samedi 4 février 2017

La Saga ou la Story telling des joailliers Chaumet.

Le storytelling est littéralement le fait de raconter une histoire à des fins de communication.
Dans un contexte marketing, le storytelling est le plus souvent le fait d'utiliser le récit dans la communication publicitaire.


Joseph Chaumet s'était approprié l' histoire des ateliers de joaillerie qui avaient précédé celui de son beau père, j'ai essayé d'attribuer les mérites de chacun.
Joseph Chaumet avait succédé à Prosper Morel , qui succédait a Jean Valentin Morel mais ce n'était pas la même affaire, lequel avait repris l atelier des Fossin , qui lui meme avait repris l atelier des Nitot, on pourrait ainsi remonter à Saint Eloi.

Boileau écrivit:
Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.

vendredi 3 février 2017

L Affaire Chaumet, un scandale étouffé.

L histoire des Chaumet c'est la "loi des générations"
"La première génération construit, la deuxième développe et la troisième vend"......
d'autres moins respectueux diraient:
"Le père était un aigle, le fils était un faucon, le petit-fils est un vrai..."




Masque de Sodalite, nacre, diamants et vermeil, pied en cristal de roche.
Les photos de cet article sont tirées du catalogue de la liquidation judiciaire de Chaumet par Maître Dominique Watine Arnault en 1994. Photographe Pierre Sabatier

Tout a été très vite
10 juin - 10 juillet 1987 Faillite frauduleuse de la joaillerie Chaumet:


Le 10 juin 1987, l'administrateur provisoire chargé, depuis le 19 mai, de gérer la joaillerie Chaumet dépose finalement le bilan devant le tribunal de commerce de Paris. Le montant du passif serait supérieur à 1,5 milliard de francs, soit trois fois le chiffre d'affaires. notamment à cause des lourdes pertes dans leur activité d'achat et de revente de diamants, suite à la chute du cours mondialEn raison de la nature de ses activités, le célèbre joaillier de la place Vendôme compte parmi ses créanciers plusieurs personnalités, dont le président zaïrois Mobutu, le roi Hassan II du Maroc, ainsi que le garde des Sceaux Albin Chalandon.
Malré cela le ménage a été nbien fait, internet ne propose presque rien, pas de photos, peu d'articles de presse, étonnant.


Toucan en nacre, cristal de roche, sodalite, et vermeil

Le 13 juin 1987, les frères Jacques et Pierre Chaumet, propriétaires de la joaillerie, sont incarcérés et inculpés de « banqueroute, abus de confiance et escroquerie ».  les fils de Marcel Chaumet, Jacques et Pierre avaient été  nommés directeurs exécutifs de la maison, en 1958.
ils sont condamnés respectivement à cinq ans d’emprisonnement, dont deux ferme, et quatre ans dont six mois ferme, suite au verdict rendu en décembre 1991. Leur peine est allégée par la Cour d'Appel de Paris à six mois de prison, purgés en détention provisoire Le 10 juillet, le groupe Investcorp, société à capitaux arabes, propriétaire de la joaillerie américaine Tiffany's, est choisi par le tribunal de commerce pour reprendre la joaillerie en faillite.

Comment en est on arrivés là?


Jacques et Pierre Chaumet

"L'affaire " était économique, bien sûr,  mais elle était aussi politique et si le tribunal de commerce a réglé les choses aussi vite  c'était pour éteindre l incendie qui se propageait.
Cependant 30 ans après les gens du métier devant qui on prononce ce nom leur en veulent pour l 'image qu ils ont donnée de leur profession et le tort causé au commerce du diamant.
De plus il y a longtemps qu'ils auraient du déposer leur bilan et ils auraient pu continuer eux même en s 'entourant de conseillers, mais l orgueil!!!
Il y eut des signes avant coureurs avec les crises diverses comme celle de des barils de brut. 
Le pétrole voyait ses cours chuter et quand l'or noir baisse, l'or jaune dégringole  ce qui entraîna  d'autres crises dont celle du diamant.



Cliquez pour agrandir toutes les photographies
Coupe Libellule en cristal de roche or et diamants


Grand perroquet en vermeil, nacre, jaspe, cristal de roche, vermeil 61 cm

Cartier, avec Alain Dominique Perrin, eut la prudence, ou le génie,  de se diversifier en créant de nouvelles lignes à des prix modérés, mais les frères Chaumet se sont enfermés dans leur tour d'ivoire et sont restés sur une collection très exceptionnelle pour Rois et Reines, dictateurs et potentats qui sont souvent de mauvais payeurs.
Mais une fois passée la surprise, on s'aperçut que les deux frères Chaumet avaient fait des acrobaties comptables, de la cavalerie. Ils ont escroqué les banques en nantissant des emprunts avec des pierres qui leur avaient été remises en dépôt, et qui ne leur appartenaient pas. Ils étaient entrés dans une spirale infernale.


Paire de coupes en Malachite, or, onyx, corail.


Lapis Lazuli, or, diamants, rubis, marbre noir

Ils avaient consentis aussi des prêts sur des pierres qui leur étaient confiées à la vente, et sur lesquelles ils versaient des intérêts élevés. Une centaine de clients, dont le ministre de la Justice Albin Chalandon, disposaient ainsi de comptes courants rémunérés. 
Les frères se tairont, ce sont de grands bourgeois, fournisseurs certes, mais admis à la table, voire confidents des familles nobiliaires et princières de l’univers comme des riches parvenus, mais aussi des politiques pas toujours "clairs" les Marcos, Mobutu, Hassan II, et  des diamantaires affairistes, de drôles d'intermédiaires prêteurs sur gages et le meilleur monde de la finance, des affaires, de la politique et de la haute administration.



Cristal de roche, or jaune lapis lazuli, 

Grâce aux deux générations précédentes ils font partie du pouvoir établi, de la classe dirigeante, des gens en place, donc discrets qui inspirent confiance.
Ils sont admis à la table des Rois mais Jacques, l'aîné s'est surtout taillé une belle réputation dans les restaurants étoilés. Jacques aime les bons vins, la bonne chère,  et des deux frères c'est lui le public relation de la maison. Une tête de brave homme mais rusé, alors que Pierre est dans l'ombre de Jacques, le technicien le spécialiste des pierres précieuses prêt à courir le monde pour dénicher la merveille qui satisfera ses clients très fortunés.


Pendule portique en argent, platine, bronze diamants, Lapis
Gravée Chaumet et Breguet


Pendule mystérieuse, cristal de roche, or, lapis, nacre, diamants.

Au départ, ils sont titulaires tous deux du baccalauréat, mais ils sont tombés dans le métier tout petits.
Ils ont épousé deux soeurs,  Christiane Hüe avec Jacques ,et Michelle Hüe avec Pierre , elles sont filles d'un grand bourgeois, monsieur Hüe, Officier de la Légion d Honneur et Croix de Guerre.
Jacques habite en lisière du bois de Boulogne , Pierre a Neuilly, ils sortent peu, passent leur week-end, à Montfort l'Amaury,  la messe le Dimanche , le golf , le tir  aux pigeons (très sélect) du bois de Boulogne .
Que deviennent Jacques et Pierre? en 2017 ils doivent avoir 91 ans et 93 ans.
  

Les vacances se passent en famille  ou dans la Villa de Saint Jean de Luz ou à la Villa du bassin d'Arcachon.
S'ils sont très discrets dans leur vie privée, en revanche à la Joaillerie ce sont des patrons durs .
Les salariés en savent quelque chose, l'esprit de classe existe, la plupart des clients ont affaire aux grands vendeurs, mais les frères gardent pour eux les grands clients, quoi de plus normal après tout.



Or jaune et diamants, cliquez, sur toutes les photos pour agrandir.


Bague saphirs, diamants, platine et or gris



Ils aimaient les titres, les hautes fonctions, "comité Colbert" "présidence de la haute joaillerie" tribunal de commerce, vice président des experts en joaillerie pres la cour d appel de Paris.
1971
Le 10 juillet 1971, un evènement va conforter l importance de la relation des Chaumet avec le Roi Hassan II.
La maison Chaumet est fournisseur depuis longtemps des dirigeants du Maroc, mais ce jour là, le Roi Hassan II fête son 42 eme anniversaire dans son palais d’été à Skhirat, le Roi a invité sept cent personnes environ ils accourent du monde entier et Pierre Chaumet est venu avec un jeune collaborateur, comme il a le même age que moi, il a donc 29 ans.en cette année 1971.
Peu disert, je le connais depuis 44 ans , mais il se souvient très bien de cette folle aventure,
C’est la fête, les invités sont en train de déjeuner quand soudain à 14heures 08, font irruption plus de 1000 cadets de l école militaire des sous officiers, qui tirent sur les invités.
Les gens courent, partent dans tous les sens . Cet ami coure lui aussi, se réfugie dans le coffre d'une voiture, c’est comme dans un rêve, la puissance de feu de ces 1400 cadets plus les officiers qui les commandent, le tétanise, Le temps lui paraît extrêmement long, mais par chance il n’est pas touché. Il attend !!


Collier souple en or jaune et diamants

Les gens fuyaient  par la plage

Skhirat c'est un petit palais sur un terrain de golf en bord de mer. Alors sur le green, les jardiniers, les joueurs, les caddies se font tuer à bout portant.
Pendant ce temps Le Roi est parti dès qu'il a vu une grenade rouler sous la table de Louis Joxe ancien ministre du général De Gaulle. Le Roi s'est réfugié dans ce qu’on appelle officiellement un dressing room,  pierre Doublet de l' express écrit que c'est un lavabo, Oufkir son ministre de l'intérieur l'accompagne ainsi que quelques marocains et quelques français, quatorze personnes en tout dont Pierre Chaumet ils sont allongés par terre , les balles sifflent au dessus de leur tête.
Veut on le tuer? On ne le saura jamais. Du moins, jamais par le canal d'Oufkir et des «aveux» qu'il citera trois jours plus tard. Très vite, après le début de l'attaque, le général Medbouh a vu cette porte fermée. Il est venu frapper. Il a demandé au roi de le suivre. «Pour parlementer.» Pour l'abattre, ou vraiment pour négocier une abdication, ou une investiture des putschistes? Le roi a répondu: «Je n'ai pas à vous suivre.» Il est resté enfermé. Devant la porte, aussitôt, Medbouh a placé une sentinelle: «Que personne n'entre! Que personne ne sorte!» (pierre Doublet)
Restent, à Skhirat, une centaine de gardes, désorientés, perdus, ne sachant plus du tout ce qu'ils font là. Quand ils retrouveront enfin le roi dans son réduit, vers 16 h 45, ils l'en feront sortir, sans le reconnaître, les mains croisées sur la tête. Puis ils verront qu'il est le roi. Ils lui baiseront la main, réciteront avec lui la première sourate du Coran: «Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux?» et crieront: Yahia el Malik! («Vive le roi!») dans les jardins où gisent, çà et là, une bonne centaine de cadavres. (pierre Doublet)
 Pierre Chaumet et le Roi sont sauvés, une amitié vient de naître.


Bague émeraude diamants et bague rubis birman.



Une gestion étonnante:
95% était réalisé avec une soixantaine de clients, les 5% avec les 3000 clients restants. Leurs concurrents avaient compris depuis longtemps  qu'ils devaient se reconvertir et se lancer dans une stratégie industrielle.
Ils essaient mais ne réussissent pas leur reconversion, ils se replient sur eux meme, sur leur passé, sur leur soi-disant  200 ans d'existence, en admirant les pièces fabriquées qu'ils ont rachetées à grand frais dans la salle des diadèmes ou leurs coffres.
Par exemple en 1975, ils ont déjà des difficultés et ils créent une filiale à Geneve, pour leur permettre de passer des contrats avec des sociétés panaméennes etc et ainsi couvrir les stocks qui stagnent dans leurs coffres.
Quand ils décident de monter une filiale en 1984 à New York aux États-Unis dans la pire des conjonctures c'est irréfléchi . Ils avaient déja Genève, Londres Bruxelles.
Avec un atelier de quarante-cinq personnes à Paris, un volant de soixante vendeurs, plus une centaine d'employés dans les filiales, New York compris, les charges étaient particulièrement élevées.
Alors que Boucheron, Cartier, Fred et un grand nombre de leurs voisins de la place Vendôme ont pris des mesures  pour contrer l effondrement des cours du diamant, les Chaumet continuent de rêver.
Pas tout à fait quand même  puisqu'ils font une donation partage de 20 millions de francs environ au profit de leurs enfants en 1982. (Alain Barbanel: l'Affaire Chaumet)
Alors quand ils déclarent au journaliste de l express le 18-12-1987 "oui nous nous sommes trompés sur l analyse de l'évolution du marché"!!


Or jaune et diamants 35 carats environ


Diamants taille émeraude de 5 ct 42 et 4 ct45


Diamant ovale 7.04 carats

Le placement Diamant.

Un spécialiste explique cette soudaine banqueroute disant: «En se lançant dans le diamant-placement et en promettant 20% de rapport par an, les Chaumet ont changé de métier. Ils se sont transformés en banquiers. 
Dans les années 1980, la Maison  Chaumet connaît de graves difficultés. Avec la chute des cours du pétrole, la clientèle moyen-orientale devient rare. Que faire ? la promesse de verser des intérêts élevés aux clients qui leur achèterait du diamant.
C'est une hérésie car le diamant ne rapporte aucun revenu. Les frères Chaumet ont dit avoir commencé ce programme dans les années 1970, lorsque le prix des diamants a été en forte augmentation.L'argent manquait de par leur mauvaise gestion, des officines lançait l idée que le diamant  était un placement, les deux frères Chaumet se précipitent sur cette occasion, le meilleur moyen de faire de l' argent facile c'est la spéculation, donc ils spéculent sur le diamant. De là on se dirige petit a petit vers les prêts usuraires, la fraude et l évasion fiscale .



Diamant solitaire 9 carats28 couleur F pureté SI1





Jacques Chaumet qui  rappelons le, cumule les titres dans la profession et a même fait partie du conseil consultatif de la Banque de France, est le grand notable de la place Vendôme. 
Notable certes, mais il n'est  pas bon gestionnaire pour autant . Cette vogue du diamant-placement fait des ravages en Francs jusqu'au début des années 80. La pierre précieuse n'est plus seulement une parure, mais un investissement: on la vend scellée sur une petite plaquette, à ranger, sans y toucher, au fond de son coffre-fort. Les cours montent sous l'effet de la spéculation. C'est l'heure de gloire d'officines plus ou moins douteuses qui promettent des plus-values faramineuses. Certaines s'engagent même à reprendre les pierres au prix auquel elles les ont vendues (si on en prend une autre plus grosse  à la place)



Collier 30 carats environ or jaune


Perle fine de 14 carats 76


Diamants coeur 5carats47  D VS2 saphir 5ct95

Un professionnel de la joaillerie expliquait
 « Il y a toujours eu une absence de réglementation de la publication des cours du diamant.Ce qui s’est passé dans les années 80 ? Des vendeurs peu scrupuleux se sont mis à vendre du diamant et ont créé un petit business qui complètement discrédité la profession.Ils se sont mis à vendre des diamants sans aucune déontologie, sans aucune rigueur. Il régnait alors une absence totale de règles, les cotations étaient complètement artificielles et les marges abusives.
Plus il y avait de vendeurs, plus il y avait de diamants mis en vente et plus les prix montaient.Le problème est qu’ils se sont tous mis à vendre du diamant d’1 carat ; la demande créée, alimentée et stimulée par la presse financière, était tellement forte qu’1 diamant de 1 carat coûtait plus cher qu’un diamant de 1,25 carat. L’union des diamantaires créait sa propre cote et c’était n’importe quoi.A cette époque, ce qu’on appelle maintenant familièrement le boursicotage était devenu grand public.
Pour acheter de l’or, un bien immobilier, une voiture ou du vin, on a des cours officiels, mais pour le diamant, on a strictement rien, à par les prix publiés par  le Rappaport pour les professionnels. 
En 1978, le problème était que les prix affichés incluaient la marge des professionnels à l’intérieur. Du coup, il était très difficile de revendre les produits et cela a fini par créer un engorgement sur le marché, c’est notamment ce qui a causé une bulle. Un diamant n’est revendable que si son prix est dépourvu de toute commission commerciale, de toute marge. Qu’on vende ou qu’on achète, on doit toujours séparer la facture en deux, l’une avec le prix du produit brut et l’autre avec la commission professionnelle.



