lundi 1 mai 2017

Serti Invisible. Quid de cette invention? Chaumet, Langlois, Boucheron, Van Cleef & Arpels, Cartier?



Un ami facebookien "Cedric Sansen" m'a fait part de sa découverte dans un livre allemand à propos d' une invention de serti invisible. Les auteurs de ce livre attribuaient à la Maison Chaumet l'invention en date de 1906.
En réalité cette invention est suivie d un brevet déposé.

CHAUMET

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Lecture un peu fastidieuse mais elle permet de connaître l'inventeur, du moins le déposant Jean-Baptiste Chaumet, ce brevet est demandé le 17 août 1904, délivré le 21 octobre 1904, et publié le 6 décembre 1904 sous le N° 345614.
Vous ne trouverez pas dans vos lectures sur la bijouterie-Joaillerie  Jean Baptiste Chaumet qui pourtant est le fondateur de la maison Chaumet.


Sur son acte de naissance il est bien noté que l enfant de Jean Chaumet se nomme Jean Baptiste, mais aux environs de l'âge de 25 ans , Jean Baptiste décide de changer de Prénom, pendant un temps, il fut  inscrit "Jean Baptiste dit Joseph" il semble que ce soit après son mariage avec Blanche Marie Morel qu'il change son prénom.
Jean Baptiste (de Bordeaux) rentré comme commis chez le grand Joaillier Morel à Paris va gravir tous les échelons et Mr Morel n'ayant pas de fils va le marier à sa fille, et organiser sa succession en prenant Jean Baptiste comme successeur.



J ai traité l histoire de ce qui sera la maison Chaumet en plusieurs chapitres.



Le titre du Brevet est "Mode de montage des pierres destinées à la fabrication des bijoux ou joyaux de toutes natures" Joseph Chaumet  n' emploie pas le mot invisible,  sauf dans le résumé de son brevet ou une phrase  explique que c'est une "bande destinée à la confection de bijoux et joyaux de tous genres formée par la juxtaposition  de pierres retenues par une ossature métallique a peu près invisible....." c'est tout.

C'est donc bien la première fois que des pierres précieuses ne sont pas tenues par des griffes, des grains, en résumé; par les systèmes classiques pour faire tenir les pierres .
C'est pourquoi je pense qu'on peut attribuer "l idée" du serti invisible à Joseph Chaumet
Je n'ai jamais lu ou vu que la Maison Chaumet du vivant des Chaumet dans l entreprise se soit attribué l invention d'un serti invisible, et Joseph Chaumet dans son livre de 1930 "Une pléiade de Maitres Joailliers" n'ecrit pas sur ce sujet

VAN CLEEF ET ARPELS:



D'après les archives de Van Cleef et Arpels ces dessins gouachés datent des années trente




L'idée a fait son chemin...du moins dans la tête d'Alfred Langlois grand fabricant de Joaillerie spécialisé aussi dans la fabrication de boites précieuses, là aussi, aucune certitude, Langlois travaillait entre autres pour la maison Van Cleef et il semble que vers 1929, Alfred Langlois ait eu l idée de fabriquer des bijoux sur lesquels les pierres ne seraient pas tenues par des sertis classiques qui dissimulent une partie des pierres précieuses.
Van Cleef et Arpels n'ayant pas d'atelier, font travailler des artisans comme cela se pratiquait à l'époque, mais Langlois va fabriquer pour Alfred Van Cleef  des "Vanity Cases" de plus en plus beaux, avec de plus en plus d'accessoires comparé aux autres grands joailliers.
Alfred possède un petit château qu'il a appelé bien avant les bijoux "la Minaudière" mais comment être sûr de l exclusivité?
Alfred Van Cleef  et ses associés vont donc absorber l'atelier Langlois à tel point que Langlois sera aryanisé en même temps que VCA, alors que Langlois n'était pas juif.




