lundi 31 mars 2008

Exposition GOLD FINGERS

Philippe Tournaire
C'était en 1997 , et ces derniers jours au fil d'un échange e-mail avec SERAFINO à Montréal, j'avais ressorti cette exposition de mes cartons, pour leur parler de la création de bijoux contemporains.
Finalement, ces photos (entre autres) de BELDICOT , me paraissent toujours d actualité, alors je vous en offre quelques unes.
La premiere est une bague de Philippe Tournaire :://www.philippetournaire.com/Votre-bijoutier-Philippe-Tournaire.html

Superbe le toutou avec la photo de la bague en collier de chien, qu'il ne m 'en veuille pas, elle me rappelle une montre de la marque Omega , dans les années 60 dont le bracelet était un pavage de pierres dures de formes différentes et entourées par un fil carré. Les idées de la mode sont un éternel recommencement, mais c'est tout ce que nous avons vu et assimilé qui ressort de notre cerveau pour créer

Cette bague ci-dessous a été crée par Didier Guillemain / Jeune Joaillier à qui j'avais demandé de rentrer a la commission création du CPDHBJO et qui fut l'instigateur de cette exposition rendez vous sur son site





























Merveilleuse Photo de Beldicot une bague en Turban et réalisation de cette bague par Didier Clauss












Bague de Laurent Axel Limoges
















La grenouille qui se promène sur la broche Nénuphar en or jaune de Thérèse Sudre:


J'ai trouvé ce qui suit sur Internet:

THÉRÈSE SUDRE : UN PARCOURS INHABITUEL - CRÉATRICE DE BIJOUX

Dessinatrice et créatrice de bijoux originaux et exclusifs, Thérèse Sudre a remporté plusieurs prix et participé à de nombreux salons qui l’ont amenée, en 1992, à se lancer dans l’exportation. Invitée au Japon par les magasins Seibu pour une exposition, elle fut remarquée pour ses créations aux matériaux innovants et put à cette occasion conclure une première commande de 350 pièces (l’équivalent de 600 000 à 700 000 francs). Cette première expérience lui fit croire que le marché japonais était facile d’accès, qu’il suffisait de s’y rendre pour que cela fonctionne, mais, l’année suivante, elle déchantait, n’ayant sans doute pas assez préparé sa mission.

A l’occasion d’une autre exposition de bijoux qui se tenait à New Delhi, elle put rencontrer des créateurs de différents pays et notamment des Japonais. Il s’agissait de la société Taj Entreprise (avec Kazuo Ogawa comme créateur ) avec laquelle elle tenta de faire affaire au Japon. Ils essayèrent de la présenter à de très grosses sociétés japonaises qui semblaient être intéressées par ses bijoux mais qui ont finalement abandonné car elles ont eu peur que ces créations soient trop vite copiées. Rien ne s’est donc concrétisé et elle prit alors conscience que ce marché était finalement beaucoup plus difficile que ce qu’elle avait pu imaginer. Une dizaine d’années plus tard (en 1996), elle retourna au Japon alors qu’elle était devenue fabricant officiel. Grâce à des amis créateurs qui exposaient depuis quelques années au Salon IJT (International Jewelry Tokyo : Salon professionnel de la bijouterie), elle put reprendre contact avec les Japonais qu’elle avait rencontrés auparavant. Séduits par l’évolution de sa collection, ils sont devenus son agent exclusif. Les affaires ont alors très bien marché pendant trois-quatre ans et puis ce fut le début de la crise. Toutefois, sur les encouragements de la Chambre de Commerce Lille, Thèrèse Sudre se décide à poursuivre l’aventure. Depuis, elle a conclu ses plus importantes commandes en retournant au salon IJT et y fit son meilleur chiffre d’affaires.





Ma Page, certaines de mes clientes n'avaient pas aimé, elles avaient fait le rapprochement avec "Langue de Vipère" Peut être que Beldicot, notre photographe y avait pensé, pour moi, c'est une bague que j'avais réalisé en 1962, pour ma mère, j'avais 20 ans, mon père l'avait baptisée "Bague EVE"

En haut une montre bague d'ou le cigare

Une superbe Tourmaline Rose , qui symbolisait le Coeur

Une bague avec d'un coté une perle noire de Tahiti et de l autre une perle blanche, le tout sur fond de carburateur anglais car la bague faisait penser à une came de moteur

La dernière j'en ai parlé dans l'article précédent.