Rubis birman de 6 carats 21




Pourtant Chaumet plus tard, va continuer a proposer  à ses clients-amis des placements  en espèces (évidemment non-déclarés) en leur assurant un bénéfice de 20% par an!!
Entre les faits et les procès, certains ont profité du système, surtout les banquiers qui se tairont bien évidemment,  les frères sont par leurs actes coupables, ce sont des escrocs, mais la loi du silence des banquiers  tient du même procédé  que celui des politiques, Cela va mal, c'est le scandale annoncé, donc les coupables étant désignés, tous se taisent le temps que le ménage se fasse pendant qu'on emprisonne les deux frères.
Mais le gouffre calculé par le tribunal de commerce s'élève  à 1 milliard 6 et peut être à  deux milliards de francs, ou est passé cet argent? Il semblerait qu'il ne soit pas perdus pour tout le monde.
Cette princesse arabe de sang royal qui achète Chez chaumet un bijou de 20 millions de francs , qui ne peut ou ne veut payer qui retourne dans son pays avec le bijou!!!!!
Les freres Chaumet saisissent la justice, mais enfin!!! c'est une princesse, et malgré leurs relations, ils ne sont que fournisseurs et ils devront se contenter d'un chèque de 6 millions. La différence avec la facture de leur fournisseur, c'est pour leur société. L ennui est que personne ne connait le nombre de Rois, Princesses, notables, escrocs qui seraient dans la même situation car les deux frères se taisent.


Bracelet 39 carats  Broche 23 carats




Emeraude rectangulaire 9carats 82

Ils sont depuis Skihrat, "amis" avec le Roi Hassan II, mais de là à réclamer une facture très lourde au Roi qui ne paye pas!!!! le canard enchainé fixe la dette entre 20 e 70 millions, mais silence de la justice sur ces sommes.
Que dire aussi du président Mobutu Sese qui ne paye pas non plus  car une  grave crise économique secoue le Zaïre et accentue une crise politique et une révolte latente, entre un peuple qui a faim et un chef multi-milliardaire complètement mégalo qui a utilisé la corruption comme mode de gouvernement.
Alain Barbanel dans son excellent livre "l affaire Chaumet" signale d'autres princes arabes, mais les noms dans les comptes secrets de Chaumet  ne sont pas en clair.
par exemple: Taix Okim, ou Pecho Polo, Trigatna Erou, Menerz Saint Lazare etc etc .

Pour freiner la chute ils demandent à leurs amis client ou clients amis d'acheter des diamants ou des bijoux sur lesquels ils s'engagent "oralement" à leur offrir une plus-value en cas de revente.
Ils étendent le système en leur proposant la technique du dépot vente. et c'est ainsi que des politiques comme Chalandon se retrouveront pris au piège surtout comme victime.



On leur avait promis l' anonymat, mais!!! 
On leur avait promis aussi d'échapper  au fisc, et en plus de faire passer ces capitaux en Suisse grâce à la filiale suisse .
Ils pouvaient déposer des fonds au crédit Suisse et croire que les frères pourraient les rapatrier en France.
Les vraies sommes ne seront certainement jamais connues mais :
les remises occultes d'éspeces effectuées par des particuliers sur soixante quatorze comptes rémunérateurs d' intérets atteindraient ainsi 112 millions de francs en 186 le tout en fausses facturations de pierres et de bijoux (Alain Barbanel)

Alors le Fisc?:  rien!
Ils ont été piègés comme les clients, la douane, le commissaire aux comptes, l' inspecteur central du fisc, les fournisseurs grâce à la technique des "confiés" etc, etc 
Tous savaient depuis quelques années que la catastrophe était imminente.





Navette diamant 5carats10, couleur D pur à la loupe 10 fois

Perte d'argent mais en 1985 la famille vote le paiement d'un dividende de 2,4 millions pour rémunérer les actionnaires Madame Veuve Marcel Chaumet et ses trois enfants Jacques Chaumet, Pierre Chaumet et Thérèse chaumet

Des gens comme Jean Yves Haberer interviennent auprès de banquiers pour renflouer l entreprise  mais en 1987 ces 12 banques apprendront de la bouche de Jean Yves Haberer que les Chaumet n'ont plus un sou.
Jean-Yves Haberer, né 1932 est un inspecteur des finances, directeur de plusieurs cabinets ministeriels,directeur du trésor à partir de 1978, président de Paribas en 1982-1986, puis du Crédit Lyonnais en 1988-1993 dont il est tenu responsable de la retentissante quasi-faillite. Le désastre du Crédit lyonnais est décrit comme l'un des plus grands scandales financiers de l'Histoire.


Les frères ont menti aux Banquiers, à tous les clients, même à des  truands Niçois, fournisseurs, etc donc ce ne sont que des escrocs.
Quand on commence a faire de la cavalerie, on ne s'arrête plus, à la fin, ils ont attribué dans les comptes de certains clients des joyaux dont ces clients n ont jamais vu la couleur, ainsi même le Minsitre de la Justice Albin Chalandon s'est vu attribuer une bague émeraude de 8 carats 60 entourée de diamants  il n'en savait rien.
Ce bijou avait été acheté au joaillier Londonien  Mr Graff  par un citoyen Belge en 1980.
Ce Belge, en 1981, la confie aux Chaumet pour une remise à taille, puis le belge désire la mettre en vente et demande aux Chaumet de s'en occuper. Six ans après le bijou est censé être toujours entre les mains des Chaumet qui cavalerie oblige falsifient les écritures pour attribuer la propriété de la bague au ministre Albin  Chalandon le 19-1-1986. Les frères Chaumet lui doivent déjà 8.800.000 frs. 
Question? ou est la bague?
Matignon avec Chirac et d'autres essaient d intervenir mais c'est trop tard le 10 juin 1987 le bilan est déposé, un expert est nommé.





Emeraude 5carats 87

Le 14 juin 1987 les héritiers Chaumet sont convaincus de « banqueroute, escroquerie, abus de confiance et exercice illégal de la profession de banquier"

Convaincus de « banqueroute, escroquerie, abus de confiance et exercice illégal de la profession de banquier " les deux frères Chaumet se sont vus infliger hier des peines de prison fermes par la 11ème Chambre correctionnelle de Paris. Jacques écope de cinq ans de prison dont trois avec sursis, assortis d'une amende de 500.000 francs et de vingt ans de faillite personnelle. Le verdict est également sévère pour Pierre condamné à quatre ans de prison dont trente mois avec sursis, et à une amende équivalente, également assortie de vingt ans de faillite.
« Jacques et Pierre Chaumet ont conduit à la ruine une des plus célèbres joailleries, non seulement du monde mais de l'histoire (...) et ont commis toutes les malversations possibles dans l'exercice de leur profession ", a déclaré le Président Bernard Peyrat. Les deux principaux protagonistes de cette faillite qui a défrayé la chronique en 1987 n'ont fait aucune déclaration et n'ont en particulier pas indiqué s'ils comptaient faire appel du jugement.
Six autres personnes salariés de la maison ont été condamnés à des peines de prison avec sursis de 3 à 18 mois et à des amendes de 10.000 à 100.000 francs. Le tribunal a évalué environ 400 millions de francs les sommes détournées ou escroquées et a estimé à 100 millions les sommes perçues indûment par l'exercice illégal de la profession de banquier.
Les dommages et intérêts accordés aux banques portées parties civile, sont très faibles: environ 1,3 million de francs. Le tribunal correctionnel ne pouvant pas ordonner le remboursement de sommes qui seront peut-être recouvrées à l'issue de la procédure de faillite.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/18/12/1991/LesEchos/16038-047-ECH_prison-ferme-pour-les-freres-chaumet.htm#A5LFoeAxuAVGeOuR.99"18-11-1991 journal les Echos"

Le 8 janvier 1993 dans  le journal l humanité :
LES FRERES CHAUMET EN APPEL.Les frères Jacques et Pierre Chaumet ont demandé, hier, «l'indulgence» à la 9e chambre de la cour d'appel de Paris, espérant une réduction de leur condamnation en première instance à une peine de prison ferme. Présidée par Jean-Yves Launay, cette chambre réexaminait les faits de banqueroute, escroqueries, abus de confiance et exercice illégal de l'activité d'établissement de crédit qui avaient valu à Jacques Chaumet d'être condamné le 17 décembre 1991 à 5 ans de prison dont trois avec sursis, et à son frère Pierre de se voir infliger 4 ans de prison dont 30 mois avec sursis.Les deux joailliers, qui avaient passé six mois en détention préventive entre le 13 juin et le 11 décembre 1987, avaient été en outre condamnés chacun à 500.000 francs d'amende et à 20 ans de faillite personnelle. Jacques Chaumet a expliqué au nom de son frère et de lui-même qu'ils «ne niaient aucun des faits» reprochés, mais qu'ils en contestaient «l'élément intentionnel». Des huit prévenus qui avaient comparu en 1991, seuls cinq étaient venus contester la décision de la 11ème chambre correctionnelle de Paris.  Ce procès devrait se poursuivre aujourd'hui avec peut-être les premières interventions des 32 parties civiles. L'examen de cette affaire devrait s'achever au terme de quatre autres audiences, le mercredi 20 janvier.

Leur peine est allégée par la Cour d'Appel de Paris à six mois de prison, purgés en détention provisoire

Les Victimes, outre Mr Chalandon ,comprennent des personnages importants mais il n'est possible de recenser que ceux qui sont dans la comptabilité officielle et encore......

Comme par exemple en juillet 1987, un collier est saisi à l'hotel Drouot sur ordre du Juge d' instruction de l affaire Chaumet.

C'est un superbe collier de perles avec un fermoir sur lequel est serti un  diamant. Sur les quatre vingt perles qui le constituaient, trente auraient été confiées aux Chaumet avant le dépot de bilan. L avocat de la propriétaire du collier déclara "Un dépot pour des raisons de sécurité et non un dépot-vente"  La plaignante a déposé plainte pour "Vol, escroquerie et abus de confiance "


Nombre de clients-amis n'ont pas réclamé les bijoux qu'ils avaient confié aux deux frères, certains pour ne pas s'attirer d'ennuis avec le fisc, certains bijoux avaient disparus parce qu'ayant été déposé dans une banque comme caution d'un prêt!!!
D'autres, parce que ceux qui les avaient confié étaient morts, à l instar du Roi d'Espagne Alphonse XIII  qui fût chassé du trône par les Cortès et déchu
Don Alfonso de Borbón será degradado de todas sus dignidades, derechos y títulos, que no podrá ostentar ni dentro ni fuera de España, de los cuales el pueblo español, por boca de sus representantes elegidos para votar las nuevas normas del Estado español, le declara decaído, sin que se pueda reivindicarlos jamás ni para él ni para sus sucesores.

Une dizaine de diamantaires ne retrouvèrent pas les marchandises qu'ils avaient confiés car les Chaumet les avaient laissé en caution de prèt dans des banques!!!! Ce en quoi les Chaumet se conduisait a nouveau en escrocs, puisque cette marchandise ne leur appartenait pas et ils savaient qu'ils trahissaient les règles de déontologie de toute une profession



Tiré du guide Grospiron la règle pour les confiés.




De même qu'ils ne pouvaient ignorer cet arrêté de la cour de Cassation.







Je publie ci-dessous un article du Nouvel Obs de François Caviglioli mais par précaution, je censure certains noms.

Pour résumer, la princesse soutient qu'elle avait confié à la garde des Chaumet un collier de perles estimé à 180 000 dollars. "Pour qu'ils le tiennent au chaud dans leur coffre". Les deux frères affirment au contraire qu'elle les avait charges de le mettre en vente, qu'ils lui ont obei et qu’ils lui ont fait parvenir un acompte de 500 000 ou 600000 francs, ils ne se souviennent plus très bien. Mais ils sont formels, c’était en cash, dans des enveloppes. Peu importe, finalement, qui a raison ou qui a tort,ce qui est frappant c’est ce ton Ancien régime.
Jacques.Chaumet ne peut pas s’empêcher de lui donner son titre, à cette jeune femme qui vient l' accabler alors qu'il se retrouve ruiné et traduit en correctionnelle. Il la contredit, il se défend, mais respectueusement. Il reste à sa place. Quant à la princesse, elle l'appelle Monsieur Jacques avec la familiaritè hautaine d'une grande dame envers son intendant. Elle est peinée et stupéfaite de voir un vieux serviteur lui tenir tête. Elle se croit revenue en 1789. En plein cauchemar.
On devine qu’il y a des choses que la princesse et ses bijoutiers ne se diront jamais en public. Ils ont des secrets, et ce ne sont pas les Chaumet, fournisseurs des ............depuis des générations, qui les trahiront. Ils sont_ fidèles jusque dans l’abandon et le Malheur C’est une querelle domestique, une affaire entre une châtelaine et ses gens, et on se demande pourquoi la justice de la République a été saisie, de quoi elle se mêle, et qu'est-ce qu’elle peut bien comprendre à cette hiérarchie subtile, à ces rapports féodaux.

Elle ne manquait pas de culot, la princesse. Selon les frères Chaumet, elle avait besoin de vendre ce collier de 3l perles pour refaire la toiture de son château ............. Ses braves biioutiers, pour qui la toiture d'un seigneur passe avant tout, se sont mis en quatre . Ils ont fourgué à peu près la moitié des perles à un homme d' affaire italien,...... .... Il a payé, l’Italien. Pourtant, c était un escroc. II est aujourd’hui en prison. Mais, en même temps, la princesse envoyait des lettres aux Chaumet pour leur dire que son collier n'ètait pas à vendre. C°était des lettres destinées à devenir des pièces à conviction.  Si on en croit les accusés, elle mettait ainsi son collier en vente verbalement, et, par ècrit,_elle interdisait de le vendre. Elle jouait sur les deux tableaux. Elle se réservait peut-être la possibilité de réclamer le collier si les Chaumet faisaient faillite,dans la grande curée de la liquidation. Elle pensait dèjà à un futur procès. C'ètait en 1986. La maison Chaumet prenait l’eau, et ça commençait- à se savoir chez ceux qui savent tout.
Pas trèsjoli pour une princesse, si c'est vrai, mais pour l'aristocratie , les fournisseurs ont
toujours été des créatures inférieures avec qui il n'est pas obligatoire de tenir sa parole. 
Des espèces de serfs corvéables à merci dont on néglige de payer les factures. On ne peut plus les payer à coups de bâton, mais on peut encore leur jouer de bons tours.
Les Chaumet ne s'en doutaient pas. Ils fournissaient la noblesse et les têtes couronnées depuis le Premier Empire(sic). Ils se croyaient protégés par leurs illustres clients. Ils ne savaient pas que l’amabilité des grands est trompeuse. Ils remplissaient scrupuleusement leur rôle, qui était de rendre service et d'accourir chapeau bas au premier coup de sonnette. C'est le métier qui veut ça. Un bijou,`ça se porte sur la peau, ce qui fait que le bijoutier, c’est un valet de chambre légèrement anobli par ses fonctions et qu’on admet au petit lever et à la toilette..................





