pas assez de détails au catalogue de la vente.

splendide brillant rose , en forme de poire. monté en pendeloque.

Il est présenté selon un autre article de presse.

Diamant de la nièce de NapoléonDans cette vente, un diamant rose exceptionnel de 8,72 carats a été vendu 14,8 millions de francs. Cette pierre d'une extrême rareté, estimée entre 13,7 et 17,5 millions de francs, aurait été la propriété de la nièce de Napoléon, la princesse Mathilde Bonaparte (1820-1904).De taille "coussin classique", aux coins arrondis et aux grandes facettes, et de couleur "Fancy Vivid Pink", cette pierre dénommée "Historique Diamant Rose" est d'une extrême clarté et d'une couleur "envoûtante", selon Sotheby's.

Une autre de ses anciennes propriétaires fut la riche héritière et philanthrope américaine Huguette Clark, décédée en 2007 à l'âge de 105 ans. Ce saphir n'est réapparu que récemment, après avoir été conservé dans le coffre-fort d'une banque depuis les années 1940.


Au centre en haut le diamant rose. Il avait en 1904 été vendu d'ailleurs 69100frs au joaillier Aucoc. Mais il faisait plus de 32 carats, alors le retailler pour, de taillé en poire, en faire un diamant taillé en ovale et perdre presque la moitié de la pierre ??????


Voici le diamant rose monté en pendeloque photographié dans le catalogue de la vente en 1904.


D'apres cet article de 1933 dans le JDDL,  le diamant faisait 32cts 30, seul diamant rose signalé. Mais en 1904, le 25-5, dans le Journal La Presse;

Vente des Bijoux Journal La Presse du 25-5-1904.

la Galerie Georges Petit. Une belle collection.
L’exposition, avant la vente. des bijoux de la Princesse Mathilde, avait attiré, cet après midi, à la Galerie Georges Petit, une assistance aussi nombreuse qu’élégante, au milieu de laquelle se coudoyaient grandes dames et actrices, amateurs et antiquaires. Il était difficile de voir réunie une collection plus belle, et plus variée, que celle que M. Chevalier va disperser demain: 

Colliers de perles blanches et noires, rondes et ovales, d'une grosseur et d'une pureté inusitées, rivières de brillants, diadèmes et bracelets, broches et boutons d'oreilles, émeraudes et rubis, topazes et grenats voisinaient étincelants sous les regards admiratifs des visiteuses qui ne s'en éloignaient qu'à regret. Beaucoup parmi ces joyaux ont une histoire. Certains ont brillé sur des épaules souveraines ou illustres, aux fêtes des Tuileries sous Napoléon 1er et Napoléon III; d'autres ont connu les fastes des cours étrangères avant de venir échouer rue de Saxe, nouvelle étape dans leur existence aventureuse.
Noté particulièrement un magnifique collier composé de sept rangs de perles, offert autrefois par l'empereur Napoléon III à la reine de Westphalie ; Deux colliers, l'un de cinquante et une, l'autre de trente et une grosses perles blanches et rondes d'Orient, provenant de la reine Sophie de Hollande, un quatrième formé de trente trois perles noires, excessivement rares, souvenir de la Reine de Westphalie.
Une broche parée en brillants, don de Napoléon III à ta princesse Mathilde; un bracelet en or enrichi de saphirs, don de Victor-Emmanuel II; un autre renfermant des cheveux de Napoléon III.
A citer encore une délicieuse pendule de voyage ou bronzé ciselé, exécuté spécialement en 1810 pour Napoléon 1er et par Bréguet. .Dans quelques jours tous ces bijoux, éparpillés, iront porter aux quatre coins du monde les souvenirs dont ils gardent jalousement le secret.


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 De ce collier trois rangs, celui du haut est un superbe collier d'un rang de trente-huit grosses perles blanches et rondes d'orient pesant environ 860 grains.
Provenant de sa majesté la Reine Sophie de hollande.
Le collier au centre : Un rang de quarante-quatre grosses perles blanches et rondes d'Orient, pesant environ 1.080 grains. Provenant de S. M. la Reine Sophie de Hollande, le splendide collier du bas est un collier d'un rang de cinquante et une grosses perles fines  blanches et rondes d'Orient, pesant environ 1.380 grains.
Provenant de S.M. la Reine Sophie de Hollande.
Ce dernier rang a été acheté par Mr Lindenbaum pour, à l'époque, la somme de 855.000 Francs.
Mr Adner Lindenbaum, cela ne vous dit rien? Il changea son nom en Lindon et son arrière petit fils n'est autre que Vincent Lindon. Sujet que j ai traité ............
Dans le journal le rappel de 1904



Les deux bracelet en haut et en bas forment un collier dit de chien.