Cliquer sur les photos pour agrandir

samedi 29 mars 2008

La Paire, il y en avait bien une!!!!



En échangeant des e-mails avec mes collègues canadiens, il m'est revenu en mémoire une exposition que 10 artisans (dont votre serviteur) avaient réalisé à Paris au Forum des halles à Paris.
Entre autres j'avais créé cette bague en Améthyste ,diamants, et or jaune. Un photographe Jean Claude BELDICOT était partie prenante de cette expo, et nous avions laissé libre cours à son imagination.
La galerie Come and See, s'occupait de la vente et alors que j'exerçais a Rouen en Normandie, une habitante de Caen, vint à cette exposition et acheta cette bague.
Rentrée chez elle à Caen, elle me téléphona et me demanda s'il était possible d'avoir un agrandissement de la photographie qui était au catalogue de l'expo.
Promesse fut réalisée, je lui adressais cette photographie , illico presto (pour faire plaisir à Serafino)
Elle ouvrit le paquet et eut un doute; elle m'appela au téléphone et génée me demanda:
"Mais Monsieur, la photo...... c'est..!!..en dessous....."Je lui répondis du tac au tac (comme l'émission au Québec de 1976 à 1982)"oui madame, c'est une paire de fesse" Le temps de se remettre , une discussion suivit.
Cette cliente que je n'ai jamais vue, a-t-elle mis la photographie sur sa cheminée?????

lundi 24 mars 2008

Termes de Bijouterie Joaillerie, Orfevrerie

Dans l'article "Pierre des métaux précieux", j'ecrivis le mot "FOURRE" mais connaissez vous ceux ci

ENTURE: c'est l'opération qui consiste à détacher d'un objet une empreinte de garantie(un poinçon par exemple) sur un petit ouvrage, pour la ressouder sur un ouvrage plus gros. Ceci pour tromper le client, ou ne pas payer de droits de garantie. Cela tombe sous le coup de l article 141 du code pénal et 526+1760 du CGI.

OSMIOR : Alliage d'or, de cuivre, de nickel, et de zinc (l'osmior imite le platine)

FRITTAGE : méthode permet d’obtenir un objet métallique à partir de poudres soit de métal pur, soit d’alliage, soit composées de plusieurs poudres de natures
différentes mélangées, qui sont comprimées dans un moule puis frittées, c’est à dire chauffées à unetempérature inférieure à leur point de fusion.

dimanche 23 mars 2008

In search of the précious stone by ALBERT RAMSAY

Pour rattraper la déclaration de John Lennon, celle de Albert Ramsay , Collectionneur et chercheur de Gemmes, en 1925


"Pour moi, une gemme ne représente pas qu'une babiole froide et inanimée, Elle symbolise les années de vie à l'obtenir. Elle est humide de la sueur du travail au milieu de périls inconnus et sous le soleil tropical, elle est chaude de l'âme de son découvreur, et alors que je la tiens au creux de ma main,je peux à nouveau sentir les frémissements qui ont envahi cet homme, quand pour la première fois il a exhibé le fruit de son labeur. Pouvez vous m'en vouloir d'être fasciné."


"IMAGINE" John Lennon




"Vous qui occupez les places les moins chères, tapez dans vos mains ; tous les autres, agitez simplement vos bijoux"

Féroce mais non sans humour, John Lennon, qui à 23 ans fit cette déclaration le 15 novembre 1963 au Royal Variety, à Londres


mardi 18 mars 2008

Le bijou Cloture

Cliquez pour agrandir

Vous connaissiez le bijou en béton! le bijou folklorique! le bijou historique! le bijou marin, le lunaire, l'africain, le révolutionnaire.......mais le bijou cloture champètre?
"Monsieur Richard, je voudrais que vous me réalisiez un bracelet pour mon mari"
"Avec Plaisir ! mais vous avez une idée?"