Saphir 32 carats 66

Les créanciers: Madame Pompidou à hauteur de 400.000frs, Jean Poniatowski, une quinzaine de professionnels dont le Joaillier Reza, une dizaine de particuliers, cela fait peu.

Beaucoup avaient intérèt à ne pas porter plainte c'est évident .
Alexandre Reza, négociant en pierres précieuses, figurait parmi les plus gros créanciers de Chaumet, à hauteur de 20 millions de francs. Reza estimait à l'époque que Chaumet lui devait 15,5 millions de francs en dépot de bijoux et pierres précieuses et 4 millions 500,000 frs de créances commerciales.

Jean Poniatowski, avait hérité de sa mère d'un collier, et  l'avait déposé dans un coffre chez Chaumet.

Sa fille devant participer à  une soirée, le père veut lui prêter ce collier en 1987, il se rend chez Chaumet ou on lui explique que le collier a été vendu en 1986. Mr Poniatowski avait pris la précaution de se faire remettre un billet à ordre mais la banque n'a pas voulu le régler, le Canard Enchainé confirme le 17 juin 1987 que ce billet de 810.000 frs n'a pas été honoré. Jean Poniatowski était directeur général de la revue Vogue. Sarah Poniatowski, descendante de l’impératrice Joséphine de Beauharnais et de Talleyrand. Pour ceux qui trop jeunes n’ont jamais entendu parler des Poniatowski, le cousin germain de Jean fût  Michel Poniatowski  ministre de l’Intérieur (1974-1977) sous Giscard D’Estaing. 

Emeraude 23 carats 04


Diamant jonquille naturel de 18 carats 97 pureté VVS1

Des repreneurs: Pouvait on espérer un repreneur Français? Malheureusement  il n'y eut qu'un seul repreneur Français, du moins deux,  Boucheron et Hermes qui se seraient associés si l'affaire avait été conclue, mais Alain Boucheron était essentiellement intéressé par les montres Bréguet que les Chaumet avaient repris en 1970.
Vuitton quelques mois auparavant l' avait envisagé , mais s'était retiré très vite, le groupe saoudien Hariri, mais ils se sont retirés aussi, il semble que leurs experts  avaient découvert un passif plus important que celui annoncé.
Restait Reza et Invest Corp, le tribunal tranchera et choisira Invest Corp . 
Invest Corp va reprendre les filiales Américaine anglaises et suisse pour 1 franc symbolique.
Chaumet avait repris la Maison Wolfers de Bruxelles Mr Descamps a bien voulu me donner des explications claires:
"La filiale Chaumet Bruxelles était une société de droit belge propriétaire de la marque Wolfers. Freddy Wolfers y était resté administrateur avec 1ou 2 % d'actions. Aussi lorsque le tribunal de commerce à décidé de mettre la société en liquidation mon frère et moi avons décidé de racheter le fond de commerce et de faire revivre la marque Wolfers avec Freddy comme administrateur et assurer la pérennité de cette vénérable maison."
Bien cordialement.
Patrick Descamps
Administrateur Wolfers S.A 
Il n'était pas possible de relater tous les faits de filouterie, d' escroquerie, de tromperie, de Jacques et Pierre Chaumet
Un excellent livre sur l affaire; "L AFFAIRE CHAUMET, un dossier sous haute surveillance" éditions Balland.
Le figaro a publié de nombreux articles en 1987
Le Canard enchainé avec Claude Roire et le Nouvels obs avec françois Caviglioli.

L' article qui suit comme la plupart des articles sur la Maison n'est qu'un sommet de "story telling" des publicistes de LVMH, dans Vogue et d'autres journaux.

PARCOURS CHAUMET

Chaumet est une maison de joaillerie française fondée en 1780 par Marie-Etienne Nitot. L’histoire de la maison Chaumet se confond avec l’histoire de France. Tandis que Marie-Etienne Nitot installe son atelier parisien au 12 place VendômeNapoléon épouse Joséphine de Beauharnais. Leur mariage apporte à Chaumet de somptueuses commandes.(c'est un amalgame mensonger comme le reste de l article car les Chaumet n'étaient même pas nés) Au fil des collections, la maison  fidélise une clientèle prestigieuse. A la chute de l'Empire, les successeurs de Marie-Etienne Nitot consacrent le bijou romantique, inspiré des Arts Décoratifs de la Renaissance italienne. Le savoir-faire de la maison Chaumet attire une clientèle composée de peintres, de sculpteurs et d'écrivains. En 1853, Paris renoue avec sa réputation internationale de haut lieu du luxe. Chaumet créé une multitude de joyaux à porter avec de somptueuses robes de bal. Le diadème, emblème social et accessoire de mode, constitue une activité très importante pour la maison. Chaumet réalise ainsi plus de 1500 diadèmes différents.
En savoir plus surhttp://www.vogue.fr/thevoguelist/thevoguelist/chaumet-/798#46Jbi8PUwFJFXUHM.99
Des remarques, des commentaires, des précisions, vous trouverez la rubrique Commentaires ci- dessous.

vendredi 20 janvier 2017

La vraie Maison de Joaillerie Chaumet, avec Jean Baptiste Chaumet dit Joseph, et Marcel Chaumet

Le Figaro publie un article en 1904 dicté certainement par Jean Baptiste dit Joseph Chaumet, et c'est ainsi qu'on crée les légendes.
Elle fut fondée, vers 1780, par M. Nitot, à qui on doit beaucoup d'oeuvres importantes, parmi lesquelles l'épée du sacre de Napoléon 1er (1804), une tiare pour le Pape Pie VII, des parures pour l'Impératrice, etc. M. Nitot, joaillier de l'Empereur, se retira ,des affaires en 1814.
Comment Mr Nitot en 1780 pouvait savoir qu'il fondait la Maison Chaumet? Fontana?, Breguet?, Wolfers?

Donc étudions de plus près......Le 14 août 1852 naît à Bordeaux Jean Baptiste Chaumet

Cliquez sur toutes les images pour les agrandir

Son père Jean Théodore est Capitaine au long cours, sa mère est Marie Ducot, les témoins sont un portefaix et un cocher.
Nulle part il n'est fait mention d'un Joseph....




Il naît au domicile de son père au 8 rue Pilet , la première maison a droite après le 10, au fond de cette petite rue, le Cours Victor Hugo célèbre à Bordeaux.
Pourquoi, plus tard va-t-il changer son prénom pour celui de Joseph, très catholique, est ce une admiration pour Joseph, le père du Christ?
Je me suis demandé comment ce jeune homme avait eu cette vocation pour la bijouterie alors que rien ne prédestinait ce fils  de capitaine au long cours, chevalier de la Légion d'honneur.



Et puis dans le "courrier des guides et des hôtels "de 1873, je trouve un "Ducot" à Bordeaux qui rachète de l'or, je me replonge dans des recherches généalogiques et je trouve l'arbre généalogique d ' un descendant et effectivement Marie Ducot ,sa mère est bien issue d'une famille importante  de Joailliers de Bordeaux. Et c'est  chez son oncle qu'il commencera à 15 ans son apprentissage de Bijoutier-Joaillier


Ferdinand Ducot était installé au 24 allées de Tourny. Cette adresse m'interpelle.



En effet si on suit cette maison, je découvre qu'en 1895 Ferdinand Ducot trouve un successeur en la personne de Mr Fontan, et cette bijouterie existe toujours.


Juste pour la petite histoire, cette adresse avait attiré mon attention, en effet j'eus il y a plus de trente ans un jeune stagiaire  Frank Bourgeois, dont le père, premier vendeur de la Maison avait succédé à Monsieur Fontan.

Jean Baptiste Chaumet fit son service militaire, il avait bénéficié du volontariat d'un an, et grâce à madame Savard  la femme d un industriel de la Bijouterie (Monsieur Savard créa la marque de bijouterie en plaqué or "Fix")il fut présenté à Monsieur Prosper Morel
Jean Baptiste Chaumet devait avoir des dispositions pour ce métier ou tout simplement son futur beau père, Prosper Morel n'a pas d'héritier mâle,. Ce jeune homme lui plaît, il place sa fille qui a un an de plus que Jean Baptiste, Blanche Marie Morel est née en exil, le 2 janvier 1851 (jeudi) - Berwick Street, Comté du Middlesex - Londres,  au Royaume uni.

Car sur ce point l'acte de mariage entre les deux époux est précis.


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Nous y apprenons que Jean Baptiste se prénomme toujours en 1875 Jean Baptiste et non Joseph, sa mère est rentière, qu'il  est commis bijoutier (il a 23 ans) qu'il demeure à Bordeaux chez ses père et mère, qu'il épouse Blanche Marie Morel sans profession demeurant chez ses parents, au 62 rue de Richelieu 
(je connais bien, c'est chez Candas au 62 que je suis rentré après l'École de la rue du Louvre)

Il n'y a aucune rectification concernant son prénom alors que sa mère dans l acte de mariage "déclare avec fermeté que c'est par erreur si elle a été prénommée Madeleine Blanche au lieu de Marie"
Donc a 23 ans et même plus tard,Joseph n'existe pas.



Broche Papillon d'après un article sur Chaumet de Charlotte Wannenbrouck dont je vous recommande le site: https://espritjoaillerie.wordpress.com

Avec ce mariage il devient un collaborateur assidu de M. Morel depuis 1875, M. J. Chaumet épousa sa fille. Il devint le directeur officiel de la maison en 1885 et, quatre ans plus tard, elle lui appartint entièrement.
D'un tempérament très actif, M. Chaumet sut donner une grande impulsion à ses affaires. Non seulement il fabrique d'importantes pièces de joaillerie, mais il a installé chez lui des ateliers subsi
diaires de lapidaire  d'émail, de gainerie, etc., et un laboratoire dans lequel il s'occupe avec succès de recherches concernant les pierres précieuses et les moyens de les distinguer aussi bien les unes des autres que de leurs imitations ou reproductions scientifiques. (d'après Vever)


Collection Pensée, 1885 cité par  https://espritjoaillerie.wordpress.com



Marcel Chaumet naît  le 21 août 1887  au Château de la Trésorerie - Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, 45750, Loiret.
Jean Baptiste dit Joseph est devenu le propriétaire de Morel et Cie en 1889, il associe son nom sur les factures et les écrins de la maison.

Associé à son frère Léopold, il crée une taillerie de diamants en 1890.
Ce frère est plus jeune que lui il est né le 16 novembre 1856 (dimanche) - 4 place Puy Paulin - Bordeaux, 33000, Gironde.

Tableaux de  JML Sousselier

Leopold a épousé Jeanne Marie Louise Sousselier .Artiste peintre, surtout portraitiste.


Son style évolua, cela devait faire tache chez les Chaumet , très catholiques pratiquants

En revanche, y a t il un style Joseph Chaumet ? Oui  et je crois que c'est Diane Scarisbrick qui en donne la meilleure définition:
"Il dirige avec talent son équipe de dessinateurs, de techniciens, de lapidaires et de vendeurs, au service d'un style imposant mais toujours élégant, qui ne doit rien à l'Art Nouveau, mais s’inspire de la joaillerie française du XVIII° siècle, ou de modèles de la Renaissance, à travers ses ors émaillés, par exemple ses motifs les plus caractéristiques - fleur de lys, chimères, cascades, stalactites et feuilles d'acanthe ~ sont déclinés en de superbes bijoux du soir."

Apres Joseph, on gèrera la Maison, mais ce n'est pas le même talent.


C'est encore Diane Scarisbrick dans son livre "Bagues" qui attire notre attention sur les bagues "renaissance" de Joseph Chaumet, celle ci a été réalisée en 1889. Elle appartient au style Néo -Renaissance tels Froment Meurice et d autres qui ont relancé ce style.
A cette époque les esthètes regardèrent l 'époque du XVI eme siècle comme l 'âge d'or.
Ainsi cette bague sertie d une améthyste facettée et flanquée d anges gardiens a sans doute été dessinée pour un évêque par l orfèvre ecclésiastique Armand Caillat  qui travaillait à la commande pour Joseph Chaumet. Diane Scarisbrick ne nous précise pas si cette bague a été achetée telle quelle ou si le dessin provenait de Joseph Chaumet.



Leur  age d'or, c'est Pierre Woeriot  qui en 1561 nous livre une série de dessins dont vont s'inspirer les bijoutiers de la fin du XIX eme.



Deux autres bagues  qui proviennent de Joseph Chaumet



1893 il est toujours au 62 rue de Richelieu.

Copyright Daniel Pelletier La villa Marie Adèle

Souvenez vous de Ducot Joaillier qui prit sous son aile Jean Baptiste Chaumet, ci dessous un article  du Journal Les saisons d'Arcachon.



En 1896 Joseph Chaumet réussit à fournir la  couronne nuptiale de l’archiduchesse Marie Dorothée de Habsbourg qui épousa notre Duc d'Orléans, je n'ai pas retrouvé la trace photographique  de cette couronne , mais toute la presse se fit l'écho de cet évènement. j'ai choisi cet article

La remise à l'Archiduchesse Marie-Dorothée du magnifique diadème offert par les Dames de France, a revêtu un caractère des plus solennels. Les femmes des membres du service d'honneur de Monsieur le Duc d'Orléans et les autres invitées de l'Empereur, réunies dans un salon voisin des appartements de François-Charles, ont été introduites auprès de l'Archiduchesse Marie-Dorothée à une heure.
L'Archiduchesse portait la ravissante toilette que je vous ai décrite hier, qui a été confectionnée à Pesth avec la splendide soie tissée à Lyon et offerte par le haut commerce lyonnais. La duchesse de Luynes, faisant les fonctions de grande maîtresse, a présenté à l'Archiduchesse les vin~t-cinq personnes présentes, toutes en toilette de visite.
L'Archiduchesse, très gracieuse et très simple, a eu un mot aimable pour chacune des personnes qui lui était présentée. Elle a beaucoup admiré le diadème qui lui était offert et, très touchée de cet hommage, elle a remercié chaleureusement, ajoutant qu'il lui serait difficile d'exprimer combien toutes ces sympathies et ce dévouement lui allaient au cœur. (Journal Le Gaulois 1896)




En 1899 Marcel Chaumet a 12 ans, il est à l'école Saint Joseph à deux pas du Bois de Boulogne.