Celui du haut est compose de cinq rangs de perles. comprenant trois cent vingt perles pesant environ 1520 grains, avec deux fermoirs enrichis chacun de trois bandes en brillants avec au milieu une perle blanche en bouton.
Ce collier formant deux bracelet, pourra être divisé :
Premier bracelet : cinq rang, cent soixante perles
Deuxième bracelet : cinq rangs. cent soixante perles.


A gauche c'est une broche  composée d'une grecque en brillants. portant trois belles pendeloques perles blanchies forme poire, et une perle blanche,terme bouton. C'est André Falize qui l acheta.
Au centre broche  composée d'une "grecque" en brillants. portant trois très belles pendeloques perles blanches forme poire, et une perle blanche bouton.
A droite: broche  composée d'une grecque en brillants. portant trois très belles pendeloques perles blanches, forme poire, et une perle blanche terme bouton.
En bas : Paire de pendeloques formées de deux magnifiques perles poires
blanches, pesant environ 140 grains, et surmontées d'un clocheton en roses et d'un chaton brillant (avec crochets). Provenant de S. M. la Reine de Westphalie. adjugée 182,900frs de l'époque.


Ces trois broches ont été commandées par Mathilde à Mellerio , elles sont retrouvées dans les livres de Mellerio à l'année1862.




Le grand noeud en brillant formant devant de corsage de la princesse Mathilde, fut vendu 19500 francs à Mr Steinher, c'était un prix assez bas, car ce noeud est très beau, peut être une explication.... c'est un noeud  serti de pierres de taille très anciennes?

Au milieu en bas Broche "grand macaron" formée d une très belle perle blanche
bouton, entourée de quatre gros brillants et de douze brillants moyens d'entre-deux: monture joaillerie. Vendue 47600 frs .

Au milieu Paire de Boutons d'oreilles  formés de deux grosses perles blanches, dont une belle d'Orient, et pesant environ 184 grains. vendue 31800 Frs


La Princesse Mathilde peinte en 1861 par Dubufe, on retrouve le fameux collier à sept rangs de perles fines, mais aussi très certainement un bracelet serpent or, émail, diamants et pierres de couleur. 



Ce collier composé de lames-aiguilles de diamants qui peut se transformer en diadème a été vendu par Méllerio à la Princesse Mathilde en décembre 1861, la photo vient des archives de la Maison.


Ce  collier, le même que le précédent est  composé de pampilles en brillants, dites « Russes » et formant diadème, il est au catalogue de la vente de 1904. Monsieur Franck ce jour là l'emporta  pour 33100frs et cette photo provient de la Bibiothèque Nationale.



Ce type de collier pampilles à la Russe eut une variante, il fut présenté à l'Exposition universelle de 1862. On peut remarquer ce diadème à la Grecque, motifs très à la mode dans ces années là  qu'on pouvait retrouver sur tout, bijoux, porcelaines, tissus etc. 

Il faut associer "Marret et Beaugrand" qui figuraient sur la même page


Car ces deux Maisons avaient reçu la médaille "pour excellence de dessin et de travail" et le jury a ajouté
"La collection de Joaillerie de Messieurs Meller se distingue par la richesse combinée avec un gout excellent" et "la riche collection de Joaillerie exposée par Messieurs Marret et Beaugrand est d'un gout excellent"
Les diadèmes de diamants dans le style Grec, exposées par Messieurs Marret et Beaugrand étaient certainement les plus beaux spécimens  de ce genre de parure qu'il y eut à l'exposition.
Et puis aussi cette broche branche de Lilas qui se trouve en ce moment(octobre 2016) à l exposition du Musée D'orsay "Spectaculaire Second Empire"

Broche feuilles de lilas en or, émail et diamants présentée pendant l'Exposition universelle de Londres en 1862.
De même le Jury "félicita Messieurs Rouvenat, Petiteau, Marret et Beaugrand, Meller et Jacta pour leurs produits en Joaillerie qui leur font le plus grand honneuret tendent à conserver à Paris la réputation d'être source de bon gout"



Grand Collier formant sautoir, composé de trente-huit feuilles d'acanthe en brillants. adjugé 45,500 frs à Monsieur Steinher.