"Oui Monsieur, je vous ai amené le modéle, qu'il faudrait éxécuter en plus gros, car mon mari est fort, et a un bon poignet""Qu'a cela ne tienne"
Et la dame, que je voyais pour la première fois continue... "Mais monsieur Richard, je le voudrais à l identique" "Puis je voir votre projet?" "oui , j'ai fait plusieurs bijoutiers, ils m'ont dit ne pouvoir le réaliser" Et ma nouvelle cliente sort de son sac, un fil de fer barbelé. Je respire un bon coup, et lui calcule un devis. Nous tombons d'accord je le réalise avec 4 éléments tournés autour du fil principal.
Je termine....puis je me dis que si mon client pose son poignet un peu fortement sur quelque chose, il pourrait se blesser. Je livre, la cliente est ravie, son mari passe deux jours après pour me témoigner de sa satisfaction.
Plein de choses me sont passées par la tête à propos de cette commande.

Entres autres, pourvu que personne ne lui cherche des noises, car s'il lui retourne une mandale.....

Pierre de touche des métaux précieux



Plusieurs lecteurs de mon Blog, m'ont écrit pour savoir ce qu'était la "Pierre de touche":
Pour ceux qui ont porté de l'or ou des bijoux en or chez un bijoutier, ils ont pu voir mon confrère sortir une petite boite qui ressemble à la mienne, photo ci-contre, avec une pierre noire. L' homme de l'art a frotté l'or sur cette pierre noire, a sorti une petite bouteille d'une boite en bois ou en bakélite, et a délicatement déposé un liquide sur les traces d'or laissées par ce frottement sur la pierre. Puis avec l'assurance du professionnel, il vous aura déclaré "c'est de l'or" ou "c'est du toc" !
Ce procédé était déja employé par les Romains.

Donc il nous faut une pierre de couleur sombre ou naturelle, un grain fin, inerte aux acides. La Lydite (variété de jaspe noir)ou Basanite est celle qui est le plus souvent utilisée. De fait les anciens appelaient la pierre de touche "pierre Lydienne"de cette partie de l'asie mineure qu'ils nommaient LYDIE . Le nom de "pierre de touche" vient de ce que l'analyse des métaux se fait en les frottant (en touchant) sur cette pierre.
Nous verrons plus loin que les acides qui vont attaquer le dépôt de métal sont très puissants, donc la pierre doit avoir une dureté élevée pour ne pas casser lorsqu'on frotte avec force le métal sur la pierre, elle doit être d'un aspect "mat" pour que la lecture soit meilleure, et une surface plane.
Il nous faut aussi des "Touchaux" c'est a dire des fragments d'or étalon, dont on est sur de connaitre les valeurs d'alliage.Nous aurons donc des touchaux 9,14,18,22 carats ou plutôt dans la nouvelle règlementation Française 375,585, 750,916/1000° d'or fin.

Et pour finir une dissolution d'acide Nitrique et d'acide Chlorydrique (Attention les doigts) appelée aussi eau forte.
Une fois j'ai laissé quelques gouttes tomber sans le vouloir, elles sont tombées sur mes chaussures, effet rapide garanti.Il Y a pire ,l'eau régale qu'utilisent aussi les bijoutiers

On trouve ces solutions dans le commerce , prêtes à l'emploi. elles se conservent pendant plusieurs années dans des ampoules en verres scellées à chaud.

Ensuite regardez le film qui suit, il a été réalisé par le "CETEHOR" le centre technique de l'industrie horlogère qui se trouve à Besançon, en collaboration avec la direction générale des Douanes et le service de la Garantie.