Sur la première page du Brevet demandé  par la société Van Cleef et Arpels le 2 décembre 1933 délivré le 19 mars 1934 et publié le 31 mai 1934, vous pouvez lire la dénomination
" Dispositif pour monter les pierres précieuses" et il n'est pas fait mention de serti invisible ou Mystérieux. 
Le serti invisible est réservé aux pierres carrées ou calibrées. Il nécessite la fabrication d’une structure en rails sur laquelle vos diamants viendront se « clipper » après avoir été préalablement incisés sur leur culasse juste sous la couronne (partie médiane de la pierre). Un travail extraordinairement délicat qui se fait en binôme, avec « aller retour » entre le sertisseur qui fixe les pierres et le lapidaire qui les incise et les retaillera pour que les ajustages soient parfaits. source Wikipédia



Le mandataire de la société Van Cleef et Arpels était le cabinet "Assi et Genès" très important cabinet spécialisé dans les dépôts de brevets depuis les années 1880. Il était installé sur le boulevard Voltaire à Paris, puis fin de siècle il déménagera 6 rue du Havre à Paris




C'est en 1929 qu’Alfred Langlois voulut faire breveter la première monture en serti invisible, mais elle n’était pas parfaite, et avec la crise, il fallut plus d’un an pour la voir mise en vente.
Alfred Langlois, fabricant de boîtes et de vanity-cases, tombe sur une micro- mosaïque du XIXe siècle dont l’agencement de mini-tesselles sans joint apparent, lui donne l’idée de transposer ce procédé dans la joaillerie. Langlois procédait comme dans la micro-mosaïque où de petites plaques de céramiques sont tenues en rangées.

Il travaillait pour la maison Van Cleef & Arpels, c'est a dire Alfred Van Cleef et son beau-frère Jules Arpels, ceux ci  l’encouragent vivement.
Jusqu’ici les pierres précieuses employées en joaillerie pouvaient toujours être remontées pour recréer un autre bijou, mais avec le serti invisible cela devint presque impossible. C’est en effet une taille spéciale, pierres carrées sur lesquelles on taille un sillon côté culasse pour qu’elles puissent être « serties » par le dessous.
Elles dépendent les unes des autres, que ce soient des rubis ou des saphirs (quelquefois des émeraudes) car elles doivent être assorties, être homogènes en couleur selon les directions par rapport à la lumière. Il y a une élimination importante, lors du choix, pendant et après la taille, et ceci au risque de ne pas être réemployées sur un autre bijou.
En 1932, Monsieur Langlois possède toujours son entreprise de Bijouterie rue Saint- Martin à Paris; ce n’est que le 1er juillet 1932 qu’il sera absorbé par la maison Van Cleef & Arpels. Van Cleef va signer un contrat d’exclusivité avec le joaillier Alfred Langlois qui emploie alors une quinzaine d’artisans boîtiers. En 1933, la maison Van Cleef & Arpels insculpe son poinçon de joaillier : les initiales « VCA » et le symbole de la colonne Vendôme. L’atelier Langlois, qui comprend désormais des artisans boîtiers et des joailliers, se consacre à la fabrication des Minaudières et des pièces de joaillerie, notamment la mise au point du fameux « Serti Mystérieux ».

CARTIER:



Cartier va faire appel au cabinet Armengaud Jeune, fondé en 1836  et grand spécialiste des dépôts de brevets  en son "Office International pour les brevets d'invention"




Grosses différences avec VCA, avec une petites pique sur le mode inventé par Langlois, 
Ce mode de sertissage permet de réaliser un pavage, c'est a dire une juxtaposition de cabochons ou pierres, dans lequel ces derniers sont jointifs et ne sont pas comme dans les pavages existant, séparés par des bandes métalliques que forment les montures visibles.

Il est le premier a employer cette phrase:
extrémité de la monture, de sorte que cette dernière est absolument invisible

Cartier appelle son procédé "Mode de fixation des bijoux sur leur monture"  et nulle trace des termes "Serti invisible"



Cartier se différencie en expliquant qu'on étame les parties et que par simple chauffage on assure les soudures des parties étamées.
Ce ne devait pas être facile, et dans le temps assez risqué en revanche en cas de réparation, c'est plus facile a réaliser que les barres de métal.




Pour ce qui est des pendeloques, apparemment une bonne idée basée sur le même principe par chauffage des parties étamées assurant la soudure, mais je n'en ai pas trouvé dans les archives photographiques existantes. Personnellement mais plus j apprends et plus je sais que je ne sais rien, j'ai toujours vu des briolettes par exemple, percées d'un trou tout en haut de la pierre.

