lundi 19 novembre 2007

Les Poissardes: Boucles d'oreille sous l empire


Et qu'est ce donc que des "Poissardes"

D'après le Larousse "Femme de la halle"

Mais en bijouterie , ce sont des boucles d'oreilles très légères , elles sont constituées de motifs en losanges, avec des petites plaques ciselées, souvent de l'émail, avec des feuilles d'acanthes, ou autres motifs, grandes,  mais très légères car fabriquées avec des feuilles d'or, embouties et découpées à l emporte pièce.
 

Elles sont apparues au 19 eme siècle bien que l expression poissarde était employée depuis 2 siecles.
En effet l'Angleterre, notre Allemagne de l'époque(au sens, concurrente), fabriquait des parures en acier poli, mais la France se mit aussi dans le gout de l'époque avec des thèmes comme les Lyres, les Coeurs, les carquois, thèmes inspirés de l'antiquité. On prôna l'usage des Camées en les utilisant pour des diadèmes, des sautoirs, des peignes, et surtout les bracelets.
Plusieurs formes nouvelles apparaissent, ainsi de longues boucles d'oreilles pendantes...: les Poissardes.
Vous distinguez sur la photo une tige en "S" qui renforce la monture et un petit butoir (ici un anneau rond , permet à la boucle de rester en place , sans se retourner ).
Très en vogue sous l'empire ,car adaptées aux vêtements légers de l'époque et aux coiffures.
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, né le 24 janvier 1732 à Paris où il est mort le 18 mai 1799, est un écrivain, musicien, homme d'affaires et poète français, considéré comme l’une des figures emblématiques du siècle des Lumières, il avait écrit une pièce sur les Poissardes, ces femmes de la Halles




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En 1789 les "Poissardes" avaient été jusqu'a Versailles pour manifester leur colère, vis à vis de la Reine Marie Antoinette



Une autre paire de "poissardes" , légères, certainement en partie embouties, puis émaillées, avec une devise.




Ne pas confondre avec les dormeuses, appelées ainsi car elles permettaient de dormir avec ses boucles d'oreilles, elles étaient plus courtes que les "Poissardes" et il y en eut dans les années 1900-1930 de très vilaines


A l'époque on fabriquait beaucoup de bijoux en "doublé" or, sorte de plaqué or, dont des Dormeuses.

Mais entre 1800 et 1970, il y avait aussi des "manifs" et la correspondance de Grimm Diderot, Raynal et Meister était plutot!!!!


Que voulaient ils dire?


La bibliothèque nationale a conservé un portrait d'une poissarde .

En 1886, Adrien Plant en relatant son voyage en Espagne nous décrit la poissarde.
Une véritable bourse s'établit, à l'arrivée des barques, avant qu'on les décharge.
Une poissarde superbe, à la hanche rebondie, le haut chignon mal enfermé dans les plis d'un madras dont les pointes forment deux cornes gigantesques, tient un papier et un crayon à la main.
Elle semble la reine de céans ; malheur à qui parle avant elle, une bordée d'objurgations basquaises s'échappe de sa bouche édentée. et cloue la langue de l'imprudent.
Elle entame un colloque avec le patron de la première embarcation, afin d'établir le cours du jour.
Un échantillon de sardine lui est hissé à terre dans un petit sceau de bois qui servira de mesure pour tout le marché de la journée.
Elle tâte, sent, tripote le petit poisson argenté, puis elle le rejette dédaigneusement au patron, en lui lançant un prix.
A côté d'elle, une offre nouvelle est faite ; parfois un accapareur se présente : elle l'em- poigne et l'homme intimidé bat en retraite devant la virago résolue.
Pendant un moment le tumulte est indescriptible ; les bras sont en l'air, les poings se montrent,les chignons remuent nerveusement, les voix s'enrouent.
La corbeille de nos agents de change n'est rien à côté de la bourse aux sardines.
Enfin, le cours est établi ; le calme se fait comme par enchantement ; les seaux font le va-et-vient le long de la muraille du môle, pour remplir les larges paniers plats, qui juchés vivement sur les têtes échevelées et ruisselantes, disparaissent emportés au galop par les cascarottes,dont les rues sonores retentissent du classique et strident : sardina frescua !





Vever , ce grand joaillier de la rue de la Paix qui ecrivit l histoire de nos métier en trois volumes, nous a conservé des modèles de ces fameuses boucles d'oreille


Dans ces années 1900, il y eut des livres, et même une piece de théatre


J'ai retrouvé ce mot de Poissarde en 1928 dans la revue Optima.
Il y a quelques jours une charmante journaliste de "Ca m'interesse" me téléphona a propos des poissardes et me demanda s'il y avait une raison sociale a attribuer a ces pendants d'oreille par rapport aux marchandes de poissons. Sans réelle certitude, je crois que les poissardes en tant que femme de la halle étaient un peu les BOF (Beurre Oeuf Fromage) des années 1940, des métiers ou les espèce circulent, ou les stocks sont difficiles à contrôler, en somme des marges élevées qui permettaient des bénéfices substantiels non déclarés.
Les boucles d'oreilles "poissardes" en quelques sorte leur permettaient de montrer une certaine réussite, à une époque ou les "Rolex" n'existait pas







2 commentaires:

  1. Merci pour cet article . Il y a une petite boutique de boucle d oreille bordeaux qui propose ce genre de boucle style empire, cela ressemble un peu à des dormeuses non ?

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    1. Bonjour
      Oui si ont veut, cela ressemble a des dormeuses. Dormeuses c'est avant tout un systeme, les petites filles en portaient des le jour du perçage de leurs oreilles , de façon a ce que le trou ne e rebouche as pendant leur sommeil. Les poissarde c'est un système différent , plus grand , plus long. De nos jours il y a les pistolets pour percer les oreilles, il y a tres longtemps , c'était une aiguille rougie au feu, qui perçait l oreille, on mettait un bouchon derriere l oreille. mais quand j etais jeune joaillier dans les années 1960 nous avions une pince avec un petit pieu en acier sur ce petit pieu, il y avait une charniere et l'ensemble perçait l oreille.
      A ce moment la charniere restait dans l oreille et permettait d y glisser le systeme de la boucle d 'oreille, il ne restait plus qu'a tirer la charniere derriere l oreille et fermer la boucle.
      Je refusais de percer les oreilles des petites filles jusqu'a dix ans , car une fois j avais percé les oreille d une petite fille de six ans, elle avait hurlé et je n ai jamais pu faire la deuxieme.

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