Pièce présentée par Chaumet a l'exposition Universelle

En 1900 M. Chaumet, qui prenait part pour la première fois à une Exposition universelle, présenta un choix considérable de bijoux, de joyaux et d'objets d'art qui lui valurent une médaille d'or. 
Le rapporteur s'exprime ainsi à son sujet
"Nous parlerons de la maison Chaumet, dont les origines remontent à 1780.
Son propriétaire actuel a réuni dans sa vitrine de très belles collections de pierres et de perles fines, notamment un magnifique collier composé d'émeraudes et de brillants, et un autre collier de perles d'une grosseur remarquable et du plus grand prix. D'autres pièces de joaillerie, aussi intéressantes par leur importance que par la qualité des pierres, y figuraient également et méritent d'être rappelées : un devant de corsage et un diadème « chute d'eau », d'une assez grande difficulté d'exécution, un autre diadème rubans, un collier serre-cou, rubis et brillants, d'une souplesse surprenante, souplesse obtenue à l'aide de multiples emmaillements. » Bref, sa joaillerie, légère et bien disposée pour mettre en valeur des pierres importantes, fut très remarquée."


Diadème Rubans présenté a l exposition universelle en 1900




Collier Chaumet Rubis et diamants exposé en 1900


Diadème Chaumet navettes diamants et Perles expo de 1900


Broche diamant et perles de culture 1900 environ:
Conçu comme une paire d'ailes déployées autour d un motif central et une perle de culture, ensemble avec des diamants taillés et rose, raccord avec perle de culture détachable, des modifications à la broche .




Je ne vais pas faire l' inventaire des Rois et Reines et célébrités qui sont devenues clients chez Chaumet, il faudrait avoir accès aux archives de la Maison . J'en laisse le soin au spécialiste de la Noblesse qui a déjà réalisé des ouvrages sur Mellerio, Boucheron, Van Cleef et Arpels
Jean Baptiste dit Joseph Chaumet fut sans nul doute un grand Joaillier, la preuve ce diadème conçu en 1900 en or , topazes roses et diamants.


Jamais Exposition n'a réuni semblables richesses. On ne se douterait guère, en voyant une telle
abondance de joyaux, que dans ces dernières années les diamants et les perles ont atteint des prix très élevés; c'est un nombre imposant de millions que représentent les vitrines de MM. Boucheron, Vever, Chaumet, Marret, Coulon, etc., sans compter l'énorme « Jubilee », diamant de 239 carats, estimé à lui seul sept millions. Mais nous ne saurions nous attarder à une évaluation intrinsèque; nous n'avons pas non plus la compétence nécessaire pour aborder le côté technique : c'est donc au seul point de vue de la composition et de la nouveauté que nous examinerons la joaillerie. Ainsi que nous l'avons dit, les tendances des exposants sont très différentes. Certains sont restés cantonnés exclusivement dans le genre qu'ils exploitent depuis de longues années et n'ont apporté dans leurs compositions aucun élément décoratif inédit.(Revue de la Bijouterie 09-1900)




Des ateliers de M. Chaumet sont aussi sortis des objets d'art très curieux, véritables monuments par leur importance (tels le « Via Vitae » et le « Christus Vincit ») , mais dont l'analyse ne rentre pas dans une étude sur le bijou. Vever
Catholique fervent, presque "bigot" il consacre sa fortune à de bonnes œuvres et à la création de pièces d’art sacré, en particulier un "Christus Vincit " pour l exposition universelle de 1900.



Christus Vincit, en détail. Photo Hervé Bachelard
 médaille d’Or à l’Exposition Universelle de 1900



Détails de la partie supérieure du Christus Vincit


Cliquez pour agrandir

En 1904 Chaumet participe à l exposition internationale de Saint Louis




Via Vitae, « Chemin de Vie » de Joseph Chaumet, orfèvre parisien (1852-1928).Oeuvre personnelle réalisée en 1904 et classée Trésor National en 2000.
H : 2,70 m ;  l : 3 m Acquise par la Ville de Paray-le-Monial grâce au Fonds national du patrimoine, au Fonds régional d’acquisition des musées de France, et au mécénat culturel.

Rendez vous sur le site du Hiéron le texte résume bien cette oeuvre :
Ce « chemin de vie » est une œuvre exceptionnelle réalisée en matériaux précieux : or et ivoire pour les cent trente huit figurines représentant les scènes de la vie du Christ, argent doré et patiné et cristal de roche formant la Trinité dans une gloire, platine, diamants et rubis figurant  l’Eucharistie, marbres de différentes couleurs, albâtre, onyx et bronze doré constituant le socle et les décors de chaque scène.
Une œuvre personnelle.Présentée dans les salons de la joaillerie Chaumet, place Vendôme, à Paris, jusqu’en 1993 où elle fut démontée, elle n’était accessible qu’à quelques visiteurs privilégiés. Joseph Chaumet (1852-1928) réhabilite ici l’adage médiéval que rien n’est trop beau pour Dieu en choisissant de nobles matériaux, travaillés jusqu’aux moindres détails.Une œuvre engagée: Dans un souci mystique et en réaction contre l’anticléricalisme ambiant de la fin du 19e siècle, l’artiste tente « un essai de représentation artistique, à l’aide de pierres et de métaux précieux, des notions que l’humanité a de Dieu et de sa nature, des êtres et de leur nature, des rapports mutuels des êtres et de leur relations avec le Créateur ».L’œuvre a été pensée de manière symbolique. Le roc « représente la matière à travers laquelle circule la vie qui a sa source en Dieu » ; cette dernière est matérialisée par le fleuve qui, sous le Christ ressuscité, jaillit du tombeau ouvert par un ange, « sortant de Dieu sans que l’on puisse pénétrer le mystère de son origine, symbole de la vie, il traverse le tombeau du Christ pour montrer que la mort de Dieu Rédempteur… a régénéré ainsi la source de la vie 
De plus ce musée se trouve à la même adresse que Cartier : 13 rue de la Paix: mais à Paray le monial.

Voir aussi:
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=M0176000036

Joseph Chaumet continuera cette oeuvre consacrée à sa foi avec d'autres chefs d'oeuvres précieux comme la Couronne de la Vierge de Montligeon:





J'ai consacré un article à celle ci :https://richardjeanjacques.blogspot.fr/search?q=Montligeon

Peut-être avait-il beaucoup à se faire pardonner pour avoir offert à la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre cette énorme "Via Vitae" (1894-1904, en pleine période des lois de séparation des églises et de l'état)? Présenté comme un chef-d'œuvre de Joseph Chaumet, ce monument (dimensions 270 x 300 x 300 cm) fut légué à la Basilique du Sacré-Cœur pour être la pièce maîtresse du trésor de la basilique. Je crois que ce legs a été refusé (ce qui est souvent passé sous silence).
Finalement retournée à la maison Chaumet, cette "Via Vitae", classée trésor national en 2000, a été acquise par la ville de Paray-le-Monial où elle est exposée au Musée du Hiéron. (texte que m'a adressé un descendant des Morel)

En 1904 Joseph Chaumet avait pris la parole devant une assemblée de ses confrères.
Ce grand Joaillier, intègre, honnête, déclara:
"Du moment que nous acceptons la responsabilité de recevoir des sommes considérables en échanges de pierres fines naturelles dont les qualités rares justifient la valeur, nous devons appuyer notre affirmation de témoignages précis et tangibles pour l'acheteur"
Phrase terrible pour ce qui suivra, la faillite frauduleuse de ses petits fils.

En 1905 Joseph Chaumet ouvre une succursale à Londres au 154 New Bond Street



Sotheby's date ce collier de 1900 à Londres mais Chaumet n'y était pas encore!
Emeraudes et collier de diamants, Indien, vers 1900.
Conçu comme un collier à franges de la conception de feuillages, orné de diamants taille rose dans un  kundun réglage, supportant une frange graduée de gouttes d' émeraude cabochon, avec une paire de boucles d'oreilles assorties    longueur d' environ 310 mm, boîtier signé J. Chaumet, Sr de Morel et Cie, Londres, New Bond Street, 154, Paris, place Vendôme, 12.
Cet écrin vendu seul par la maison "Pro Antic " doit être semblable à celui décrit plus haut, gageons qu'un jour cet écrin vide contiendra un bijou sans signature ou poinçon en le décrivant comme un bijou Chaumet.




Broche émeraude et diamants Chaumet 1905.Conçu sous une forme de croissant avec des émeraudes calibrées, diamants ronds tois belles émeraudes diamants taillées de forme arrondie et, serties sur or jaune rose unsigned la pièce n'est pas signée, l'écrin est marqué Chaumet, et a l'extérieur de l'écrin avec un monogramme GBM et une couronne de Marquis . Toute la pièce est sertie en millegrains. Le serti, serti grain ou millegrains, que l’on appelle aussi serti perlé est généralement associé au pavage :le serti est composé de  petites boules qui s’intercalent entre les pierres pour les maintenir entre elles.  Deux ou quatre grains maintiennent en général les pierres. Il s’applique notamment aux pierres de petite taille. Le serti pavé, une variante, permet le maintien des pierres sur une grande surface par des griffes fines. On parle alors de pavage.



Marcel Chaumet est rentré dans la maison en 1904, né en 1887 il a donc 17 ans , il ne semble pas qu'il ait fait d'études particulières (document du Ministère du commerce en 1938).


En 1905 le Figaro publie un long article sur l exposition de Liège et le très bon accueil réservé aux produits français. Extrait:
Sous la présidence de M. Louis Aucoc, qui, lui aussi, remplit admirablement son rôle. 
Comme je l'ai dit, au milieu de la joaillerie, l'oeuvre magistrale "Via Vitae" attire tous les regards. Cette oeuvre d'art, symbolique,représente, on le sait, la voie que doit suivre la vie pour évoluer dans
les êtres et dans l'univers, avec son plus haut degré de fécondité. Exécutée, avec une incontestable supériorité artistique au moyen de pierreries et de métaux précieux, elle a une valeur de plusieurs
millions, C'est une grosse attraction pour les trois classes. Le Roi (Léopold) et la princesse ont été vivement intéressés et ont adressé toutes leurs félicitations à l'auteur, M. Chaumet. Je dois ajouter que
M. Chaumet est tout simplement un des premiers joailliers du monde et qu'il a dans sa vitrine des objets de toute beauté.
Il y a une perle poire dont on chercherait vainement la pareille,puis un rubis merveilleux et, parmi de nombreux objets d'art, la France chrétienne qui est toujours très entourée.



1906: Joseph Chaumet très féru de Gemmologie participe à des conférences du Dimanche  au conservatoire national des métiers avec  Projections électriques"



Le journal "La Croix" évidemment, l'annonce dans ses colonnes.



En 1906 Joseph Chaumet monte cet escalier, il visite ses futurs locaux au 12  place Vendôme. le lieu chargé d histoire le fascine, il va s'y installer en 1907.

L'hôtel Baudard de Saint-James au 12 place Vendôme.
Le lot fut acquis en 1699 par les financiers Nicolas Jérôme Herlaut et Besnier, en même temps que le no 10, et revendu en 1700 Louis Dublineau, Docteur en Sorbonne, prieur de Longchamp qui y construisit son hôtel. En 1702 il en donna l'usufruit au financier Urbain Aubert et à sa femme et la nue-propriété aux enfants de ceux-ci.En 1777 le no 12 fut acquis par Claude Baudard de Saint James,trésorier général de la Marine, qui fit réaliser le décor intérieur par François-Joseph Belanger et le peintre Jean Jacques Lagrenée (aujourd'hui : grand salon de réception du joaillier Chaumet).
L'hôtel est acheté par le banquier Isaac Thuret qui l’occupe dès 1814, date à laquelle il reçoit somptueusement son nouveau souverain Guillaume 1er Roi de Hollande avec les princes des différentes nations présents à Paris occupé par les Alliés. L'hôtel sera à la fois le siège de la banque Thuret & Co, celui du consulat général de Hollande et le domicile privé de la famille Thuret.

L'hôtel sera loué en 1848 à l'ambassade de Russie pour 45 000 francs, puis par appartements, dont celui de Frédéric Chopin pour 3500 francs en 1849, et ce jusqu'en 1853, date à laquelle il sera vendu pour 850 000 francs à Basile Parent et son épouse née Blin qui meurent en 1866, et reviendra aux héritières du premier mariage de Basile Parent et Jeannette Cousgen, Mmes de Montgermont et des Roys, qui le revendent par adjudication la même année 1866 pour 1 753 000 francs à Constant Say, déjà propriétaire de l'hôtel du 14 place Vendôme. Ce dernier meurt en en 1871 et son épouse en 1872, date à laquelle il sera à nouveau en vente par adjudication et adjugé pour 1 401 488 francs à sa fille Marie Charlotte Say, princesse Amédée de Broglie, plus tard remariée avec SAR Louis Ferdinand d'Orléans y Borbon de la maison d'Espagne, et qui le revendra le 22 février 1920 pour 7 millions de francs à la Société Minière de Pennaroya appartenant aux Rothschild, qui le revendra à son tour en 1971 avec l'hôtel du 10 Place Vendôme aux Immeubles de France, filiale du Crédit Foncier. Les joailliers Chaumet et la Banque arabe d'investissements internationaux en sont aujourd'hui locataires.
L'hôtel a abrité l'ambassade de Russie en 1848, et c'est dans une de ses dépendances, au premier étage, que Fredéric Chopin est mort de la tuberculose le 17 octobre 1849

Chopin, après son bref passage rue de Chaillot, fit venir sa sœur Ludwika, de Pologne et s'installa
avec elle, fin septembre 1849, dans cet appartement sur cour (1er étage), où il mourut, après une sereine agonie, le 17 octobre, à 2 heures du matin. Il avait 39 ans. Ce fut le dernier de ses neuf domiciles parisiens. (d'apres Wikipédia)

La comtesse Manuela de Montijo et ses deux filles Pacca et Eugènia future impératrice Eugénie, y louèrent un appartement au printemps 1851. C'est là que Napoléon III rencontra sa future femme. L'immeuble abrite aujourd'hui le joaillier Chaumet.




En 1906, la nouvelle maison de joaillerie Van Cleef & Arpels ouvre un magasin 22 place Vendôme, pendant que Mauboussin s'installe rue Greneta, dans le premier arrondissement, comme successeur du bijoutier Baptiste Noury.
La fin de « l'âge d'or » du Second Empire n'a pas provoqué l'affaiblissement, loin s'en faut, des grands bijoutiers parisiens. Ils s'enrichissent plus que jamais sous la IIIeme  République et même investissent des institutions auxquelles ils n'avaient pas accès auparavant. Ils entrent ainsi à la Chambre de commerce de Paris à partir des années 1880: Eugène Fontenay en 1881, Charles Martial-Bernard en 1888, Paul Soufflot en 1894, Louis Aucoc en 1909, Paul Templier en 1910.(jacqueline Viruega)




En 1908, lors de la visite officielle des Souverains espagnols, la Reine d’Espagne visita les grands joaillers de la Place Vendôme, dont Chaumet.

Diadème Feuillage de Chaumet en 1909 https://espritjoaillerie.wordpress.com


En 1909 année de grands procès d'escrocs des Joailliers: L archiduc et l archiduchesse .