Ce sont ces même trente huit feuilles d'acanthe que nous retrouvons sur le collier de chien en tissus qui orne son cou, De qui sont ces motifs???

Le "Clou de la vente" la très grande broche "rose" en diamants.
Sujet historique difficile....  en effet:



Christie's a pris ses sources pour la vente de cette broche en 2004 auprès de Bernard Morel, "Les Joyaux de la Couronne française", les objets des couronnements des rois et reines de France suivie d'une Histoire des Joyaux de la Couronne françaises de François Ier jusqu'à l'heure actuelle , du Fonds Mercator, Bilbao, 1988,  et aussi Jewelers extraordinaire , Harry N. Abrams, Inc. Publishers, New York, 1984, p 47.


Dans les livres de comptes de la Maison Mellerio (tout en bas de la page)  figure une écriture a propos de ce joyau: 
Monture d'un grand bouquet , boutons de roses comptant 2309 pierres plus 226 roses fournies par la Princesse et 350 roses diamant fournies par la Maison Mellerio, 5000Frs de façon et métal et 775frs pour les roses.

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En 1904, un compte différent de pierres a été trouvé et lors de la vente en 2004 par Christie's il a été trouvé  un autre compte de pierres.


A propos du livre de Vincent Meylan qui représente un gros travail certes, mais Vincent Meylan a recueilli les informations de Messieurs Mellerio sans vérifier l'Histoire. Je  m'en suis déjà expliqué, Mellerio n'a jamais fabriqué cette broche , et Mellerio n'a jamais fourni de bijoux à la Reine Marie Antoinette


Cette broche de la Princesse Mathilde a été fabriquée en 1855 par Fester (joaillier cité par Vever) or le livre  de comptes de la maison Mellerio la situe en 1864.
Mais comment l' expert de Christie's a trouvé cette date de 1855 pour sa fabrication? 


Dans ce texte de Vever a propos de l exposition de 1855, ou
ne serait ce pas dans cet texte qui figure dans le Livre de Vever?

« C'est ainsi que Lemonnier, Baugrand, Mellerio, Kramer, Ouizille-Lemoine, Viette et Fester exécutèrent la couronne impériale et les décorations  de l'Empereur, la couronne de l'Impératrice, le diadème, le peigne, la ceinture, les broches, le bouquet, la coiffure et l'éventail. »

Qui était Fester? A t'il existé?  Etait il Joaillier?

Vever nous indique que Fester en 1848 succéda à Viennot Ainé, qui était fabricant joaillier au 156 rue Saint Honoré à Paris.

Au passage une info pour les manuels du métier, le Grand Joaillier Massin, écrivit qu'en 1852, Beltête, ouvrier joaillier chez Fester, à qui la confection des chatons causait de grandes douleurs dans les doigts, inventa un procédé mécanique pour faire des chatons découpés et estampés. Ce fut une véritable révolution dans la fabrication. Pour les pièces soignées, il était nécessaire de retoucher ces chatons, pour lesquels le prix de façon était minime et le déchet nul. Mais, dans les pièces destinées à l'exportation, on les employait tels qu'ils sortaient de chez 'estampeur.
Plusieurs fabricants en ont fabriqué et se sont disputé la priorité de cette invention, entre autres Bouret et Ferré qui du reste la perfectionnèrent, mais c'est bien à Beltête qu'elle appartient..
J'ai consulté les annuaires de 1854, Fester a déménagé et à la veille de la grande exposition universelle de 1855 , est installé rue Vivienne à Paris





Mellerio s'était aussi installé rue Vivienne

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Germain Bapst, dans son ouvrage :Histoire des Joyaux de la Couronne, écrivit

" C'est ainsi que Lemonnier,Baugrand, Mellerio, Kramer, Ouizille, Lemoine,Viette et Fester exécutèrent la couronne impériale et les décorations de l'Empereur, la couronne de l'Impératrice,le diadème, la ceinture, les broches, le bouquet, la coiffure et l'éventail. »


Daniel Alcouffe dans la revue du Musée du Louvre de février 1988, cite Fester pour son Bouquet en diamants et Mellerio qui fut chargé de la monture d'un éventail en diamants, dentelle d'Alençon, ivoire et peintures.

