mardi 23 avril 2013

Les Bijoux du dix huitième siècle

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Des années 60 a nos jours, nous pouvons consulter les catalogues de Bijoutiers-joailliers, des grandes maisons, des fabricants, mais avant? Que nous reste t il du XVIII° siècle, peu de bijoux, au moins quelques traces!

Pourtant, un Joaillier, Pouget publie en 1762 un "traité des pierres précieuses et de la manière de les employer en parures" Puis en 1764, un  "Nouveau recueil de parures de Joaillerie" ce qui nous permet d'avoir une idée précise des bijoux du temps de Madame Pompadour.



Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, née en fin 1721 à Paris et décédée le 15 avril 1764 à Versailles, fut une dame de la bourgeoisie française devenue favorite du Roi de France et de Navarre, Louis le quinzième.
Notre Joaillier Français, Pouget, publia dans ce catalogue, des dessins, mais il expliqua que beaucoup d'entre eux ont été fabriqués réellement par Jean-Denis Lempereur qui fut le "Maître" de Pouget.

La page de dessins en haut de cet article représente des noeuds de cols..et des noeuds de manches. 



Détails du tableau représentant Madame Pompadour. Un très beau bracelet perles, camée et diamants, une boite en matières précieuses?

Bleue Marine Massard qui a écrit un article sur Jacquemin, dans la revue "L'Objet d'art" me signale que ce bracelet aurait été monté par Jacquemin
Bleue Marine Massard est Chargée de conservation chez Louis Vuitton



Des Aigrettes, des bouquets, des pompons


Une aigrette ... se porte sur la tête. C’est un gracieux bijou, qui bouge , et qui rappelle les plus beaux oiseaux : la huppe, le paon... C’est un travail de joaillier.
Renée en arbore une au dîner qui se donne en son hôtel particulier, au premier chapitre.
" Elle avait, au cou, une rivière à pendeloques, d’une eau admirable, et, sur le front, une aigrette faite de brins d’argent, constellés de diamants." Emile Zola dans la Curée.
C'est un bijou de tête, à mettre dans les cheveux




Boucles à Fleurs, pour vêtements ou oreilles



Ce sont des dessins pour des boites a Portraits: Un exemple ci dessous
La boîte à portrait de Louis XIV est un objet de grand luxe qui frappe d'emblée par sa minutie et ses dimensions : elle ne fait en effet que sept centimètres de haut. Le choix de ce petit format s'explique en réalité par la fonction même de l'objet.
Une telle production s'inscrit dans un contexte particulier. Les XVIe et XVIIe siècles connurent un engouement extraordinaire pour ces portraits renfermés dans de petites boîtes luxueuses et raffinées. Avec le développement de la monarchie absolue, l'art est tout particulièrement mis au service de la politique et ces boîtes à portrait deviennent rapidement des instruments du pouvoir royal. Leur petite dimension, qui les rend aisément transportables, la richesse des matériaux qui y sont employés ainsi que la présence du portrait du prince en font tout à la fois des œuvres luxueuses appréciées des collectionneurs et des œuvres de propagande politique. 





Si ces boîtes étaient ainsi échangées entre les souverains d'Europe en signe d'affection et de fidélité, Louis XIV en fit de véritables instruments de son pouvoir et y eut recours pour s'assurer le soutien et la fidélité des puissants et des meilleurs serviteurs de la monarchie. Selon le Livre des pierreries du rois, il en distribue plus de trois cents dans les années 1660-1680. Deux orfèvres bijoutiers, logés dans les galeries du Louvre, Laurent Le Tessier de Montarsy et son fils Pierre, sont les principaux fournisseurs des montures en argent doré ornées de diamants et les portraits sont en majorité issus de l'atelier du miniaturiste Jean I Petitot.


Parmi ces nombreuses boîtes commandées par Louis XIV, peu sont parvenues jusqu'à nous, ce qui rend l'œuvre du musée du Louvre d'autant plus exceptionnelle. Celle-ci est par ailleurs remarquable par son état de conservation : elle est parfaitement intacte, fait assez rare puisque ce type de boîte a souvent été dépouillé de ses diamants par les amateurs des siècles suivants. La boîte du Louvre, réalisée vers 1660, est également la plus ancienne des boîtes à portrait à l'effigie de Louis XIV conservées.(texte du Musée du Louvre)
On peut observer que le revers de la boite correspond bien au style des dessins de Pouget. Ce genre de petits cadres offerts par le Roi à ses visiteurs était très souvent démontés rapidement par ceux qui les avaient reçus en cadeaux, pour en vendre les diamants.



D'après Pouget ces dessins sont des Fontanges, et au XVIII° siècle  et d'après mon dictionnaire de Mr  Richelet datant de 1756, une "Fontange est un noeud de rubans que les femmes portent sur leur coiffure"



Ce sont des dessins de boucles de souliers, cela faisait partie des "Bijoux de Vêture", les bourgeois s'en faisaient faire en argent et de très belles sont exposées aux musée des Antiquité de Rouen.


Voici par exemple des boucles de chaussures pour hommes, elles sont de grandes tailles, le décor représente les lettres de l 'alphabet sauf le W (ce qui est normal étant donné que cette lettre n'est considérée comme une lettre de  l alphabet que depuis 1964) 
Musée des Antiquités de Rouen


Colliers d'Appliques, si un internaute peut nous offrir des précisions, je n'ai trouvé que la définition de mon dictionnaire Richelet, "ornement de pierres précieuses qui s'applique pour en embellir d'autres. En termes d'orfèvres, Piece d'applique est tout ce qui s'assemble par charnières, coulisses, boucles..."


