samedi 24 mai 2008

Retour sur les 150 ans de Boucheron


150 ans , déjà!!
Que penserait il de cet anniversaire , ce passionné de travail, qui a gravi les échelons en commençant apprenti?


Frédéric Boucheron, est né en 1830, il a commencé son apprentissage chez Jules Chaise, à Paris, un excellent bijoutier que connaissait le père de Frédéric.
Je l'imagine, avec le peu que je sais de lui, allant faire les courses pour l'atelier, si je le vois dans ma tête,c'est que je l'ai vécu.


les plaisanteries dans le genre "tout petit, tu va chez le droguiste...tu nous ramène une lime à épaissir et un marteau à bomber les vitres," rien qu'en regardant les trognes des ouvriers , il savait que c'était l'une des nombreuses blagues d'initiation de l'apprentissage, mais s'il savait à quoi s'en tenir , combien d'apprenti de 13 ou 14 ans partaient, confiants dans leur listes de courses, pour ne rentrer à l'atelier qu'avec les rires et les quolibets des commerçants.
A l'époque , et même il y a quarante ans, l'apprenti devait le Samedi astiquer le matériel, nettoyer entres autres, les "tas" de tous ses voisins d'atelier, faire diverses corvées,les courses, mais c'était comme une initiation à la vie, oui , un parcours initiatique, dont toute la vie sera imprégnée, en bien ! car l'homme finalement conserve surtout le souvenir des bons moments.



Création Boucheron
année 1920

Ainsi, l'atelier ou j'ai travaillé et qui m'a le plus marqué se trouvait rue Richelieu, Candas..mais il y avait aussi Soulène et Halpern, pas loin de la Bourse à Paris, mes anciens (je veux parler de tous les ouvriers joailliers ) travaillaient beaucoup( 8 à 10 heures par jour plus le Samedi matin), alors des pauses étaient nécessaires.
Donc, tous les matins, vers dix heures, et l'après midi vers 16H30, 17 heures; je devais me rendre chez "le Bougnat" de la rue des petits champs, derriere la bibliothèque nationale. Dès l'entrée du "bougnat" une odeur vous pénétrait, une bonne odeur, surtout le matin, une odeur de cochonailles ,de pain frais, de vin, de bois, je l'ai encore dans "les trous ce nez" cette odeur. Il avait tout du Bougnat cet homme, le tablier bleu, le ventre "imposant" les moustaches...,sa boutique était sombre, au nord, et tous les matins je passais la même commande, 9 sandwiches, en faisant bien attention, de ramener le bon nombre au paté de campagne ,ou au jambon, et il y avait ceux qui voulaient des cornichons et d'autres les oignons, et 6 bouteilles de cotes du Rhone,(pour 9) j'attendais un peu, puis je repartais avec mes courses, il y avait des jours ou le patron en voulait aussi, et sur le chemin du retour, on aurait cru à me voir, le livreur de Nicolas.

Ce n'est pas tout, pendant que j'allais acheter ces victuailles les autres jouaient pendant la pose (choisie par eux) au 421 pour savoir qui paierait l'addition, c'était pareil le midi pour l'apéro au bistrot d'en face, et comme le patron était là, je ne sais pas comment, mais il perdait tout le temps! Cela n'a pas empeché l'un d'entre nous André Conte de faire la maquette de la fameuse bague Cabochon de Boucheron qui a servi pour la bouteille de parfum.
Je pourrais parler des autres clients , van Cleef, Gubelin, Meister, etc
Quel quartier!!, souvent je m'y égarais volontairement, pas loin de la place Vendôme et de la rue de la paix, quelle ambiance! je suis sur que Frederic Boucheron a connu ces instants de purs bonheurs, avant de rentrer dans la vie plus active que l apprentissage.
Je suis sur qu'il en a monté des étages notre Frédéric Boucheron, les ateliers parisiens ont toujours cherché la luminosité, alors monter au 7 eme étage d'un immeuble de la rue Lafayette, pour redescendre chez "La cheville" chercher des outils, des fraises, non pas les gariguettes, mais les fraises pour travailler dans le platine, puis revenir chez un diamantaire au 4 eme étage nord (de la luminosité , mais pas de soleil direct) repasser chez le fondeur, et chez chacun, regarder...apprendre....Je me souviens d'un patron, dur, Mr Huot, chez "Chevrier, Huot , Didelot" qui m'avais dit avec son air renfrogné "Arrête de me poser des questions..regarde et retiens....ce métier, on le vole", J'ai compris , et même de nos jours toutes les choses que je vois , je les vole pour mieux apprendre.
Ce patron à l'ancienne nous payait à la pièce, il pesait l'or avant....et après ...avec la limaille, gare à la perte. Plus vache , il fallait lui demander la clef des cabinets, qui se trouvait sur le palier, à l'étage...et il notait l'heure de départ et l'arrivée. Gare aux constipés...ce n'est pas très classe mon propos, et pourtant! Revenons vite à notre sujet.