D'après la Maison Mellerio, il s’agirait d’une collaboration Mellerio-Fester comme Mellerio le faisait avec Massin, Fontenay, Falize, Castellani, comme Mellerio a également travaillé avec la famille Foullé.
La princesse ayant acquis de nombreuses "broches roses" (Mellerio possède beaucoup de dessins préparatoires sur les bouquets de roses, boutons, épanouie, 
Mellerio ne signait pas ses pièces sauf cas exceptionnel. 
Mellerio avait plus de 180 fournisseurs au Second Empire…
Et ce problème se retrouve pour de nombreuses grandes maisons de Joaillerie.
On revient toujours vers la même problématique : Maisons et Ateliers… Le monde des fournisseurs dont personne ne parle. 

Donc : la broche a été commandée chez Mellerio, et fabriquée par l atelier Fester.
Si nous reprenons la vente de tous ces bijoux en 1904:
Il a été vendu par la galerie Galerie Georges Petit, Paris, "Joyaux de SAI Madame la Princesse Mathilde", le 26 mai-4 Juin 1904, le lot 65, pour une somme de 248,750 $.
Achetée par le Joaillier Janesich en 1904,  qui la revend à Louis Cartier, lequel la vend à Mme Cornelius Vanderbilt en 1904.
Le catalogue de la vente mentionne: 
"un jet de corsage sous la forme d'une rose entièrement ouverte et deux boutons de rose, avec onze feuilles réglé entièrement dans de très beaux brillants brésiliens Elle mesure environ 11.5 cm sur 14.5 cm.
Il s'agit de la broche magnifique, créé par le joaillier parisien Théodore Fester"


La rose est considérée comme le symbole de l’amour et de la beauté, mais également de la souffrance.
Elle refait surface pour être vendue par Christie Genève, "Magnificent Jewels", le 27 Avril 1972, lot 344 ,28,682$  à un particulier qui la revend à la Maison de Bijoux Fred Leighton.

Elle est revendue à nouveau par Christie's en 2004 , 700,000 $



Faute d'écriture du nom il faut lire" Janesich"


A cette vente de 1904, 70 broches appartenant à la Princesse Mathilde furent dispersées, y eut il une, ou plusieurs broches roses?

La Princesse adorait les Roses et s'était fait construire une très importante serre pour "ses roses" en son château de Saint Gratien.


Voici Madame Vanderbilt, on peut voir la taille de la broche qui mesure plus de 14 cm,  2.637brillants pour 136 carats and 860 roses diamants. 

En 1904  le 25-5, le journal "La Presse" publiait cet article.

la Galerie Georges Petit. Une belle collection.
L’exposition, avant la vente des bijoux de la Princesse Mathilde, avait attiré cet après midi, à la Galerie Georges Petit, une assistance aussi nombreuse qu’

élégante, au milieu de laquelle se coudoyaient grandes dames et  actrices, amateurs et antiquaires. Il était difficile de voir réunie une collection plus belle, et plus variée, que celle que M. Chevalier va disperser demain: colliers de perles blanches et noires, rondes et ovales, d'une grosseur et d'une pureté inusitées, rivières de brillants, diadèmes et bracelets, broches et boutons d'oreilles, émeraudes et rubis, topazes et grenats voisinaient étincelants sous les regards admiratifs des visiteuses qui ne s'en éloignaient qu'à regret. Beaucoup parmi ces joyaux ont une histoire. Certains ont brillé sur des épaules souveraines ou illustres, aux fêtes des Tuileries sous Napoléon 1er et Napoléon III; d'autres ont connu les fastes des cours étrangères avant de venir échouer rue de Saxe, nouvelle étape dans leur existence aventureuse.
Noté particulièrement un magnifique collier composé de sept rangs de perles, offert autrefois par l'empereur Napoléon III à la reine de Westphalie ; Deux colliers, l'un de cinquante et une, l'autre de trente et une grosses perles blanches et rondes d'Orient, provenant de la reine Sophie de Hollande un quatrième formé de trente- trois perles noires, excessivement rares, souvenir la. reine de/Westphalie.
Une broche parée en brillants, don de Napoléon III a la princesse Mathilde; un bracelet en or enrichi de saphirs, don de Victor-Emmanuel II; un autre renfermant des cheveux de Napoléon III.
A citer encore une délicieuse pendule de voyage ou bronzé ciselé, exécuté spécialement en 1810 pour Napoléon 1er et par Bréguet. Dans quelques jours tous ces bijoux, éparpillés, iront porter aux quatre coins du monde les souvenirs dont ils gardent jalousement le secret. 