video



C'est une méthode valable pour tout fabricant ou artisan consciencieux, qui tient à sa réputation et à celle de sa profession.
Une réforme très importante pour nos métiers est passée presqu' inapercue du moins aux yeux du public.
Nous avons obtenu en 2004 (réforme engagée par Mr le ministre des finances en 1994, Mr Nicolas Sarkozy) une délégation de poinçons avec certes des conditions draconnienes; pour simplifier, c'est l'autorisation d'apposer les poinçons de la garantie Française sur les bijoux que nous fabriquons, ou pour être plus précis , que nous mettons en circulation.
Un cahier des charges permet de déterminer si l'artisan ou le fabricant est équipé du matériel nécessaire, s'il est suffisamment apte dans l'exercice de sa profession.
Je ne m'étendrais pas sur ces conditions d'attribution, mais répondrais à tout courrier qui désirerait obtenir des précisions.
L'important pour les lecteurs de ce blogg est de comprendre les choses. Désormais une partie de la profession applique elle même le poinçon de la Tete d'aigle sur les ouvrages en or 750/1000° qu'elle a fabriquée (les autres métaux précieux de même).
Cette délégation n'a pas été donnée aux marchands de bijoux d'occasion car cette méthode du touchau a ses limites et doit être vraiment réalisée par des professionnels qui suivent la fabrication ou la façon du bijou, depuis la fonte du métal ,jusqu'à sa livraison.
Je vous donne un exemple: Un bracelet jonc rigide qu'un client m'avait ramené d'un voyage en Afrique. Il me demande de souder un anneau pour fixer une breloque et avant de le peser pour donner au client un reçu, j'ai un doute; son poids ne me parait pas en rapport avec le volume.
Je fais part de mon doute et demande au client à vérifier en sa présence, nous allons dans l'atelier et je scie le bracelet, et une fois scié, nous nous apercevons que ce bracelet était "Fourré" c'est a dire qu'il était composé en grande partie de cuivre, inséré dans un tube d'or.
Le client m'a demandé ce qu'il fallait faire, je lui ai répondu qu'a moins de retourner immédiatement voir son vendeur en Afrique, il n'y avait rien à faire, mais que je pouvais ressouder et mettre un anneau pour sa breloque.
Je n'aurais pu m'apercevoir de la qualité de ce bracelet "marqué or 750" avec la pierre de touche et le touchau. Seul un contrôle destructif par coupellation aux acides aurait pu déterminer la valeur du titre exact.

Que faire lorsqu'on s'aperçoit que le bijoux que nous avons fabriqué n'est pas au titre ? Cela date de 1825 mais c'est l'évidence même
Cliquez pour agrandir le texte
C'est un vaste sujet, j'espere vous avoir éclairé

Rappel des poinçons français utilisés actuellement (2009)



cliquez pour agrandir

mercredi 12 mars 2008

Mettre ses bijoux au clou

Lorsque vous avez besoin d'argent, et que personne ne peut, ou ne veut vous aider, s'il vous reste , ne serait-ce qu'un bijou, les Crédits municipaux vous recevront et vous prêteront en gardant votre Bijou en gage.


Vous pourrez revenir plus tard rembourser la somme empruntée, et votre bijou vous sera rendu, si vous ne pouvez le faire au bout d'une année, ce bijou sera vendu, mais si vous payez les intérèts (faibles) sur l'argent prêté vous pourrez continuer à béneficier de ce prêt une année de plus et renouveller chaque année l opération.
Comme beaucoup, je pensais qu'a l'intérieur des Crédits Municipaux, c'était un peu 'l'inventaire à la Prévert" que les gens gageaient leurs tableaux, leurs meubles, leurs parapluies, leur accordéon,leur manteau de fourrure....!
Jusqu'a ce que j'en visite un de plus près pour les besoins d'une enquète des Douanes que j'assistais en tant qu'assesseur en Douanes.
Que ne fut pas ma surprise d'apprendre que 90% des prêts sur gages l'étaient sur des Bijoux....Alors cela vaut peut ètre la peine de faire un petit article sur le sujet.


Avant le Crédit municipal, les mont de Piété, mais avant les monts de piété?
L'usurier ou le préteur sur gage.


A Rouen, la ville ou j'ai vécu 65 ans , et plus particulierement dans ce merveilleux petit musée des antiquités se trouve ce vitrail, de l'eglise Saint Eloi , vitrail du XVI ° siecle, il relate l'histoire...ou la légende "du Miracle des Billettes".Les faits remontent à l'an 1290, une femme avait obtenu un prêt de 30 sous, d'un Usurier en lui donnant en gage ses plus beaux vetements. Losrqu'elle voulut récuperer pour la fête de Paques ses vètements, n'ayant pas d'argent pour dégager ceux-ci,il lui demanda en paiement delui ramener l'Hostie consacrée lorsqu'elle recevra la communion. Ce qu'elle fit.L'usurier, qui était juif, piqua l'hostie, la tortura de toute sorte, finit par la mettre dans un chaudron qui deviendra un bain de sang. Une voisine ayant dérobé l hostie et l'ayant portée au Curé, celui ci dénonça l'Usurier juif qui fut brulé, ses enfants et sa femme convertis au Catholicisme, leur maison rasée et on fit construire une chapelle à la place.