Techniquement oui!!!mais pratiquement? je ne suis pas sur que l étain tienne sur une pierre précieuse polie.
Cette invention a t elle été suivie, réalisée? 
Il faudrait vérifier auprès des services du patrimoine de Cartier, bien que ce service demande six semaines de délais, mais délais ou pas délais, je n'ai jamais eu de réponses a mes questions, pas plus que sur le service ducal de Chaumet!!!


VAN CLEEF ET ARPELS



La société Van Cleef et Arpels ( c'est important, car en 1936 Alfred Van Cleef est toujours le patron) demande l obtention d'un brevet le 29 avril 1936 à Paris; il est délivré le 22 août 1936 et publié le 21 novembre 1936. D'importantes modifications sont apportées au premier brevet. Celui-ci s'intitule "Montage des Pierres Précieuses"



Cette fois ci , le démontage est prévu et possible





La publicité  qui suit en décembre 1936 montre que des bijoux sont fabriqués selon le dessin du brevet ci-dessus. d'ailleurs de nos jours certains existent toujours!


Ce bracelet  dessiné par René Sim Lacaze est désormais la propriété de Van Cleef et Arpels




Ce clip Pivoine date de 1937, mais le plus intéressant...ce n'est qu'une partie du double clip originel


Clip Chrysanthème datant de 1937, une merveille , c'est comme un tableau, il faut le regarder, s'en imprégner pour voir la fleur, et imaginer son odeur, son charme.


Un dessin de René Sim Lacaze aux environs de 1936


René Sim l'avait dessiné en bijoux de cheveux, Renée Rachel Van Cleef sa directrice artistique en 1936 la réalise en broche et boucle d'oreilles




Si les brevets n' emploient jamais le terme invisible ou mystérieux la presse dans les publicités VCA notaient "Serti Mystérieux" 


Par exemple pour cette broche ci-dessus le terme employé est " "la monture est invisible"


MAUBOUSSIN

J ai trouvé dans les archives du journal "L'officiel" de 1936, des bijoux de Mauboussin qui  parlent de serti invisible, mais apparemment Mauboussin n'a pas continué.




En 1936 aussi, j ai découvert dans un journal "Vogue " de l'époque qui dit que "par un procédé spécial breveté, Boucheron a serti cette important masse de saphirs sans que l'or soit apparent"
 (Archives nationales Gallica)
Je n'ai pus trouver de brevet  à l'INPI, chez Boucheron non plus, pas de brevet, pas de correspondance, le service du patrimoine a juste des photos et des dessins, et chez Boucheron cela s'appelait le serti calibré,  pourtant sur cette photo, s'il n'y avait eu qu'une rangée, nous aurions pu employer le nom de serti calibré, mais trois rangées de saphirs calibrés, c'est du serti invisible!!



Nous en arrivons à 1938: 
A partir du dépôt de brevet de 1936, une modification est apportée par Salomon "dit Charles" Arpels qui déposa ce brevet aux États Unis le 31 mai 1938 en tant "qu'advisor" c'est a dire "Conseiller ou mandataire " de VCA.
Autant Salomon Arpels son père eut un rôle important dans l'éducation de Alfred Van Cleef autant Salomon Arpels dit Charles (c'est à l époque de son dossier de Légion d'honneur qu'apparaît le nom de Charles) n'eut pas un rôle aussi important que celui qu'il s'était attribué au sein de la maison VCA. 
a part les dettes!!!!!

Salomon Arpels père était l'oncle d'Alfred et lorsque Salomon Van Cleef  décéda alors que Alfred n'avait que onze ans, c'est Salomon Arples père qui amena Alfred à ce qu'il devint au point de s'associer avec lui.
C'est certainement Salomon Père qui lui trouve un poste d'apprenti, chez David et Grosgogeat (et non David et Grosgeat comme l'ont écrit nombre de Spécialistes de VCA) et que ces derniers se sont aperçus que ce jeune homme avait de grandes qualités.
Mélanie et Thérese Mayer étaient demi-soeurs, le fils de Mélanie Mayer épouse de Salomon Van Cleef épouse la fille de Thérèse Mayer épouse de Salomon Arpels, c'est traditionnel dans la communauté juive.
Alfred Arpels épouse Esther Arpels le 8 juin 1895
Salomon Arpels aide son gendre, et s'associe avec lui en 1896, mais il meurt en 1903, et ses fils, en possession de ses parts rentrent dans la société d'Alfred.