L'« archiduc» et la «comtesse» devant la correctionnelle
Les deux escrocs de l'avenue Kléber, Gubatta, le faux archiduc, et sa femme, Sylvia Thcmson, veuve Van Reck, ont comparu hier devant la 100 chambre correctionnelle. Otmar-Karl Gubatta n'a pas encore tout à fait vingt ans, et déjà l'on ne compte plus ses aventures et ses démêlés avec la justice des deux mondes.
Né à Linz, en Autriche, fils d'un petit fonctionnaire, il débute en escroquant sa mère, restée veuve, à l'aide de fausses lettrès. On lui a fait apprendre le métier de cuisinier et on l'a placé dans un hôtel, à Mayence. Mais ce sont de bien autres destinées qu'il rêve, et il quitte Mayence pour aller à Vienne essayer de faire du théâtre. La vie de plaisirs qu'il mène à Vienne le conduit à voler les bijoux de sa mère, et, comme on le menace soit de l'interner dans une maison de correction, soit de l'embarquer comme mousse, il s'esquive avec une cuisinière et part pour New-York. Gubatta n'avait encore que dix-sept ans. Peu après, il revient à Vienne. Mais, comme il s'y fait condamner pour avoir, en 1907, donné un faux état civil, il retourne en Amérique. Cette fois, c'est la Californie, le pays de l'or, qui l'attire. Il y débarque sous le nom d'Eugène comte Harrik et ne tarde pas à s'y faire condamr.er à 60 jours de prison et 60 dollars d'amende pour escroqueries. Sa prison faite, il prend le train pour San-Francisco, et, là aussi, il se fait arrêter, ayant encore usurpé un nouveau titre, celui de comte Hunach.

Au cours de cette odyssée, il avait rencontré Sylvia Thomson. Elle était beaucoup plus âgée que lui trente-cinq ans. Mais elle lui apportait un concours précieux. Dans son enfance, elle avait eu pour amie une vraie duchesse. Depuis, elle s'était frottée au grand monde et y avait acquis assez de manières pour pouvoir, à l'occasion, tenir un personnage de grande dame.
Tous deux, en janvier 1908, partirent pour l'Europe. A Paris, ils ne firent que toucher, juste le temps de louer à la Compagnie Routière une automobile qui les mena à Zurich d'abord, puis à Aussee, en Autriche, où ils louèrent, 5.000 couronnes l'an, la villa du docteur Edlinger, conseiller du tribunal suprême impérial et royal. En peu de temps, les dettes qu'ils avaient accumulées à Aussee provoquèrent des poursuites qui les obligèrent à déguerpir.
Ils retournèrent en Amérique, où, sans formalités, à la mode du pays, ils se marièrent
D'avril à août 1909, on les retrouve à Lausanne, où le propriétaire de la villa Florence, le bijoutier Granser et la comtesse d'Etchegoyen se plaignent d'avoir été escroqués par eux.
Ils se décident alors à tenter le coup décisif à Paris. Ils y arrivent en octobre, toujours en automobile, et descendent à l'hôtel Continental, dans un appartement somptueux, bien entendu.
Aussitôt, Sylvia Thomson va trouver la duchesse qu'elle a jadis connue, la duchesse d'Andréa, et réussit à. se faire présenter par elle au joaillier Fontana. Elle invite le joaillier à venir à l'hôtel Continental, et, lui montrant la photographie d'une princesse en habit de cour.
Ma belle-mère, dit-elle, Son Altesse l'archiduchesse Maria-Josepha. Elle a les plus beaux bijoux du monde. Mon mari, l'archiduc Karl Heinrick et moi, nous voyageons incognito. C'est bientôt son anniversaire. Je voudrais, à cette occasion, lui offrir quelques bijoux dans des écrins à son chiffre.
Le luxe de l'appartement, la photographie en costume de cour, les allures princières de Sylvia Thomson déterminèrent M. Fontana qui, le 15 octobre, livra au faux archiduc 200.000 francs de bijoux.
Dans la partie suprême qu'ils avaient engagé, la première manche était gagnée. Sans perdre de temps, Gubatta et sa femme s'occupèrent de faire argent des bijoux livrés. Un bijoutier, M. Blum, leur acheta un rang de perles. Un autre joaillier, M. Chaumet, leur acheta une perle pour 7.000 fr.


Dans le Journal La Lanterne le résumé d'une énorme affaire. L'affaire LEMOINE

LE SECRET DE - L'INVENTEUR C'ETAIT UN MYSTIFICATEUR -L'identification des diamants. — Une disposition accablante. — Les confrontations d'hier. — Les dénégations de l'inventeur. — Le mémoire de la défense.
On peut dire aujourd'hui que l'instruction de l'affaire Lemoine est virtuellement terminée. La preuve est faite que J'ingénieur alchimiste n'est qu'un ingénieux fu miste, qui a réussi à mystifier des hom.
mes comme le gouverneur de la De Beers, des joailliers expérimentés, des financiers avisés et retors.
Les témoignages recueillis hier, venant après la déposition décisive d'un des diamantaires qui avaient fourni à la maison Bourdier un stock de diamants bruts pour Mme Lemoine, ont levé tous les doutes.
Lemoine est un mystificateur fort habile ; mais il n'a jamais fabriqué la moindre parcelle de diamant  il n'a même jamais cherché sérieusement à en obtenir.
Nous avons dit hier que Lemoine avait refusé de reconnaître les diamants apportés par M. Wernher, mais que plusieurs de ces diamants avaient été formellement reconnus par M. de Haan, fournisseur de, la maison Bourdier, comme étant bien ceux qui avaient été livrés à Mme de Rigny, aujourd'hui Mme Lemoine.
Comment les diamants furent reconnus
Nous avons demandé à M. de Haan si quelles particularités il a reconnu les diamants.
— Ces particularités sont nombeuses et probantes, nous a répondu M'de Haan. Voici d'ail leurs exactement comment cela s'est passé :
Dès que ja'i été introduit avec mes deux fit dans de cabinet du juge d'instruction, nous a dit M. de Haan, M. Le Poittevin m'a monM un lot considérable de diamants qu'il avait plot* sur sa table. * .,
- Pourriez-vous, m'a-t-il dit, reconnaître danè ce tas les diaments que vous avez vendus à M
Bourdier en 1905 ?
Depuis plus de quarante ans que je travaille le diamant, il m'en est passé par les mains d4 toutes sortes et de toutes dimensions, et voua comprenez que lorsque l'un d'eux porte quelque particularité. je n'ai pas à cberçber longtemps pour la reconnaître.
Lorisque, en août 1905, M. Heng, de la maisos Bourdier, me demanda de lui fournir une certaine quantité de diamants bruts, je me trouvais un peu. a court. D'ailleurs, je dois vous dire que je suis tailleur de diamants et non pas marchand de diamants bruts.
Pour compléter la commande faite par M. Heng, je dus livrer use certaine quantité de diamants ayant subi un commencement de travail. Cela m'a permis hier de les reconnaître à coup sûr.
Les diamantaires ont, en effet, chacun leur faoon de procéder. Avant de procéder à la taille d'une pierre, nous l'examinons soigneusement.
Si nous percevons un défaut, nous opérons ce que l'on appelle Je « clivage ». Nous recherchons le fil de la pierre, puis après l'avoir entamée, nous faisons sauter avec un couteau la partie où se trouvent les défauts.
Or, nous avons retrouvé hier sur la table de M. Le Poittevin plusieurs morceaux « clivés que nous avions livrés à la maison Bourdier.
Nous avons retrouvé également des diamants dans lesquels nous avions déjà pratiqué une facette. Parfois, en effet, au lieu de procéder immédiatement au clivage, nous ouvrons une facette afin de reconnaître à quelle profondeur se trouvent exactement les défauts constatés et de voir si ces défauts ne disparaîtront pas avec la taille.
Après avoir ainsi reconnu les diamants que j'avais livrés, soit aux facettes que nous avions déjà taillées, soit à notre procédé de clivage, je les ai mis à part et j'ai dit au juge : « Ces diamants sont les miens !  Je m'étais fait accompagner de mes deux fils qui ont, eux aussi, reconnu nos diamants, et j'avais apporté nos livres afin de faire les vérifications nécessaires.
M. Le Poittevin m'a alors demandé si on pourrait vérifier le poids. Un de mes fils est allé chercher une balance à carats.
Nous avons pesé, en présence du juge, les diamants que nous avions reconnus, et en nous reportant à nos livres, nous avons constaté que le poids était exactement le même.
— Pourriez-vous nous dire d'où provenaient les diamants que vous avez livrés ?
— Ces diamants venaient de la mine de Jaggersfontein qui se trouve au Cap Je crois aussi pouvoir vous affirmer que les autres diamants qui se trouvaient sur la table du juge provienment également du Cap, de la mine de WesseJtoh.
 Mme Lemoine a déclaré que son mari achetait des diamants bruts pour les réduire en poudre, mais il existe à cet effet dans le commerce de petits diamants d'inférieure qualité à moins de 1000 francs le carat qu'il pouvait facilement se procurer.
Comme on vient de le voir, M. de Haan affirme que les diamants fournis par lui provenaient de la mine de Jaggersfontein.
Or, M. Verneuil, professeur de chimie au Conservatoire des arts et métiers, qui avait eu à examiner dans une autre circonstance des diamants que Lemoine prétendait avoir fabriqués, avait déclaré que ces diamants provenaient fort probablement de cette même mine de Jaggersfontein.
Auditions et confrontations
La déposition de M. de Haan fut accablante pour l'inculpé, et hier on estimait, au Palais de justice, que la cause était entendue comme on dit en langage judiciaire.
Le pseudo-fabricant de diamants a bien essayé de parer le coup dans la journée d'hier, mais quelque énergie il possède, quelque habileté dont il fasse preuve. il lui est bien difficile de se tirer de ce mauvais pas. 
M. Le Poittevin a fait amener l'inculpé, à deux heures, dans son cabinet, et lui a donné connaissance de la déposition de M. de Haan. Lemoine, d'abord quelque peu interloqué, s'est vite ressaisi.  M. de Haan a dit ce qu'il a voulu, a-t-il déclaré, quant à moi j'ignore, ainsi que je vous l'ai dit hier, si les diamants qu'il a examinés sont bien ceux que j'avais remis à M. Wernher. J'ai au contraire, toutes raisons de croire que ce sont des pierres que le directeur de la De Beers West lui-même procurées par ailleurs. »
Le juge d'instruction a fait retirer Lemoine dans son arrière-cabinet, puis il a fait introduire M. Gardner. industriel au Tréport
M. Gardner avait été pressenti au sujet de la prétendue invention de Lemoine à laquelle on lui avait demandé de s'intéresser. Lemoine s'était rendu au Tréport avec Moine, un de ses premiers associés, et avait procédé à des expériences dans les établissements de M. Gardner. On sait que, sur commission rogatoire du juge l'instruction, les creusets dont fêtait servi Inventeur avaient été saisis et on aurait constaté qu'ils avaient été truqués. L'inculpé, à qui des débris de ces creusets avaient été présentés hier. ne les .avait pas reconnus. ,.
► M. Gardner a été longuement entendu par le magistrat à ce sujet, puis il a été confronté avec Lemoine.
M. Lemoine a été  également interrogé et confronté avec l'inculpé. Ce dernier se sentant perdu prend désormais le parti de tout nier ; malgré les précisions qui lui sont opposées, il persiste à ne pas reconnaître les creusets, comme il n'avait pas reconnu hier les diamants apportés par M. Wernher. La défense de Lemoine a rédigé un mémoire pour sa défense. Ce document, écrit à la machine sur deux feuilles de grand format, a été communiqué à la presse par d'Ûzer, ;beau-frère de l'inculpé.,
Ce plaidoyer personnel n'apporte aucun fait nouveau. Il débute ainsi :
Depuis deux mois de,l'instruction de l'affaire Wernher-Lemoine, il n'est actuellement encore résulté ..que les faits suivants. :
Lemoine a  incontestablement sorti du diamant de ses creusets. Parmi différentes personnes qui ont toutes assisté à plusieurs expériences et ont toutes, sceptiques d'abord, été convaincues ensuite, Wernher plus que tout autre, puisque Wernher lui-même a payé 1.600.000 tr pour assurer cette affaire.
Les personnalités qui ont assisté aux expériences et qui sont MM. Alfred Beint, gouverneur à vie de la  De Beers, actuellement décédé, sir Julius Wernher, Francis Oats, lord Armstrong, Franck Gardner et Willy Feldeinheimer, les personnalités, poursuit le document, ont pris les précautions les plus minutieuses.
Ce document se termine ainsi : Et en supposant que Wernher ait été assez naïf pour tomber dans les pièges de Lemoine pourquoi n'y croit-il plus ? Lemoine s'est-il recusé ? Non,
l'instruction démontre le contraire. Lemoine s'est-il sauvé avec l'argent soutiré à Wernher 'Non, encore puisqu'il  est représenté au-delà de sa valeur par des biens et des valeurs immobilières que Lemoine ne pourrait emporter avec lui. Et alors, si Lemoine était un fumiste; dans quel but toutes ces manœuvres hardies et dangereuses ? Pourquoi n'a-t-il traité avec Wernher alors que ce dernier ne lui demandait par l'entremise de l'avoué Valeton au tribunal de Tarbes, que trois cent mille francs pour le désintéressement de toute l'affaire î Pourquoi, même sous la menace d'une plainte, Lemoine refuse-t-il de traiter ? Pourquoi lorsque cette plainte était déposée, Lemoine qui en avait copie et qui la connaissait ne s'est-il pas enfui ? Le document, communiqué au nom de Lemoine n'est pas, croyons-nous, de nature à beaucoup servir à la défense et, pendant toute la journée d'hier, on annonçait qu'un coup de théâtre allait se produire. On s'attendait à une arrestation Sensationnelle, à laquelle on devait, disait-on, procéder à l'issue des confrontations Les faux creusets.
 Après l'ouverture de l'instruction, un ingénieur avait soumis à M. Le Poittevin des croquis de creusets hypothétiques et. dans lesquels il avait imaginé un « truquage permettant d'expliquer les pseudo-expériences de Lemoine.
Ce « truquage » consistait en Une cavité creusée dans la paroi intérieure — latérale ou de fond — du creuset, dans laquelle on pouvait introduire des diamants naturels, et que l'on bouchait ensuite avec une matière fusible, A une certaine température, cette matière aurait fondu et les diamants seraient tombés au fond du creuset, où les témoins de l'expérience les auraient ensuite « découverts ».
On se rappelle, d'autre part, qu'un chimiste avait condamné cette hypothèse des creusets truqués, en disant que, de diamants naturels soumis. à la haute température d'un four électrique, il ne serait resté qu'une pincée de cendres.
Lemoine, questionné sur ce point, â combattu, lui aussi, l'hypothèse des creusets truqués,mais par d'autres arguments.
11 a dessiné hâtivement un schéma de creuset de cette espèce et a écrit au-dessous :
En outre que les parois auraient brûlé, il est impossible de placer des diamants de vingt carats sans faire un emplâtre considérable et qui ne pouvait manquer de laisser des  ouvertures géantes dans les parois du creuset après l'expérience.
Les joailliers partie civile
M. Templier, président de la chambre syndicale de la bijouterie,orfèvrerie, joaillerie, s'est rendu chez M. Le Poittevin pour l'informer qu'il se portait partie civile dans l'affaire Lemoine.
- Cette intervention est toute. naturelle, nous A-t-on dit au siège de la chambre syndicale-
L'hypothèse qui avait semblé tout d'abord s'accréditer dans le public, à savoir qu' Henri Lemoine avait trouvé un procédé pour la fabrication artificielle du diamant, avait provoqué une, certaine émotion dans notre corporation. La, plupart d'entre nous possèdent d'importants  stocks de diamants naturels qui subiraient une dépréciation désastreuse le jour où la découverte que prétend avoir faite Lemoine serait une réalité.
Nous avons donc voulu   savoir ce qu'il y avait d'exact dans les affirmations de l'inculpé. La loi de 1905 sur des fraudes nous en fournissait Je moyen. En 'effet, la loi qui concernait, les Supercheries en matière de joaillerie a été abrogée, et c'est celle de 1905 oui s'applique aux objets et pierres précieux. Or. on sait que cette dernière loi donne aux syndicats intéressés la faculté de se porter partie civile.
il est probable que, lorsqu'ils firent la loi de 1905 sur les fraudes, nos législateurs ne se doutaient guère de l'interprétation qu'allait lui donner là chambre syndicale de la bijouterie.