En 1847 Théodore Fester était installé rue Vivienne.


1848 Ce que dit Vever 

La  Princesse Mathilde Bonaparte  était mariée à Demidoff. Ce mariage sans postérité ne fut jamais heureux. Demidoff, fabuleusement riche mais violent, refusa de quitter sa maîtresse, Valentine de Sainte Aldegonde. Mathilde s'enfuit pour Paris en emportant les bijoux qui étaient censés constituer sa dot, mais que Jérôme Bonaparte, toujours à court d'argent, avait vendus à Demidoff avant le mariage. Malgré cela, Demidoff fut condamné par le tribunal de Saint Pertersbourg à verser à la princesse Mathilde une pension de 200 000 francs par an et ne récupéra jamais les bijoux. Les époux furent autorisés à se séparer en 1847 sur décision personnelle de l'empereur de Russie Nicolas 1er.



1851: Théodore Fester est resté peu connu, mais d'autres fournisseurs avaient moins de scrupules et faisaient leurs publicités en se servant de Mathilde.

Vever nous fait part des réflexions de Massin à propos du métier et de Theodore Fester avant que l' expo de 1855 ne change la mode:

Nous avons vu que, jusqu'aux premières années du Second Empire, la joaillerie était restée stationnaire. On continuait à fabriquer, sans grandes modifications, les lourdes rivières banales et les parures à feuillages et chatons espacés, qui arrachaient ce cri éloquent à Massin, le maître joaillier qui devait, vers le milieu du règne, porter le coup fatal à cette mode lamentable : « J'ai vu en 1851, que dis-je, j'ai fait plus que voir, j'ai pratiqué comme ouvrier cette joaillerie détestable, dont on ne mourait pas, mais dont on ne vivait pas non plus, et lorsque je m'étonnais devant mon patron Fester de ce délabrement de toutes choses, il me disait : « Que voulez-vous y faire ? Pourvu que je fasse des feuillages pointus avec des fleurs rondes ou des feuillages ronds avec des fleurs pointues, beaucoup de chatons, le tout à trente sous la pierre, c'est tout ce qu'on me demande! »
Et cependant Fester était un artiste capable des meilleures choses en joaillerie. Ainsi, feuillages pointus, fleurs rondes et chatons, voilà le plus clair de l'esthétique de la joaillerie à l'époque. Dans ces conditions, il est évident que l'on ne pouvait chercher d'autres progrès que ceux de la plus stricte économie dans la main-d'œuvre et on alla très loin dans cette voie. J'ai souvenance de macarons ornements, fondus tout d'une pièce, dorés en dessous pour économiser la doublure d'or, et que l'on sertissait de diamants !



En 1852 la salle a manger de la princesse Mathilde copyright RMN)


En haut : Grande broche "Aigle Impérial"  diamants tailles anciennes revendue en 1904.
En bas un devant de Collier formé de trois anneaux-gourmettes mobiles, pavés en brillants.
Au centre : Paire de boutons d'oreille  formée de deux belles boules émeraudes
suspendues, et de deux chatons brillants sur les brisures.


Archives photographiques du catalogue de 1904 de Mellerio

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Sur cette photo, son collier trois rangs de perles de la Reine Sophie de Hollande, son collier avec des motifs feuilles d'acanthes et tout en haut le grand Aigle Impérial en 1888, lors du mariage de sa nièce la princesse Laetitia avec le duc d'Aoste . La broche est fixée sur son bandeau en argent doré.