Ce dessin de René Sim Lacaze  se trouve dans la publicité de fin 1936, et fut réalisé en pierre de couleurs et même en émeraudes ce qui est un exploit en soi.





Voici le dessin de 1936 pour cette bague boule   qui se trouve sur la page de publicité "Serti mystérieux"





Mais il n'était pas possible à l époque de réaliser cette bague avec des diamants en serti invisible, les lapidaires n'avaient pas les instruments pour tailler dans le diamant d'aussi fines coupes, alors il fallut attendre 2002 pour que Van Cleef sous l'impulsion de Mr Stanislas de Quercize nous offre cette bague. Il faut reconnaître à Monsieur De Quercize le mérite d'avoir repris la fabrication de belles pièces en "serti mystérieux" ne serait ce que pour conserver notre savoir faire et celui de nos lapidaires comme Grospiron de Paris et nos sertisseurs. 


Je laisse le soin aux spécialistes de la langue anglaise le soin de traduire




Voici en 1939, une belle publicité de bijoux en serti invisible (source BNF Gallica France)

En résumé, s'il apparaît que Jean Baptiste Chaumet en ait eu l'idée, c'est bien la maison Van Cleef qui mit au point la réalisation du serti des pierres précieuses ou il est impossible de voir la technique du sertissage, ce qui adapté a un langage publicitaire ou plus compréhensible par la clientèle donne les appellations de "Serti Invisible" ou "Serti mystérieux"

Un commentaire est toujours le bienvenu, j y répondrais.

samedi 15 avril 2017

BOUCHERON avait une succursale à Marseille en 1902


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C'est une vraie découverte, la Maison Boucheron ne le savait pas.
Boucheron de la place Vendôme eut une succursale à Marseille au début du 20 ème siècle.
A l époque grand port sur la méditerranée, vers les  "colonies",  deuxième ville de France, les autres joailliers de la place Vendôme vont bientôt descendre eux aussi dans le sud, mais le Sud Est, Cannes Nice, Monte Carlo.
En 1902 décès de Frédéric Boucheron, à 71 ans seulement.


La Revue de la bijouterie Joaillerie Orfèvrerie publia à l'époque cet article :

Nous avons appris avec une bien douloureuse surprise que M. Frédéric Boucheron, commandeur de la Légion d'honneur, président honoraire de la Chambre syndicale de la BijouterieJoaillerie-Orfèvrerie de Paris, ainsi que de la Société de Retraite «La Fraternelle», etc., était décédé le 20 août, à l'âge de 71 ans, en son domicile, 47, avenue du Bois-de-Boulogne.
Nous ne rappellerons pas ici la situation prépondérante occupée par M. Boucheron dans la corporation, et la longue et brillante carrière qu'il a fournie pour la plus grande gloire de nos industries en France et à l'étranger, non plus que les qualités d'intelligence, de bonté et de générosité, qui faisaient de lui une personnalité aussi éminente que sympathique. Les discours prononcés sur sa tombe, et qu'on trouvera plus loin, rappellent d'ailleurs les états de service exceptionnels de celui qui fut l'honneur et le bienfaiteur de la Corporation.
Les obsèques ont eu lieu à l'église Saint-Honoré-d'Eylau, qui était trop petite pour contenir l'affluence énorme d'amis venus pour rendre un dernier hommage à cet homme de bien.
Non seulement toutes les notabilités de la Bijouterie étaient présentes, mais quantité d'ouvriers et d'employés avaient tenu à témoigner par leur présence de l'affection qu'ils éprouvaient pour M. Boucheron.


J ai déja écris sur la Maison Boucheron, sur Louis, et Frédéric:


Il y a quelques mois je cherchais des indications sur cette belle plaque à la mémoire de Frédéric Boucheron. Cette plaque offerte par la profession à travers ses instances professionnelles date de 1904. Je découvris dans un annuaire cette installation  à Marseille, au vu des documents que ' ai pu trouver, c'est Louis Boucheron qui créa cette succursale. 