Car plus tard, Frédéric Boucheron devint commis chez Tixier-Dechamps, au Palais Royal, en 1850 c'était noir de monde, avant que les colonnes de Buren barrent le passage et nous fassent croire que l'art c'est cela.Mais pour ceux qui s'y aventurent, quel espace protégé, fermé au bruits de la circulation, avec des boutiques d'un autre âge, je m'émerveillais devant une boutique" au cadran...." de je ne sais plus quoi, qui vendait des montres anciennes, mais je suis sur que Frédéric Boucheron a connu le Grand Vefour

Quand j'avais 19 ans , c'était Raymond Oliver qui tenait ce temple de la bonne Cuisine , chef couronné de trois étoiles , connu aussi pour avoir animé pendants des années la première émission sur la cuisine, en compagnie de notre célèbre première speakerine de la télé, Catherine Langeais . Même le Président Mitterand en avait été amoureux;

et puis autour , il y avait la Comédie Française...., l'appartement de Colette, Cocteau.le Théâtre du Palais Royal....l'herboristerie... le conseil d'état, le Conseil constitutionnel, et le Louvre, maintenant vous pourrez peut être croiser Jack Lang qui habitait ce merveilleux jardin au ministère de la Culture.
Le patron de Frédéric Boucheron,Mr Tixier-Deschamps, avait dit lorsqu'il est parti en retraite " M. Frédéric est un excellent commis, mais il n'a pas l'étoffe nécessaire pour faire un patron…" et bien , cela n'empêcha pas Frederic Boucheron de s'installer place Vendôme en 1893 , avec un flair extraordinaire, celui ce croire en la réussite de ce quartier. et 150 ans après son installation , ses successeurs nous offrent entres autres , cela...

Allez sur le site: www.boucheron.com/les instantsprécieux
en dehors d'un renouveau
fabuleux de création, vous découvrirez les esquisses de bijoux



les dessins, l'important de la création, ce qui part du cerveau du dessinateur, qui traverse le corps pour arriver à la main, cette main qui trace sur une feuille blanche ce que le cerveau lui dicte, mais la raison de la main rectifie ses ordres pour parfaire le travail et arriver à cela.










vendredi 23 mai 2008

Qui y a t'il de commun entre la Grande Duchesse Wladimir, la Reine Mary et Elisabeth II d'Angleterre



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Il y a bien un rapport entre ces trois femmes, c'est un diadème.
Certains disent une Tiare qui est un ornement de tête de forme conique, exemple la Tiare du Pape, mais je préfère dire un diadème. Il appartenait à la grande Duchesse Wladimir. Née le 14 mai 1864 au Grand Duché de Mecklembourg. C'était la tante du tsar Nicolas II, Elle décède à l'âge de 66 ans, le 5 septembre 1920, à l'hôtel de la Souveraine à Contrexéville, elle repose dans la chapelle orthodoxe située dans le parc thermal car elle aimait beaucoup cette ville.


Ce diadème fut fabriqué par un grand joaillier Russe (peut être Fabergé, il n’y a pas de poinçon de Maitre) en 1890, au départ le diadème est constitué de quinze cercles entrelacés et une perle poire est suspendue dans chaque cercle.
La grande Duchesse Wladimir perd son Mari en 1908, le grand duc Wladimir était le fils du Tsar Alexandre II. La Duchesse Maria Pavlovna adorait les bijoux, lors d’une visite à Saint Petersburg, Consuelo Vanderbilt cite dans ses mémoires The Glitter and the Gold.
" Après le diner La Grande Duchesse m’a montré ses bijoux exposés dans la vitrine de son dressing room. D’innombrables parures, telles que les turquoises, les tourmalines, des oeils de tigre, et des aigues marines"
Puis arriva la Révolution et l'éxécution de la famille impériale. Les nobles, les aristocrates,les membres de la cour fuient et se dispersent, La grande Duchesse Wladimir fut l'une des dernières à fuir la Russie en 1919. Elle traversa tout le Caucase dans son train privé. De la mer noire, elle rejoint la Grèce en bateau,puis passe en Suisse,elle s'installe à Zurich,et meurt la même année à Contrexeville.
Elle avait laissé ses bijoux cachés dans le coffre de son Palais à Saint Petersbourg, si bien caché que les pillards ne le trouvèrent pas, et c'est un ami diplomate Anglais, Albert Stopford, qui se proposa pour aller récupérer ces trésors cachés dans le coffre de son palais.
Maria Pavlovna décéda en 1920 et légua ses bijoux à ses quatre enfants. Elle les regroupa ses bijoux par genre et par couleurs. Au Grand Duc Cyril, les perles, au Grand Duc Boris, les émeraudes, le Grand Duc, André qui vivait en Paris et Cannes reçut les Rubis,et la Grande Duchesse Hélène, Reine de Grèce, mère de la princesse Marina de Kent reçut les diamants dont notre fameux Diadème
Les enfants vendent certains bijoux, en 1921 la Reine Mary de Teck achète le Diadéme. 