Ceci pour vous expliquer que les Usuriers Juifs concentraient toutes les rancoeurs, et pas seulement parce qu'ils prêtaient de l'argent, mais parce les gens de l 'époque établissaient un lien entre l'usure et les crimes de sacrilège dont trop souvent ils étaient accusés. (ce qui plus tard amènera à la création des Monts de Piété)
Les juifs ne pouvaient pratiquement exercer aucune activité( le Concile de Latran leur interdisant toute supériorité sur les Chrétiens), même les activités agricoles; Saint Louis avait bien essayé d'inciter les Juifs à devenir Artisans, mais comme aucune mesure concrète n'avait été prise et les "Corporations" Chrétiennes ne les acceptaient pas. Il ne leur restait que la Finance.
A une époque ou l'économie se develloppe, ou les echanges se multiplient, l'Eglise catholique, réprouve la pratique de l'usure pour les Chretiens et permet au Juifs de la pratiquer. Ils deviennent Banquiers , mais les Rois prennent des mesures drastiques contre les juifs , ce qui les affaiblit , alors que parallèllement les prèteurs Chrètiens (Lombards, Venitiens , Cahorsins) mettent en place des systèmes qui font que les juifs, de Banquiers, deviennent petits prèteurs sur gage pour le petit peuple, qui les accuse d'etre des usuriers.
L'idée du juif cupide vient de là.
En 1462 le moine Barnabé de Terni pour contrer les usuriers, accorde des prèts sur gages sans frais et sans intéret, "Crédit de Piété" ou "Monte Piéta" mal traduit par les Français en Mont de Piété.
C'est en 1610, que se crée le Mont de Piété d'Avignon, il existe toujours, mais ce fut le premier de France, c'est la Congrégation Notre dame de Lorette ,désirant "Instruire, exhorter à la patience et soulager dans leurs besoins,les pauvres honteux" qui voulut faire cesser les ravages des Usuriers qui prenait jusqu'a 100% d'intérets.


Paris dut attendre 1637 pour ouvrir avec l 'appui de Richelieu,
un Mont de Piété qui sera fermé après la mort du cardinal. C'est Théophraste Renaudot qui le crée.
Quel homme ce Renaudot! Protestant, médecin à l age de vingt ans, conseiller de Richelieu, il crée les "petites annonces". Il crée aussi "la Gazette" et devient ainsi le premier journaliste.
Il fallut attendre 1778 pour que le Mont de Piété soit rétabli par Louis XVI.


Depuis les monts de Piété se sont développés dans le monde entier.Même la Chine maintenant en compte plus d'un millier .


Entre 1995 et 2005, le crédit municipal de Paris à reçu plus de 450000 dépots et je vous le rappelle, constitué à plus de 90% de bijoux.
Ce même Credit municipal de Paris a commandé une étude qui nous enseigne que les courbes de dépots sont en relations directes avec les courbes du chomage.
Dans 90% des cas les objets en dépots sont récupérés par leur propiétaire , c'est un chiffre à méditer.


QUELQUES ANECDOTES SUR CES PRETS
Donc, sur les mises en gages de bijoux par leurs propriétaires, j'ai glané ça et là , quelques petites histoires.
Une femme avait besoin de soins dentaires pour 5000€, ces soins sont peu ou pas remboursés par la sécurité sociale, elle a mis ses bijoux en gage en attendant de toucher sa mutuelle.


Un musicien amateur qui ne pouvait payer son loyer à gagé ses bijoux pour payer.


A mort de leur mère , deux soeurs ne pouvaient payer les droits de succession, elles ont obtenu un prèt de 6500€ en gageant leurs bijoux et un meuble, elles ont réglés les droits de succession et repris leurs biens un an plus tard.