Et c'est aussi dans "l'indicateur Marseillais "de 1904  que la Maison était mentionnée


Je fis d'autres découvertes, par exemple  cette modification des statuts datant de 1905, Frédéric Boucheron avait commencé en 1858 dans la galerie de Valois au Palais Royal,  là ou se trouvaient tous les joailliers de l'époque. Difficilement car il manquait "d'argent" .
D'après Vever je note  le pronostic pessimiste, de M. Deschamps son patron,qui avait dit : « M. Frédéric est un excellent commis, mais il n'a pas l'étoffe nécessaire pour faire un patron. »

Il se trouvait entre l actuel "Serge Lutens" et la boutique "Pierre Hardy.





Son magasin allait du 151 au 154 galerie de Valois , il couvrait donc 4 arcades à un moment, Frédéric Boucheron avait d'abord ouvert sa boutique, puis  son atelier quelques années plus tard.  En 1865, il s'adjoint son neveu Georges Radius, qui restera dans la maison jusqu'en 1919.
C'est en 1866 Frédéric Boucheron loue un atelier en 1866 Rue Radziwill, une rue qui fut supprimée en 1883 pour dégager les abords du Palais Royal
C'est aussi en 1866 que Boucheron loue le N° 151 et c'est en 1873 qu'on ajoute le 153 et 154 et ce sont à un moment??? que pour garder quatre arcades on libère le 150
En 1893, Frédéric Boucheron s’installe au 26 place Vendôme. Boucheron est la plus ancienne maison de joaillerie installée Place Vendôme
Fredéric Boucheron ouvre une boutique à Moscou en 1897 et la referme en 1911,  il confie au Joaillier Tillanders originaire de Finlande, la gestion de son stock, afin de diffuser ses produits. Celui-ci s'installe à Saint Petersbourg jusqu'à la révolution russe de 1917. En 1903, c'est l'ouverture d'un magasin à Londres et d'un bureau à New York , alors Marseille ??? quelle année???  1904 , non car il y a un décalage d'un an voire deux avant d'être inscrit dans l annuaire (Temps de fabrication et d impression de l'époque) donc, c'est 1902 où 1903.



Boucheron est toujours a Marseille en 1905

Pendant un temps je m'étais dit  que, (puisqu'il n'y avait aucune trace d'une implantation à Marseille ),  la maison Boucheron actuelle n'en connaissait pas l existence, c'était peut être tout bêtement un autre Joaillier marseillais qui s'appelait aussi Boucheron? D'autre part le registre du commerce n'ayant pas encore été institué (loi de 1919) il n'existe aucun document permettant d'avoir des informations sur les commerces


Mais en cherchant dans l indicateur Marseillais de 1906, aucun doute possible c'est notre grand Joaillier Parisien.



Et si Boucheron  était venu à Marseille pour l'exposition Coloniale de 1906 ?



Je trouve Boucheron Paris-Marseille de nouveau en 1907


En 1907 dans l indicateur Marseillais  au 29 Boucheron, et en étage, un Charles Bordinckx rentier


Hasard étonnant , ce diamant gravé sur une bague de Boucheron  ainsi que tous les autres diamants gravés que Boucheron utilisa,  furent taillés par Charles Bordinckx. On peut se poser la question,  aurait il pris sa retraite à Marseille, lui qui au départ venait d'Anvers?

Apparemment ce ne serait pas le cas, en effet Pierre Charles Bordinckx est né a Anvers en 1826, il s'est installé à Paris en 1878-1879 mais il est mort en 1892, c'est son fils qui lui succède , alors , est ce lui qui serait parti en retraite en 1903 à Marseille.....Pourquoi pas.




En 1900 pourquoi s'installer Cours Pierre Puget à Marseille?
 C'est un quartier neuf, c'est  une voie située dans le 6 ème arrondissement de Marseille  elle relie la place Estrangin à la colline Pierre Puget  à la rue du Commandant de Surian, en passant devant le Palais de Justice.  Le cours, créé en 1800 par le préfet Delacroix qui institue des ateliers pour donner du travail aux habitants de la commune et qui sont employés pour la création de ce cours qui portera le nom de cours Bonaparte. Une colonne de granit surmontée d’un buste de Bonaparte est placée dans la partie haute du cours. À la chute de l’Empire, le buste de Napoléon est abattu.(Wikipedia)