Bracelet or jaune et émail du XVIII° siècle conservé au Victoria et Albert Muséum


D'autres colliers d'appliques



Voici des exemples de Noeuds , le noeud de rubans est un thème récurent de la bijouterie et de la joaillerie depuis le XVIII°eme siècle il continue à inspirer tous les joailliers.




Gilles L'Egaré, l'un des plus grands orfèvres du siècle de Louis XIV, créa le «noeud à l'Egaré» ou «Sévigné»:il s'agissait d'une broche en forme de nœud de ruban à plusieurs boucles, constitué d'or ou d'argent, de diamants, ou pierres précieuses qui se portait au milieu du corsage, Madame de Sévigné l'adopta.


Broche conservée au Musée des Arts décoratifs


Encore un noeud à la Sévigné




Une seule planche de bagues dans son catalogue, étonnantes bagues qu'il nomme "Bagues de Fantaisies" Des bouquets de fleurs. 
Ont elles été réalisées? certainement, mais en a t il été conservé!


Au moins une du genre, qui se trouve au Musée des Arts décoratifs.


Il semblerait que les Anglais ont mieux conservé leurs bijoux que nous, cette bague dite Giardinetti (petit jardin)comme les deux suivantes, voient leurs pierres de couleur serties dans l or, alors que les diamants sont sertis dans de l'argent, ces bagues sont anglaises mais tout a fait dans le style du traité du Sieur Pouget





Une dame qui devait aimer les cartes, celles sur la bague sont en émail, diamants et émeraudes



Très belle bague Anglaise 18 eme siècle, en cheveux et demies perles fines, voir le beau livre sur les bagues, de Diana Scarisbrick "Les Bagues Symboles de Richesses de pouvoir et d'amour" chez CELIV


Dessins de "Pouget" sur les bagues "petits jardins" au centre de la planche de bague ci-plus haut.



Petite bague , or , entourage diamants taillés en rose, verre biseauté 18 eme. 



Pouget ecrit "Cuvettes, aiguilles de montres et Cachets"
Dans une boîte de montre, on appelle cuvette le double fond, souvent gravé d'inscriptions ou de la signature, et chargé d'améliorer la protection contre les poussières.

Parmi les montres qui pendaient à la devanture de M. Goulden, il s’en trouvait une toute petite, quelque chose de tout à fait joli, la cuvette en argent, rayée de petits cercles qui la faisaient reluire comme une étoile.  ( Erkmann-Chatrian, histoire d'un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)

Il semble pourtant que Pouget appelle le fond extérieur Cuvette???? sinon cet ensemble (montre clef, cachet, décor, se nomme une Chatelaine)


Modèle de poignée de sabre, de couteau, et décor de peigne



Epée et garde d'épée



Exemples de Tabatières, de queues de cachets



Aigrettes, pompons et papillons



Fontanges et becs de bonnet



Broche  en argent, grenats, topazes, émeraudes, XVIII° siecle conservée au musée des arts décoratifs à Paris (photo Laurent Sully Jaulmes)




Il y a tout, dans ce  bouquet exécuté par Jean Denis Lempereur, même un noeud!


Bouquet du XVIII° siècle, conservé au Victoria et Albert Muséum à Londres. Lequel a inspiré l autre,




Petite croix, ordre de la Toison d'or, ordre du Christ





Aigrettes


Pièce de Corsage du XVIII° siècle




Aigrettes


Ci dessus Pouget propose des dessins de girandoles rappelant les décors de chandeliers

Girandoles en argent serties de Topazes

Le poids de leurs girandoles déforme leurs oreilles. (RaynalHistoire philosophique et politiques des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes)


Girandoles conservées au Muse Masséna à Nice



Girandoles conservées au Musée de la Malmaison

Lorsque la mode des girandoles a faibli, les boucles d’oreilles ont été démontées et le tout recyclé en pendentifs  ou boucles d’oreilles comme cela arrive souvent en matière de bijoux démodés, c’est pour cela qu’il ne subsiste pas beaucoup de bijoux anciens, maintenant avec les bijoux volés  le turn over est encore plus rapide et de plus  cela dégoute les acheteurs.



Autre bouquet de Jean Denis Lempereur dont je reparlerais bientôt dans un autre article.





Dessin de Pouget, mais réalisation de "L'empereur".

Vos commentaires ou vos mails sont toujours les bienvenus.



3 commentaires:

  1. Superbe, tellement rare un article qui traite de cette époque!!

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  2. Ah au XVIIIème siècle, ils avaient du goût ! Moi aime beaucoup les pierres précieuses, je suis ravi de voir qu'au siècle des lumières déjà de très belles choses étaient accomplies

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  3. Cher monsieur,vous serait-il possible de me communiquer quelques informations supplémentaires notamment concernant vos références provenant du dictionnaire Richelet (entrée exacte, pages) ainsi que vos sources concernant Gilles l'Egaré et le noeud à la Sévigné. Vous rendriez un grand service à une thésarde un peu perdue sur le sujet du bijou XVIIIeme...

    Merci d'avance,

    Aurélia MOULIN

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