Cela ne se passe pas toujours bien, exemple : ce joueur de Tennis Thomas Saint Leger Gould qui va en finale de Wimbledon (contre John Hartley) et qui perd cette finale en 1879. Il ne revint jamais tellement il était décu et vexé,et on n'entends plus parler de lui jusqu'a ce que lui et sa femme , joueurs invétérés soient criblés de dettes. Ils font la connaissance d'une veuve danoise fortunée, Madame Emma Lanvin, qui met ses bijoux au clou pour leur permettre de rembourser leurs dettes. Quelques temps après, ils tentent d'expedier par le chemin de fer deux valises vers londres. Une forte odeur attire l'attention du porteur et la police ouvrant les bagages , trouve la veuve découpée en morceaux .
Ils furent condamnés à vie,madame Gould mourut en 1914 à la prison de Montpellier et le finaliste de Wimbledon , meurt au bagne de Cayenne, à l'ile du diable en 1909.



La Reine Isabelle la catholique, voulait mettre ses bijoux au clou pour aider Christophe Colomb à financer son expedition vers"les Indes" , mais son fermier général lui répondit que ce n'était pas nécessaire car il tenait à lui rendre le service de lui prêter sur sa caisse personnelle la somme de 1 million de maravedis.





Pour financer le mariage de leur fille, un couple a donné en gage la bague de fiançaille acquise trentes années auparavant.
Le preteur sur gage et sa femme (musée du Louvre)

Personnellement j'ai accompagné en tant qu'assesseur auprès des Douanes, les douaniers dans une enquete auprès d'un crédit municipal. Les douaniers avaient trouvé sur un suspect, un reçu de chez "ma tante". Ils attendaient de moi que je vérifie le stock de bijoux qui se trouvait dans ce credit municipal, au nom du suspect. Finalement en effectuant des recherches sur une longue durée, ils s'aperçurent que ce Monsieur, portait 40 bijoux, puis plus tard en reprenait 30, en remettait 5 et en reprenait plusieurs semaines après 20. Ce monsieur qui faisait commerce de bijoux (au noir) avait peur de les laisser chez lui, ne pouvait louer un coffre à la banque pour les déposer (et surtout pour ne pas se faire reperer), c'était donc le crédit municipal de cette ville du Nord ouest qui faisait office de Banquier,et en plus cela coutait moins cher qu'une location de coffre à la banque.
J'ai pu verifier aussi que les bijoux représentait bien 90% des dépots.
Présent dans la salle , mais derriere les guichets avec le personnel, je pouvais voir les clients, je fus surpris par la quantité de femmes du Magreb et du moyen orient qui venaient gager de grosses quantités de bijoux. Cela rejoint l'explication que j'ai donné il y a un an, pour les femmes arabes, la dot est constituée de bijoux, souvent très importants en poids d'or, de plus elles continuent à s'en faire offrir au cours de leur vie maritale, car les bijoux restent propriété de la femme quoi qu'il arrive, même en cas de répudiation.'(N'est-ce pas Fatima!) Ce sont donc elles qui viennent les déposer "chez ma tante"
J'avais aussi remarqué , que le personnel par manque de formation, avait prêté sur des bijoux qui n'étaient pas en or.
Plaqué or ou travail fourré. que ne peut déceler le seul essai à la pierre de touche.


Bien que 90% des objets soient récupérés par leur propriétaires, le nombre est tellement important que le Crédit Municipal organise des ventes toutes les semaines, pour les connaisseurs, il y a de bonnes affaires.


Mettre ses bijoux au clou, veut dire qu'autrefois les objets déposés en gage étaient suspendus à des clous


Enfin, dernière anecdote, Pourquoi l'expression CHEZ MA TANTE?


le Prince de Joinville, troisième fils de notre roi Louis philippe voulait honorer ses dettes de jeu , et il dut mettre sa montre au mont de piété. A sa mère qui s'étonnait de ne plus le voir porter sa montre , le prince n'osa avouer qu'il l'avait mise au clou , il dit qu'il l'avait oublié chez sa tante.