A propos de cette photo, Vincent Meylan, dans son livre sur Mellerio  écrit que "les bracelets de diamants motifs à la grecque ont été créés par Mellerio".
Ce qui est vrai, mais les bracelets ont été fabriqués par Mellerio en or,  en avril 1861. Le prix correspond à cette fabrication et comme apparemment il n'y a pas d'autres citations de travail pour ces deux bracelets, entre 1861 et 1888 un autre fournisseur a dû sertir les diamants, ce qui n'enlève rien au "dessin créatif " de ces bracelets


Sur cette page, figure la vente des trois broches grecques avec perles poires en 1862, mais surtout l aigle impérial qui fut vendu en même temps qu'un bandeau en argent doré pour fixer l aigle.


Le salon ou une bonne partie de l'intelligentsia Française se pressait à l invitation de la princesse Mathilde.

Fille du roi Jérôme, la princesse Mathilde (1820-1904) faillit épouser son cousin, Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, avant que la tentative de Strasbourg en 1836 ne provoque la rupture de leurs fiançailles. Quant à son union malheureuse avec le prince Demidoff, elle se conclut par une séparation prononcée par décision personnelle du tsar Nicolas Ier en 1847. Indépendante, intelligente, brillante, assumant ses amours tumultueuses avec le comte de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts, la princesse fut une des femmes les plus en vue sous le Second Empire. Napoléon III lui concéda en 1852 un hôtel particulier sis au 24 de la rue de Courcelles à Paris, hôtel qui fut racheté en 1857 à la reine Christine d’Espagne sur les crédits de la liste civile. Rue de Courcelles, Mathilde tenait un salon littéraire et artistique réputé où se pressaient, entre autres, les Goncourt, Flaubert, Sainte-Beuve, Théophile Gauthier, le sculpteur Carpeaux, ou encore les peintres Hébert, Baudry et les frères Giraud.



En haut : Grande Boucle de ceinture en brillants.
Au centre :Broche: Petit macaron formée d'une très belle perle blanche bouton, entourée de quatre gros brillants et de huit brillants moyens d'entre-deux ; monture joaillerie.
Au centre droit: Broche petit macaron formée dune très jolie perle blanche
bouton, avec double entourage en brillants, le premier composé de quatorze petits brillants, l'autre de quatre gros brillants et de huit brillants moyens d'entre-deux.
En bas: Pendentif composé d'un noeud et d'une guirlande en culots Louis XVI sertis en roses, avec une grosse et belle perle poire grise suspendue en pampille intérieure et une pendeloque perle grise.



Au centre en haut: Pendeloque, grosse perle grise forme poire, surmontée d'un clocheton et d'un croissant sertis en brillants, avec un brillant  d'entre-deux .
Splendide collier d'un rang de trente-trois grosses perles noires,pesant environ 1.040 grains. Provenant de S. M. la Reine de Westphalie.
Importante parure composée de sept perles poires grises, enrichies d'un chaton brillant et d un clocheton en brillants, et formant pampilles de collier.


Photo du catalogue de 1904 déposé a la BNF

Important collier composé de cent deux perles blanches et de quatre grosses perles noires, et enrichi d'une pendeloque perle poire blanche en forme de gland avec un gland de perles bayadères à culot d'émeraude- et de rubis, Les perles blanches pesant environ 1060 grains, les quatre perles noires 290 grains et la perle poire blanche 90 grains.




Photographie des archives de la maison Mellerio, plus nette que celle de la BNF, 
les perles fines  ont été achetées petit a petit chez Mellerio par la Princesse. Par exemple, elle a acheté le 18 fevrier 1861, 30 perles fines pour 30,000 frs qui venaient  solder un avoir de 30,000frs en diamants



Prix du collier avec perles noires poires



Mathilde à la fin de sa vie, dans son salon avec au milieu Hebert ami et photographe photo RMN.


Du 27 septembre 2016 au 15 janvier 2017 une très belle exposition, ce portrait sur la couverture de l invitation que j'ai reçue est celui de Madame Moitessier en 1856 par Ingres, il se  trouve (quel dommage pour nous) à The National Gallery de Londres



Relexions, commentaires, renseignements: richard.jeanjacques@gmail.com
Je vous répondrais.

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