Ce fut une énorme affaire qui causa un grand préjudice à la professions

Le 12 février1908, M. Templier reçoit d'un de ses confrères, qui a fait un voyage pour recueillir les doléances et examiner la situation, la note suivante:
Depuis mon départ de Paris, j'ai beaucoup entendu parler de l'affaire Lemoine qui a partout
jeté un doute fâcheux qui ne sera dissipé que lorsque la preuve aura été faite. Il est à souhaiter que l'action suive rapidement son cours pour que cette affaire se termine au plus vite. Les maisons les plus sérieuses (tel Fontan de Bordeaux) n'ont pas échappé à cette perturbation qui, dans l'état actuel des affaires, n'avait pas besoin de se produire.

Le 10 mars 1908, M. Achdjian, diamants et pierres fines, 29 rue Drouot:
Monsieur,
Un négociant en diamants, actuellement arrivé des Indes anglaises, raconte avec peine
que le mal que l'affaire Lemoine a causé là-bas à notre commerce comme partout ailleurs
est lamentable, à tel point que personne ne veut acheter de brillants par crainte de sa fabrication
comme rubis reconstitué.

Le 10 mars 1908, M. Leroux, 8 cours du Boucq à Lorient (Morbihan), écrit à M. Templier :
Je vous retourne cette fois encore votre choix intact. Vous ne sauriez croire le tort que
cette malheureuse affaire Lemoine nous a causé, une quantité de personnes se figurant que
cette sotte histoire doit faire baisser le  prix du brillant.

Des dizaines de lettres le Président déclare  je me borne à vous lire encore celle de M. Rigaud,
15 Boulevard Saint-Martin:
Monsieur le Président,
Sachant que la Chambre Syndicale se porte partie civile au procès Lemoine, j'ai l'honneur de vous communiquer une lettre pouvant servir au débat et indiquant le grand tort qu'a causé ce monsieur à la corporation.
Voici, Messieurs, la lettre communiquée par M. Rigaud et que lui avait adressée un de ses clients:
Monsieur,
Les diamants que vous m'envoyez ne peuvent me convenir, etc.
La lettre se termine par ces deux lignes topiques:
D'ailleurs, j'attends les expériences de Lemoine avant toute décision. 

Voilà donc où l'on en était! Dans la clientèle des bijoutiers, on attendait les expériences
de Lemoine pour conclure des marchés ou exécuter les marchés conclus!

En résumé Lemoine montrait devant tout un chacun qu'il fabriquait du diamant, il mit en péril toute la profession, ce fut une énorme affaire.


Blanche Marie Morel, fille de Prosper Morel, femme de Jean Baptiste Chaumet


Jean Baptiste (dit Joseph) Chaumet


Sans cahiers, sans fiches de fabrication, sans N° sur les pièces et quelque fois sans poinçons, il n'est pas toujours facile pour des experts de déterminer une date précise.
Par exemple les huit pièces qui suivent sont toutes datées de 1910, pas sûr!!!!!




Sotheby's: 
Une broche belle époque avec  perles naturelles,  perles de conques, et diamants
 vers 1910, 9,2 cm, avec poinçon français pour le platine et la marque de bijouterie indistincte pour J. Chaumet.Accompagné d'un rapport date du 22 Mars ici 2016 , de l'SSEF Institut Suisse de Gemmologie indiquant que deux perles sont des perles d'eau salée naturelles et que deux perles sont des perles de conque naturelles, sans aucun signe de modification de la couleur artificielle.


Bracelet Rubis et diamants de Chaumet 1910-1920


Tiare émeraudes et diamants Chaumet vers 1910  bandeau conique,  serti de roses diamant, de diamants ronds taillés et en forme de coussin, agrémenté de cinq émeraudes s circonférence d' environ 210mm , elle n'est pas signée, Ecrin  signé J. Chaumet, Sr de Morel & Cie, Londres, New Bond Street, 154, Paris, place Vendôme, 12.  revendu par Sotheby's


Tiare belle époque émail et diamant de Chaumet
Concue à la façon d'un kokoshnik Russe, composée d'une série de bleu royal translucide graduées plique-à-jour en panneaux d' émail incurvées, chaque recouvert de diamants taille anciennes f vers 1910, montée en platine et or, avec une affaire ultérieure équipée



Choker diamants, Chaumet 1910. Diamants coussins, diamants ronds et diamant rose, le bijou n'est pas signé l'écrin est gravé Chaumet.



Saphirs, diamants taillés, roses en diamants terminés par trois diamants poire, poinçon français
Sotheby's  attribue à Chaumet ce bijou ayant appartenu à Adriana Guillichini della Gherardesca et de là,  a sa descendance. 
Les Della Gherardesca sont une famille de la haute noblesse toscane d'origine lombarde, en lutte avec les Visconti pour la domination de Pise aux XIIe et XIIIe siècles en Italie.



Ce magnifique pendentif daterait de 1910 fin de la belle époque.  Une époque de grand succès économique en Europe qui a conduit à des excès dans l'affichage de la richesse. Des bijoux extravagants ont été portés en abondance sur des robes de soirée richement décorées. La  Société a été fascinée par les Ballets russes de Diaghilev mis en scène par le danseur Nijinsky en costumes, décors exotiques et colorés conçus par Léon Bakst inspiré par la Perse, la Russie et l'Orient. Beaucoup de ces influences sont évidentes dans la conception de ce bijou avec son motif en forme d' ogive qui aurait pu provenir d'une mosquée à Ispahan, tandis que les pendants forme de  glands sont tirés de la langue vernaculaire du design contemporain, notamment le style Garland développé par Cartier et embrassé par tant maisons parisiennes de Chaumet à Boucheron.





En revanche cette aigrette "Marie Stuart"  est bien de 1910 



Pierre Bergé a revendu aux enchères cette rare paire de candélabres  en vermeil à cinq bras de lumière (amovibles).Base ronde, fût évasé. l'ensemble à décor de feuilles d'eau, rangs de piastres et de perles. Travail français. Maître-Orfèvre: Joseph CHAUMET. Poids_4 760 gr. Les réalisations de pièces d'orfèvrerie par Joseph CHAUMET furent illustrées par un célèbre service destiné à la Famille PATINO. Il faut souligner que ces candélabres portent le poinçon d'orfèvre de Joseph CHAUMET. Au début du XXe siècle la Maison CHAUMET se chargea de réaliser l'ensemble des cadeaux, tant joaillerie qu'orfèvrerie, constituant les corbeilles de mariage. Référence: CHAUMET, deux siècles de créations, Musée Carnavalet, 1998.Ed. Paris Musées.

Chaumet a livré une quantité considérable de pièces d orfèvrerie  à la famille Patino. 

Au début du XXe siècle, trois hommes ont la haute main sur les mines d'étain de Bolivie, qui comptent parmi les plus importantes du monde. Simon Patino est le plus puissant d'entre eux. Qu'ils entrent ! Qu'ils viennent voir ce que c'est que de s'enrichir par le travail !  En ce début des années 1910, Simon Iturri Patiño joue les grands seigneurs. A près de soixante ans, cet ancien employé d'épicerie devenu l'un des hommes les plus riches de la planète - on dit de lui qu'il possède la cinquième fortune mondiale - a décidé d'ouvrir à ses ouvriers les portes de l'une de ses trois villas boliviennes. On imagine la stupéfaction de ces derniers, des Indiens pour la plupart, à la vue des pièces immenses, du mobilier de valeur, et surtout des somptueuses salles de bains en marbre, un luxe inouï pour l'époque ! Que peuvent-ils penser de cette réussite insolente et de l'homme qui l'incarne, ces hommes qui travaillent dans des conditions effroyables, rivés quinze heures par jour à la mine ? Car Patino n'a rien d'un philanthrope, et moins encore d'un patron éclairé ! Lui qui a trimé dur dans sa jeunesse n'a jamais fait de cadeau à ses employés, et n'en fera jamais. A tort ou à raison, il se murmure qu'il exerce, sur ses domaines, un véritable droit de cuissage. « Patiño connaît la diabolique façon de convertir le sang des Indiens en richesse et bien-être ", écrira l'un de ses mineurs. En 1943, il fera donner la troupe pour mater une grève. La fusillade fera de nombreux morts parmi les ouvriers qui ont eu l'audace de demander une augmentation de 100 % de leurs gages, un bonus pour Noël et la suppression des magasins de la compagnie, une source de profits très juteuse pour Patiño mais un véritable gouffre pour ses mineurs, contraints d'y acheter tout ce dont ils ont besoin pour vivre. La répression fera la Une des journaux aux Etats-Unis, certains voyant derrière cette grève la main d'agents nazis. Il est vrai que Simon Patiño est l'un des principaux fournisseurs d'étain de l'armée américaine. Pour être tout à fait juste, Simon Patiño créera également en Bolivie une université destinée à former les élites économiques du pays et à réduire la dépendance envers les spécialistes étrangers. (Journal Les Echos en 2008)



Une souscription pour la caisse de secours destinée au agents de police victimes du devoir

Quel était le poinçon de Chaumet ?


J.C.une étoile avec un croissant 1890/1928Chaumet, Joseph
 n° 1

orfèvre
auteurChaumet, Joseph
patronyme(s)Chaumet
prénom (état civil)Joseph
professionFabricant bijoutier
initialesJ.C.
symbolesune étoile avec un croissant
n° de garantieB408
n° de préfecture10769
date d'insculpation26 décembre 1890
date de biffage6 avril 1928
lieu(x) d'activité75
Paris
adresse de l'atelier62 rue de Richelieu






Donc un bijou revêtu de ce poinçon est antérieur a 1928, car à la mort de Joseph Chaumet son poinçon a été rendu à l 'administration et Biffé c'est a dire que l administration le casse en deux et le détruit pour qu il ne puisse resservir.
Il semblerait qu'un poinçon semblable ou proche (car le même ne peut être refait) ait été déposé par Marcel Chaumet.
Puis en 1987 la maison Chaumet ayant été liquidée, le nom a été repris et un nouveau poinçon créé


Le sens a été inversé les lettres NSC pour Nouvelle société Chaumet et toujours une étoile et un croissant de lune.





Sombre histoire , procès retentissant deux plaignants , deux joailliers, Meyer et Chaumet



Georges est le frère ainé de Marcel Chaumet . Né le 20 février 1882. 62 rue de Richelieu - Paris-IIème, 75002, Paris, Île-de-France, FRANCE Annonce du Figaro en 1912.




Joseph Chaumet, ne s'est pas essayé à l'art nouveau et comme la plupart des grands joailliers est resté dans des lignes sobres et classiques par exemple, en 1913  ce collier réalisé pour le maharadja d'Indore, serti de deux diamants poires de 47 carats chacun. 


1914 Bulletin de la société historique d' Auteuil Passy


En 1914 ce diadème soleil articulé est réalisé par Chaumet pour la princesse Youssoupoff, née grande duchesse Irina de Russie 


10 ans plus tard en 1924 ce diadème est toujours en possession de la Princesse Youssoupoff


Mais en revanche, ce fut ce diadème que la princesse Irina de Russie portait à son mariage



Wikipédia nous apprend qu'elle était coiffée d'une tiare sertie de diamants et de cristal de roche crée par Cartier en 1911 et acheté par le prince Youssoupoff pour ce mariage   La princesse Irina Alexandrovna de Russie fut reçue dans une salle du palais par son oncle maternel Nicolas II de Russie et son épouse l'impératrice Alexandra Fiodorovna, en cadeau de mariage, elle reçut de la main du tsar un petit sac contenant vingt-neuf diamants bruts, de trois à sept carats 10.les jeunes mariés reçurent la bénédiction de l'empereur et de son épouse. Le jeune couple reçut également un large assortiment de pierres précieuses offert par d'autres invités du mariage. Après la Révolution Russe, ils réussirent à prendre un grand nombre de ces joyaux, qui furent utilisés pour leur permettre de vivre en exil.




1915 diadème des Bourbon Parme fait par Chaumet


Diadème Chaumet site Esprit Joaillerie


Salle des modèles au temps de Joseph Chaumet

Avant 1930, un grand salon se trouvait à l'étage de l hotel de Baudard de Vaudrier, Chaumet le garda tel quel, c'est de ce grand salon qu'on pouvait acceder à la salle des Modèles.
Il y avait à gauche le Christus Vincit et la Via Vitae de Joseph Chaumet, puis la collection des diadèmes. Il y avait six cent modèles de diadèmes éxécutés en Maillechort (60% Cuivre, 20 % zinc, 20% Nickel.) Cela permettait aux clients de choisir.
Dans les armoires du soubassement, des albums remplis de croquis de dessins, des moulages, ou des fac-similés comme celui de l'épée offerte au comte de Paris à sa naissance





Une saucière en argent  avec plateau amovible de Joseph Chaumet pour Chaumet et Cie vers 1918gravé ARP les initiales de monogramme de Patino le Roi de l'Etain, la base de la saucière gravée '' J. Chaumet, Paris,  revente Sotheby's.




Douze français coquetiers d'argent et douze cuillères d'œufs, le coquetier, Joseph Chaumet pour Chaumet & Cie, Paris, les cuillères sont poinçonnées  FL initiales du  fabricant circa 1918
les coquetiers avec des intérieurs vermeil (deux non marqués), les cuillères pour les oeufs avec des bols dorés, les coquetiers, 6 cm,de diamètre, le tout 1058gr.
le lot de  cette vente faisait partie d'un service commandé en 1917 chez  Chaumet & Co, les joailliers parisiens, par Simón Iturri Patiño (1862-1947), pionnier de l'exploitation minière connue sous le nom "el Rey del Estaño" (le Roi de  l'étain), pour sa femme Albina Rodriguez (c. 1873-1953) revendus par Sotheby's



Un necessaire de table en argent de  Joseph Chaumet pour Chaumet & Cie, Paris, vers 1918 comprenant un pot de moutarde d'argent, un petit bol à pied, sept vases de cigarettes et six pepperettes de verre gravé montés en argent, le pot et vases sont gravés ,le pot de moutarde mesure 14cm, revente Sotheby's

Marcel Chaumet est décoré de la croix de guerre 1914-1918 avec 2 citations


1920 dans le journal la Presse, or d'après l 'INSEE Compte tenu de l'érosion monétaire due à l'inflation, le pouvoir d'achat de 30 000,00 Francs en 1920 est donc le même que celui de 2 852 865,98 Euros en 2016.

En 1920 dans la revue de l'art ancien et moderne


Ce sont deux broches système clips, art cdéco , saphirs calibrés et diamants de Chaumet
vers 1920, poinçons français les marques d'importation autrichienne pour le platine et métaux précieux de 1923, à Vienne, longue 6.7cm  Signé Chaumet et Cie, Paris Londres. 