Colline Pierre Puget

Boucheron était  installé, en face du nouveau Palais de Justice inauguré en 1862 seulement.
Les recherches effectuées à mon intention dans les matrices cadastrales par les archives départementales des bouches du rhone,  indiquent que le double immeuble 29-31 cours Pierre Puget, a été construit en 1869 et est la propriété (bien propre) depuis 1902  de madame Chambon, née Jeanne Eugénie Roussel, épouse de l'armateur Jean Marie Chambon qui y réside à l'époque. Dans le journal de Marseille "La Vedette" du 1 er décembre 1906,  j'ai pu lire:
Nous enregistrons avec peine la mort de Mme veuve Jean-Marie Chambon, née Roussel, et nous présentons nos sincères condoléances à ses enfants, ainsi qu'à Mr et Mme Laurent Chambon et à leur famille.
Le recensement  quinquénal de 1906, le seul pertinent pour ces recherches permet de voir que le N° 31 correspond à l' hôtel particulier habité par la famille Chambon et ses domestiques tandis que le N° 29 est un immeuble de rapport divisé en quatre appartements loués. Le magasin n'y est évidemment pas indiqué puisque personne n'y réside.
Aucun des quatre locataires n'exerçant la profession de bijoutier ( sauf peut-être Charles Bordinckx?) 
il n'est donc pas possible de connaître son nom par ce biais, nom qui n'est pas indiqué non plus dans l 'indicateur Marseillais.    Un grand merci aux archives départementales de Marseille


Et du palais de Justice de Marseille ?  
Voici de nos jours ce qu' on voit de l'immeuble où était installé Boucheron, (Ah! quelle beauté ce mobilier urbain moderne!) et le 29 cours Puget est caché par le 27, N° et adresse de cette station Uvale, quitte à visiter Marseille, elle  mérite qu'on s'y attarde.


Avec la bicoque du Quai du Port, la station uvale du Cours Pierre Puget est la dernière héritière de cette longue tradition qui fût par le passé déclarée d’intérêt public par l’état et thérapeutique par nos grand-mères afin de bien passer l’hiver. Avant que sa consommation ne revienne à la mode dans les cures de détox vantées dans tous les magazines, le régime aux raisins était déjà salué pour ses qualités nutritives et ses propriétés médicinales (le Larousse recommandant même sa consommation pour la constipation, la dyspepsie et la goutte). Cela fait maintenant trente et un ans que Maryse et Eugène perpétuent cette coutume et désaltèrent curistes et buveurs occasionnels. Avocats et passants se retrouvent donc accoudés directement au comptoir du kiosque qui ne possède ni chaise ni table pour se délecter de leurs délicieux jus de fruits et des histoires de la patronne. Car face au Palais de justice, elle en a vu des vertes et des pas mûres. Des anecdotes bien sûr et non pas des fruits puisqu’ils ont été achetés le matin même par son mari sur les marchés à des producteurs de la région (comme à Vedène pour le raisin lors des vendanges) Des produits frais uniquement de saison que Maryse pressera devant vous pour une fraîcheur sans égal. Testez l’ananas-orange ou le melon-pêche, si l’arrivage le permet, ce  sont nos musts.http://love-spots.com/bars-marseille



C'est ce que cache la station Uvale,  le seul immeuble qui ait au rez de chaussée ces trois fenêtres en arrondi, et de tout ce que je viens d'expliquer, nous indique que ce sont certainement les vitrines de la grande Maison de la place Vendome: la Maison Boucheron:


Puis ces trois photos de l intérieur de l immeuble dont malheureusement je ne trouve plus le site ou je les ai emprunté.


C'était un site de location de bureaux a Marseille  et je ne retrouve plus le nom


Donc , si quelqu'un reconnaissait cet intérieur du cadre ou vécut la Maison Boucheron, et que cette indiscrétion gêne, je suis prêt à supprimer ces photos de mon article . richard.jeanjacques@gmail.com




Je profite de cet article pour publier 2 pages du dossier de la légion d honneur du neveu de Boucheron Mr Radius , qui fut une personnalité importante de la maison Boucheron


Il existe toujours une famille Chambon , armateur à Marseille, peut être lira t elle cet article et peut être aura t elle des commentaires à apporter??

Des commentaires, ci-dessous:..... ou richard.jeanjacques@gmail.com