Marie de Teck,de son vrai nom, Victoria,Mary Augusta, louis, Olga, Pauline Claudine, Agnes est née le 26/5/1867 à Londres,elle épouse le Roi Georges V le 6/7/1893, à la chapelle Royale de Saint James La Reine Mary , fait transformer ce diadème pour qu'à la place des perles, elle puisse installer des émeraudes (de manière interchangeable). La Reine Mary aime beaucoup les bijoux, elle laissera d'ailleurs à la princesse Margaret de très beaux bijoux qui depuis ont été vendus chez Christie's par les enfants de la princesse, ce qui a permis de découvrir cette collection.

Elle offre ce Diadème à sa petite fille Elisabeth II pour son mariage en 1947.

la reine Mary était un peu « radin » ce qui rejoint un peu la description de son caractère cité par Wikipédia , je cite l’encyclopédie« La Reine Mary était aussi une sorte de kleptomane opportuniste, en montrant très clairement à ses hôtes qu'elle désirait un de leurs trésors en venant l'admirer à maintes reprises et de façon extravagante jusqu'à ce que le trésor soit donné à la Reine. »

Ce coté radin m'amènera en reparler d'elle.
La Reine actuelle d’Angleterre Sa Majesté Elisabeth II, le porte très souvent.


lundi 19 mai 2008

Ils ont dit.Hervé Bazin.......



"Quand l’ampoule succède à la lampe à huile, le tracteur au bœuf, il s’agit d’un nouveau nécessaire qui surclasse l’ancien, hors d’époque. Mais le Vison, le Diamant, le Caviar, seront toujours superflus. "


C'est écrit dans "Les bienheureux de la désolation" paru en 1970, je vous dirige ci-dessous par un lien vers le sujet de ce livre

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Bienheureux_de_la_D%C3%bazin,

Il était le petit-neveu de l'académicien René Bazin, né à Angers, dans une famille bourgeoise, très dévote
Après un accident, il devint amnésique et fit un long séjour à l hôpital, à sa sortie de l hôpital,et durant plus de 14 ans il devint marchand ambulant,puis garçon d'ascenseur, ferrailleur ou batteur de tapis.

dimanche 18 mai 2008

Les Bureaux? c'est au Salvador!




Il y a quatre ans, la Maison Repossi, me confia un travail d'expertise. Leur magasin Parisien se trouve place Vendôme, et ce n'est un secret pour personne (ou presque) qu' Albert Repossi fut l'un derniers a rencontrer la Princesse Diana, Princesse De Galles. Son Ami Emad Mohamed Fayed, (en arabe عماد الدين محمد عبد المنعم الفايد ) venait de lui commander une bague ornée d'un diamant taillé en étoile quelques jours avant leur tragique accident.
. Monsieur Albert Repossi est fournisseur de la famille princière de Monaco, mais aussi de Sharon Stone, Monica Belluci, Isabelle Huppert, qui a porté un collier en or noirci au Festival de Cannes, etc!!.
A un moment de mon expertise, il me fallait disposer d'un ordinateur de la maison et il me fut répondu que je pouvais me rendre aux bureaux, au département Horlogerie. Je demandais ou étaient ces bureaux, "Les bureaux, c'est au Salvador" ...oui... Oui.. mais encore!! Vous ne connaissez pas? le portier va vous accompagner.



C'est ainsi que j'apprenais que les bureaux se trouvaient dans un local appartenant à Henri Salvador. De fait en redescendant , je vis sur les boites aux lettres au 6 place Vendome, l'adresse de la Maison de production de monsieur Salvador "les disques Rigolo" Longtemps Henri Salvador y eut son "home studio" et surtout son appartement parisien, se trouvait en haut, de limmeuble place Vendôme. Il était l'une des rares personnes qui habitait encore sur la place (il n'y avait je crois qu'une fenêtre donnant sur la place) car il n'y a plus que des Joailliers et des sociétes diverses. Pour déjeuner,il n'avait que la place à traverser pour aller au Ritz. Cette place Vendôme, quelle Merveille!
Pour REPOSSI voir
:http://www.repossi.mc/