C'est une boite a Courrier rectangulaire avec 2 compartiments de Chaumet vers 1920
Les Deux compartiments sont reliés par une charnière horizontale sur des intérieurs ouvrant en vermeil, les Couvercles gravés d'armoiries comtales et de la devise "Cor num sempre denuo virescit", c'est à dire " En gardant coeur Toujours le votre renaîtra . "


1920 Vanity case Onyx et diamant, 
L'étui rectangulaire orné d'un motif géométrique et d'une couronne, avec un motif d'onyx brillant et de diamants roses, d'un miroir, d'un rouge à lèvres, d'un compartiment à poudre, d'un bloc-notes en ivoire et d'un porte-crayon. poinçons français et de fabricant, poids brut approximativement 244 grammes, de Chaumet .



Tiare avec perles naturelles rares et impressionnantes ,et diamants,  Chaumet 1920.
Circonférence intérieure d' environ 365mm, écrin estampillé Chaumet Paris 12 place Vendôme, Londres, 22 Newbond Street.
Accompagné d'un rapport SSEF pas. 60809 et d'un rapport GIA 2145376236, indiquant que les trois perles sont naturelles et provenant d'eau salée.
Les deux rapports accompagnés d'une lettre d'annexe soulignant la rareté de ces grosses perles naturelles: «(...) La principale perle dans le centre est remarquable par sa taille et l'une des perles les plus importants certifiés à ce jour au SSEF. (...) Les perles naturelles de cette taille, la qualité et avec une provenance historique documentée sont très rares et donc la tiare décrite avec les trois grosses perles naturelles représente un trésor exceptionnel »



Diadème églantine



La Revue "Rennaissance de l Art et de l industrie de 1923", c'est à cette époque que se développe "la Légende" qui permettait de s'approprier les joyaux fabriqués pour les Rois et Reines bien avant la naissance de Jean Baptiste dit Joseph Chaumet.



Avec l' association des ateliers qui sont censés avoir précédé Chaumet , (bien qu'avant Prosper Morel, aucune association ne soit possible), et quand Marcel Chaumet rapproche l installation d'Etienne Nitot, sur la place Vendome de celle de son père il oublie de préciser que Nitot était au 15, à l 'emplacement du futur RITZ c'est a dire de l' autre coté de la place. Il oublie aussi de dire que le successeur de Nitot ne reprit pas la place Vendôme.


Broche Onyx et diamants de Chaumet environ 1925, rectangulaire avec motifs stylisés diamants de forme coussin onyx, montée sur platine , poinçonnée Chaumet 

Vint en 1925 l'"Exposition des Arts Décoratifs "



Voici la page consacrée a Chaumet en 1925



La maison Artcurial a revendu cette broche en platine et or gris de forme tonneau à décor ajouré de motifs géométriques et d'agrafes serties de diamants taillés en brillant souligné de d'onyx taillés en goutte de suif. Poinçon du joaillier Chaumet. Époque 1925. Larg : 5,4 cm - Poids brut : 18,6 g Dans son écrin. Accompagnée de la facture et du dessin préparatoire de la Maison Chaumet.



Mailles serties de diamants taille ancienne  un fermoir invisible dissimulé dans une maille, vers 1925, Poinçons français pour le platine, 18,7cm de long. Avec la marque de fabricant JC pour Joseph Chaumet revendu par Sotheby's




Le petit Parisien du 6 mai 1925


1926


1927: Dans la semaine à Paris la Société Nationale Art et Travail organise une visite de la Maison Chaumet

En 1927 une publicité groupée, trois grande maisons de cette époque


En 1928, le 11-juin, dans le "Petit Parisien" déjà et comme de nos jours, rien n'a changé.......on attribue tout à "Cartier" .
Un procès délicat contre Rosenthal, un grand de notre profession mais le problème de savoir dans un brut ce qui sera utilisable ou pas ????




Mais le lendemain le 12 juin 1928, le "Petit Parisien" ne s'excuse pas, rectifie le tir de la veille,  ce n'est pas Cartier qui attaque Rosenthal mais Chaumet.


1928 Le magasin de Londres, victime d'un cambrioleur audacieux.


Ce magasin  au nom de Joseph Chaumet (avant 1928) était installé au  22 Brixton Street dans New Bond Street, merveilleuse architecture art déco. L adresse que j avais trouvée n'était pas bonne, et mal orthographiée, c'est le 22 Bruton Street!!


Vue intérieur de la Maison Chaumet à Londres

J'ai beaucoup cherché ce 22 Brixton Street , j ai demandé a une amie Anglais mais elle ne risquait pas de trouver.





Un ami antiquaire en Joaillerie mr Varujan Krysian, m'adresse ce jour,  06-02-2017, deux bijoux de Chaumet qu'il vend dans sa boutique: GORKY ANTIQUITES SARL. Varujan KRISYAN. Bijouterie - Joaillerie. 18 rue Duphot 75001




En lisant les adresses sur l'écrin je m aperçois de mon erreur et je verifie immédiatement sur Google Maps, le magasin existe toujours et le décor extérieur en marbre est facilement reconnaissable.



1928 naissance de Pierre Chaumet


1928 c'est aussi la mort de Jean Baptiste Chaumet dit Joseph.


1929, Dans le journal "Vogue" à gauche Boucheron et à droite Chaumet



Résumé de cet article du "Petit Parisien" de 1929
Alors que les « belles affaires et les gros proces chôment au palais de justice en cette période de vacances, la danseuse Rosie Dolly l'une des Dolly sisters offre à l'actualité judiciaire un Numéro sensationnel une plainte en escroquerie de sept millions déposée contre son mari. TM. Mortimer Davis, fils d'un milliardaire américain, décédé.
Cette plainte vise l'achat et le non paiement d'un collier de perles fines Voilà un an, en effet, que Rosie Dolly. accompagnée de son mari, faisait l'acquisition auprès de M. Chaumet, joaillier, place Vendôme, d un rang de perles d'une valeur de 3 millions et demi et d'un second rang de perles de même valeur auprès- de M. Polack ,joaillier, 253, rue Saint-Honoré.
Le désir de Rosie Dolly était de constituer un seul collier avec les deux précieuses parures. Celui du mari était de payer à terme. étant en instance d'héritage ».
La danseuse fit monter son collier et eut la satisfaction rare de se montrer avec 7 millions de perles au cou.
M. Mortimer Davis signa des traites, mais aux échéances il ne put payer, son père l'ayant déshérite làa nouvelle de son mariage avec cette artiste.
Voyant impayées les traites dont ils sont les bénéficiaires, MM. Chaumet et Polack entamèrent des négociations avec Rosie Dolly et avec son mari. Ce ne fut pas facile, la danseuse et son mari effectuant de fréquents et lointains déplacements!
Polack et Chaumet demandèrent la restitution des perles et déposèrent plainte

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(Suite de l article)
le séquestre du collier de 7 millions fut ordonné. Mais où se trouve-t-il ? Dans le coffre fort d’une banque ? En France, à l'étranger ? Ou tout bonnement au fond d'une malle ? comme l'aurait affirmé, en riant, Rosie Dolly.
M. Chaumet, que nous avons vu hier, après avoir confirmé les détails que nous donnons plus haut, a ajouté "M. Mortimer-Davis jouissant d'un crédit considérable, je n'eus aucune inquiétude quant je lui vendis un rang de perles de 3 millions et demi payables à terme."
M. Mortimer-Davis et sa femme n'ayant pas fait face aux échéances, j'ai porte plainte, après avoir épuisé toutes tentatives d'arrangement ou de restitution des pertes.
Où est le collier ? Je ne sais. M. Mortimer Davis Davis, lui, est actuellement en Floride. Mme Rosie Dolly, elle, se promènerait en France et on l'aurait aperçue récemment a Paris.
J'espère qu'elle retournera le collier dont la justice a ordonné la mise sous séquestre.



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NÉES À Budapest en 1892 et formées à la danse, Jenny et Rosie Deutsch immigrent avec leurs parents en 1905 à New-York où, très jeunes, elles commencent à se produire dans des vaudevilles sur les scènes des music-halls. Sous le nom de Dolly Sisters, ces vraies jumelles accentuent leur ressemblance en synchronisant leurs mouvements à la perfection et en portant des costumes identiques sur les planches comme à la ville. Plus que leur talent de danseuses, leur joli minois casqué de cheveux noirs coupés « à la garçonne », leurs corps de sylphides et leurs costumes de scènes délirants font sensation. En 1918, elles affolent les messieurs qui les applaudissent dans le show des Ziegfeld Follies à Broadway, dans les spectacles du Moulin-Rouge de Paris et aussi à Londres où elles charment entre autres les fils du roi George V. D’Europe en Amérique, le tandem glamour connaîtra jusqu’en 1929 un succès phénoménal avec ses danses exotiques et sophistiquées.Les demoiselles s’entraînent régulièrement, pratiquent aussi bien la technique classique ou les danses de salon que le foxtrot et le jazz. Un passage par Hollywood (The Million Dollar Dollies, 1918) leur vaudra l’amitié de Rudolf Valentino et Charlie Chaplin. Mariées et divorcées plusieurs fois, les Dolly Sisters mènent grand train, réclamant des cachets toujours plus élevés, adorant le luxe, les plumes, les bijoux et les messieurs fortunés. Mais par-dessus tout, elles adorent le jeu – roulette, baccarat et autres courses de chevaux… Parmi leurs nombreux admirateurs se trouvent Sir Thomas Lipton, des thés du même nom, le prince de Galles, les rois de Roumanie, du Danemark et d’Espagne. Mais le plus ardent de leurs « sugar daddies » est Harry Gordon Selfridge, fondateur du premier grand magasin anglais, le fameux Selfridges de Londres dans Oxford Street. Ce richissime entrepreneur est si mordu des jumelles qu’il leur passe tous leurs caprices en espérant gagner le cœur et la main de Jenny. Outre les diamants et soupers fins, il s’assied près d’elles aux tables de jeu de Deauville ou de Cannes avec son portefeuille grand ouvert. Et bien sûr, il paye leurs dettes. Ce qui aura pour conséquence de le ruiner totalement en 1931. Après ces excès, la carrière des jumelles s’essouffle, Rosie épouse un richissime héritier américain tandis que Jenny s’offre un château près de Paris et ouvre une maison de couture sur les Champs-Elysées. Leur exubérant mode de vie se termine brutalement quand Jenny est grièvement blessée dans un accident d’automobile dont elle ne se remettra jamais. Elle se pend en 1941. Rosie, après une longue dépression et une tentative de suicide, meurt finalement en 1970, à Manhattan, remerciant le ciel pour « cette belle, cette merveilleuse vie.» Leur personnalité brillante et leur beauté ont inspiré des peintres comme Kees Van Dongen, Frank-Will ou Laszlo Moholy-Nagy. © Dominique Pillette – Aventures du regard 2016



Un "V" à la place du "U" en latin c'est la même lettre


Cliquez pour agrandir cette histoire sans fin

Et pourtant les chargés du Patrimoine de Chaumet ne leur en veulent pas du tout aux Dolly Sisters , puisque sur le site officiel de la maison le 22-01-2017, se trouvent la photo et le texte  ci dessous.






1930 Bracelet Art déco de Chaumet

flexible, orné de trois motifs  principaux et de trois Intervalles ajourés à décors géométriques serti de diamants taille ancienne et baguette (manque ), 18 cm. , Monture en platine et or gris, poinçons français, Porte le poinçon de la Maison Chaumet. ce serait donc 1928.




1930 Broche "Abeille" en or jaune 750°/oo ciselé, les ailes en nacre et les yeux ornés de petites émeraudes. Signée. Longueur: 25 mm Poids brut: 8 g
Dans un écrin en velours vert, l'intérieur portant l'inscription  "Hommage de Marcel CHAUMET, successeur de NITOT Joaillier de l'Empereur à l'Auteur de Napoléon Ier" revendu par Mtres 
Pescheteau-Badin

Marcel Chaumet qui est aux commandes de l'Entreprise depuis 1928 devient président de la commission du laboratoire de recherches de la bijouterie Joaillerie de 1930 à 1933
Marcel Chaumet est aussi Membre du conseil d'administration de la chambre syndicale de la B-J-O de 1930 à 1937



Vanity-case en Jadeite, émail et  diamant, Chaumet, 1930
L'étui rectangulaire ,l'émail bleu, décoré d'un motif floral jadéite sculpté, accentué avec des diamants taillés et roses, boîtier d'environ 55 x 40 x 12mm, signé Chaumet, inscrit le 24 Août 1930, poids brut d'environ 104 grammes.




Bracelet 1930 art déco emeraudes et diamants de Chaumet
Poinçons français et poinçon(ou marque) de Chaumet



Diadème or et argent de Joseph Chaumet  1930 (mort en 1928) environ. article Esprit Joaillerie

1930 broche de Chaumet 12 carats 20 de diamants revendu par Sotheby's



1931 Chaumet conserve l 'en tête "successeur  de Morel et Cie 


Dans le Figaro de 1931 Marcel Chaumet aux obsèques de Monseigneur de Vendôme




Naissance de Thérèse en 1931


1934 Le joyeux périple du diamant de Jenny Dolly, ou, déja!! les problèmes de Chaumet avec les douanes et le fisc.
Si même la curieuse aventure que voici était arrivée à une inconnue, elle n'eût pas manqué de pittoresque. Mais l'héroïne n'en est autre que l'une des Dolly sisters, lesquelles, si longtemps, figurèrent à. l'affiche des grands music-halls de Londres et de Paris. Ces deux soeurs, on le sait, se ressemblaient, surtout quelque peu maquillées, si parfaitement, qu'on les prenait l'une pour l'autre à la scène. Avec un peu de décor et un peu de fantaisie, elles avaient su tirer de cette gracieuse indentité, des effets inattendus. Elles eurent un temps de vogue, suivi d'un temps d'oubli... Mais elles avaient su, à la lumière des projecteurs et de la publicité, accumuler, et certainement pas grâce à leur art seulement, des millions , des millions fragiles... Ce qui était venu par la flûte, s'en alla par le tam- bour. Il ne serait même pas exagéré de prétendre que Jenny Dolly, qui comparaissait hier en correctionnelle, cigale avant tout imprévoyante, n'est plus qu'une pauvre fille. un accident d'auto l'a de surplus défigurée. Qui l'envierait encore !
Au temps de sa splendeur, en 1926,  a Cannes, cette petite- personne vi- vait avec un richissime Anglais, du nom de Selfridge, qui lui offrit une bague de quatre millions. Le jeu, comme l'on voit, valait largement la ohandelle. Or, pour échapper à la taxe de luxe, Jenny Dolly a commis, coup sur coup, deux délits. Elle a fait envoyer ce bijou à Londres, à titre d'exportation - c'est gratuit .- se rendant ainsi coupable de fraude. Puis, tombant sans s'en douter de Charybde en Scylla, elle l'a fait revenir à Paris, sans le décla rer à la frontière, se rendant ainsi coupable d'une seconde infraction. Le fisc et la douane, tour à tour frustrés, l'ont donc fait traduire, elle et ses fournisseurs, en correctionnelle...
Les bijoutiers de Cannes, MM. Chaumet et Vigler ont entamé avec l'Administration des contributions des négociations encore en cours, de sorte que le procès, en ce qui les concerne, a été disjoint et dûment renvoyé par le président Aveillé. Jenny, elle, ne négocie rien du tout. Elle a acheté sa bague, l'a payées l'a emportée... Et avec le plus rude des accents britanniques, elle articule d'une voix sourde :
- J'avais acheté cette bijou et je l'avais porté..
- Oui, vous l'avez porté six semaines, sur autorisation spéciale, signée David. Puis vous l'avez fait envoyer à Londres, où votre secrétaire, M. Rosenberg, l'est allé rechercher. Comprenez- vous ?
- No ! Je comprenais rien du tout !
Parbleu ! Le Rosenberg est mort, ce qui 'lui épargne d'être co-inculpé. Et pour le reste, il est aisé de reconstituer ce qui s'est passé. En envoyant la pierre de quatre millions à Londres, le bijoutier Chaumet déclarait ce bijou « exporté » et frustrait le fisc de 400.000 francs, lesquels, naturellement, portés à la facture, l'auraient fait majorer d'autant. On a beau être Jenny Dolly : 400.000 francs restent 400.000 ' francs ! une fois le « bouchon de carafe » en Angleterre, Rosenberg l'alla quérir et le rapporta dans la poche de son gilet, non seulement sans bourse délier, mais encore en touchant de la maison Chaumet une prime de 25.000 francs ! D'où le mécontentement de la douane !
Le premier délit - la suppression de la taxe de luxe - n'est nié par personne : preuve en est que les bijoutiers acceptent urne transaction. Le second délit n'est nié que par Jenny, à qui seule, d'ailleurs, on le reproche.
No ! Je ne comprenais pas du tout !
- Vous saviez bien que Rosenberg a rapporté votre diamant de Londres ?
Oui, je savais. Mais je ne comprenais pas pourquoi
- Vous n'allez tout de même pas m'obliger à vous l'expliquer ?
Elle a l'air vexé : elle « jurait » que jamais elle n'avait pensé à toute cette complication, et vraiment on a peine à la croire. Encore si ce bijou lui était resté. Mais la malignité des temps l’a obligé à mettre ses joyaux en vente - rue Drouot ! Le fameux diamant, souvenir - commercial - de M. Selfridge, est apparu au feu des enchères. Aussitôt le fisc de réclamer son dû. Et la douane Itou. La bague a atteint péniblement, seize cent mille francs : moins de la moité de sa valeur d'achat ! Avec les taxes, surtaxes et restitutions, il ne représentait déjà, pour 1'autrefois jolie Jenny, plus rien.,On entendit Mr Herr - le fisc ! - plaider avec abondance, mais sans esprit., et Maitre José Théry plaider avec esprit mais, par bonheur, sans insister trop. Et le jugement est renvoyé à quinzaine.



Epilogue décrit dans le Journal Populaire de fin 1934, Jenny Dolly fut condamnée à trois jours de prison et 11 millions d'amende
Mais elle obtient le sursis et, ruinée, ne versera pas un sou!
Mais elle sera bien en peine, sans doute, d'acquitter l'amende. fixée en ce qui concerne la douane, au prix même de la bague, soit 4.583.886francs. L'amende à payer aux contributions indirectes a été également fixée à 4.583.886 francs, plus cinq décimes sur cette somme, soit 2.298.493 francs. Au total 11.466.2.85 francs, sans compter les dépens du procès...
Ne plaignons pas la « pauvre » Jenny ! Aujourd'hui ruinée, elle a déjà été réduite à mettre aux enchères son diamant, ainsi que tous ses bijoux à l'Hôtel des Ventes... et elle en a retiré moins de 2 millions ! Mais au temps de sa splendeur, elle a joué, devant le tapis vert, d'innombrables millions, et elle a dissipé des fortunes gagnées sans fatigue. Elle appartient à cette catégorie de cigales qui. ayant dansé tout l'été, n'ont pas pensé à l'hiver hiver fatalement précoce. Elle partira donc pour l'Angleterre,ou l'Autriche. Et sa mésaventure, pourtant si parfaitement immorale, n'aura pas d'autre suite... 



Broche Diamant double clip, 1935 environ
Chaumet & Cie, Paris Londres, et numérotés, poinçon du  fabricant et marques  françaises, cas J. Chaumet, Paris 12 Place Vendôme.
Sotheby's


Collier en diamants de Chaumet vers 1935 longueur d' environ 371 mm, Poinçon français et de Chaumet accompagné d'un écrin signé Chaumet, Londres.

Marcel Chaumet est nommé Président de sa classe a l exposition universelle de Bruxelles en 1935




1935 Revue Vogue


Mariage 1935 dans le Petit Parisien


1936 une belle année de publicité dans Vogue



1936 Vogue


1936 Vogue


1936 Vogue


Marcel Chaumet devient en 1936 président du comité Vendôme


1937 journal Fémina


1937 le Figaro




1937 Très beau bracelet  en gradins ligne de calibrés sur chaque maille or rose et or jaune 16 cm de long signé et numéroté Chaumet Revendu par Sotheby's


1937 le journal Fémina publie cette info publicitaire


Jolie vente de Millon associés, cette belle broche en platine et or gris dans un écrin de la maison Chaumet je la trouve plutôt du style des années 30 mais elle est gravée 1937!!!
Elle stylise un branchage de roseaux, entièrement pavé de diamants de taille ancienne et de roses. Elle est agrémentée d'un décor feuillagé orné de diamants poires.Dans son écrin en cuir de la maison "J.CHAUMET", (chiffré "MICHELINE 23 JANVIER 1937"). Poids: 35.5 g

Boite en or de Chaumet, de forme rectangulaire, en or gris et or jaune, décoré de losanges d'or jaune ,et des initiales BB et D'une couronne, poinçons français d'or, signée Chaumet 





Double broche Clip   sertie de diamants taille brillants et de diamants baguette, signée Chaumet, revendue par Sotheby's




1939 décès du beau père de Marcel Chaumet

Marcel Chaumet est membre du comité de la joaillerie pour l exposition universelle de New York en 1939. La guerre est à nos portes, les Arpels sont réstés à New York apres l exposition universelle, étant juifs cela les a sauvés, mais Marcel Chaumet revient en France il est mobilisé le 26 aout 1939 jusqu'au 30 juin 1940 et n'est rayé des cadres que le 20 aout 1940




Paire de clips d'oreille ,en diamants, poires et ronds Chaumet, 1940: Poinçon partiel de Chaumet 



Paire de broches émeraude, rubis et diamants, Chaumet, 1940 signé Chaumet revendus par Sotheby's.

Comme d'autres la seconde guerre mondiale va d'après l histoire officielle mettre les activités de la Maison en sommeil , mais Chaumet  ne ferme pas et devient expert en Joaillerie pres le tribunal de grande instance de la Seine (nomination le 16 juillet 1942)



1945 dans "L art et la Mode" Sur la branche à gauche ...le bracelet est de Chaumet


1945 or rose et or gris. Il semble que Chaumet ait peu produit de bijoux  pendant la guerre 39-45

Marcel Chaumet avec ses fils ]acques (né en 1926) et Pierre (né en 1928), vont a partir de 1945 retrouver la prospérité, même si l inspiration est absente dans leur modèles. L'un des rares livres sur les Bijoux des années 50 de Mélissa Gabardi
Marcel Chaumet est désigné President de la haute Joaillerie de France en 1947



1950  C'est une broche trembleuse en forme de fleur pétales sertis de diamants taille brillants , un centre amovible avec un brillant important entouré de diamants tailles brillant, aux environs de 1950.
La broche trembleuse fut une grande spécialité de la deuxième moitié du XIX eme et pourtant elle a encore des adeptes en 1950 celle ci a été exécutée par Chaumet, mais n'est pas signée: Revente de Sotheby's



Clip qui est en forme de "Gamma", serait ce un souvenir de la milice? au centre une émeraude (2_carats) cabochon poire et une cabochon ronde, deux rangs  de diamants baguettes montée sur platine travail de Chaumet des années 50 . a partir d'un dessin,  inhabituel dans les réalisations de Chaumet généralement d une élégance plus classique .


Un boitier rectangulaire  diamant et laque noire avec motif lierre serti de diamants vers 1950 Signé Chaumet et Cie , N) 11621



Parure realisée en 1950 bien qu'elle rappelle les colliers indiens d'avant 1900 cabochons rubis, perles emeraudes rondes Signés Chaumet Paris

Broche rubis et diamant des années 50


Parure de Bijoux or et Corail de Chaumet, vers 1955 toutes les pièces sont signées Chaumet Paris Londres.




1955 env. Très jolie pièce de Chaumet ou on sent la "patte" de Sterlé, platine et or, turquoises et diamants: Poinçon de Maître de Pierre Sterlé et signature de la Maison Chaumet.



1955: Important collier draperie richement orné de deux lignes de diamants brillantés en chute à chatons à griffes encadrant une ligne de diamants baguette de taille dégressive. Deux motifs en volute sertis de diamants brillantés retiennent le tour de cou serti de diamants taille émeraude et baguette calibrés. Monture en platine. Travail français. Signé. Dans son écrin de la Maison Chaumet. Poids du diamant central : 3,45 carats. Poids total des autres diamants : 34 à 36 carats environ. Etude de Pierre Bergé.



Chaumet. Années 1955. Exceptionnel diadème composé de quatre lignes de diamants brillantés de taille dégressive soulignées d'une ligne de diamants baguette. Il est surmonté par quinze diamants brillantés en chatons à griffes retenue par des diamants carrés en sertissure. Monture en platine (systême en or gris).Travail français. Poinçon de Maître.Dans son écrin de la Maison Chaumet. Poids total des diamants : 62 à 64 carats environ. etude de Pierre Bergé




CHAUMET 1955-1957 Ensemble du soir en deux tons d'or 18K tressés à l'imitation de la vannerie comprenant: un sac recélant un miroir biseauté, le fermoir et les côtés soulignés de bouquets d'or gris sertis de diamants, disposé dans un étui en daim; un poudrier assorti, le fermoir souligné d'un bouquet d'or gris serti de diamants formant la lettre M; une boîte à fard de forme circulaire; un étui de rouge à lèvres et un étui pour flacon de parfum. L'ensemble est accompagné d'une copie de deux factures de la Maison Chaumet en date du 3 février 1955 et du 8 mai 1957
Ce doit être une fabrication de l atelier (de grande qualité) de Jean Pierre Brun qui fournissait les plus grandes joailleries mais qu'on ne cite jamais.




1965 Chaumet  "L'Art et la mode "


Oranger porte-menu en vermeil et pierres dures, Chaumet, Paris.
Le petit arbre est en vermeil, les fruits en agate rouge le pot en malachite à poignées et pieds en vermeil poinçon de maître JC un croissant au-dessus, étoile au-dessous dans un losange vertical, poinçon de contrôle français (crabe), le dessous estampillé Chaumet / Paris


Avec l'arrivée des fils de Marcel, la maison se modernise, se diversifie.
Chaumet va acquérir Fontana de la Rue Royale, puis Wolfers de Bruxelles en 1968

J ai connu Freddy Wolfers, dans les années 60, j avais 20 ans il était venu à une réunion du club des Joailliers Français auquel appartenait mes parents et je fus très impressioné par l homme.
Il se présenta et dit "Freddy Wolfers de Bruxelles 300 employés"
J'ai donc écrit ce mois de janvier 2017 à la maison Wolfers  qui, contrairement a ceux de la place Vendôme , m'a tres aimablement répondu.

Cher Monsieur,

Il s'agit bien d'une acquisition de la Maison Wolfers par Chaumet. Pour plusieurs raisons :
1 l'actionnariat de Wolfers était dispersé dans une très nombreuse famille.
2. L'activité principale était l'orfèvrerie qui avait amorcé son déclin.
3. Les frères Chaumet poursuivaient une politique d'expansion internationale et donc Bruxelles les intéressait d'autant plus que Wolfers était la plus ancienne Joaillerie de Belgique et que Freddy Wolfers avait été un précurseur dans l'ouverture du marché de l'Arabie Saoudite des les années 1956 entretenait des liens très étroits avec la famille royale.
Ce débouché leur manquait cruellement.
En espérant vous avoir apporté les éclaircissements nécessaires.
Bien cordialement.
Patrick Descamps
Administrateur Wolfers S.A


"La filiale Chaumet Bruxelles était une société de droit belge propriétaire de la marque Wolfers. Freddy Wolfers y était resté administrateur avec 1ou 2 % d'actions. Aussi lorsque le tribunal de commerce à décidé de mettre la société en liquidation mon frère et moi avons décidé de racheter le fond de commerce et de faire revivre la marque Wolfers avec Freddy comme administrateur et assurer la pérennité de cette vénérable maison."

En 1970 Chaumet va acquérir l horloger "Breguet" puis la même année va ouvrir "L'Arcade"  sur la place Vendome une boutique pour vendre des bijoux plus abordables.
Puis des succursales a Genève et New York
Grâce au talent des dessinateurs maison, dirigés par René Morin, Chaumet parvient à se maintenir à la pointe de la modernité et de l'évolution des modes, y compris après 1970.




Broche intéressante des années 1970 en or jaune à deux motifs croisés rayonnants de bandeaux perlés et d'émeraudes longues dite « trapiche », agrafés de diamants de taille brillant. Signée Chaumet Paris. Poids brut : 36 g. 




Or 18 carats, diamant, pierre de couleur, perle de culture, onyx et émail collier avec des boucles d'oreilles assortis, Chaumet, Paris
Le collier est composé de six rangs de perles de culture mesurant environ 4,4 à 4,3 mm et trois rangs de perles d'onyx noir, le panneau avant appliqué avec émail noir, centré par un saphir ovale et deux diamants en forme de cœur pesant environ 1,00 carat, accentués Par 17 rubis calibré-coupés et de nombreux diamants ronds pesant environ 4,50 carats, longueur 16 pouces, signé Chaumet Paris, numéroté 13157; Les boucles d'oreille de conception similaire, appliquées à l'émail noir, avec quatre diamants en forme de coeur pesant environ 1,40 carats et 14 rubis calibré-coupés, signé Chaumet Paris, numéroté 131508, les deux pièces avec essai français et marques de fabricant.


Jolie broche aigue marine et diamants sur or jaune signée Chaumet années 1970


Tres bel objet en cristal et métaux et pierres précieuses , année 1975, Chaumet va fabriquer nombre de ces objets, il en restera  beaucoup dans la liquidation après la faillite.

Un descendants des Morel que j' interrogeais récemment m'écrivit ceci:I

Il apparaît que mon aïeul, Valentin Morel en épousant, à Paris, en 1789, Marie Jeanne Bouriau aurait pris la suite de son beau-père, François Bouriau, tabletier et par là même du grand-père de sa femme, Honoré Girard, maître peignier tabletier à Paris (reçu maître en 1732, juré et garde de la communauté de maîtres peigniers et tabletiers en 1743).
On pourrait donc dire que la maison Chaumet, de par ces filiations, existe depuis bien avant 1780 mais bien sûr avec des noms moins illustres que les Nitot et Fossin.
Si vous souhaitez avoir d'autres informations, je suis à votre disposition.

Après tout! Chaumet aurait pu aussi s'approprier  ce célèbre tabletier!
Et si nous poussons ce raisonnement par l'absurde ; Fontana, Breguet, et Wolfers, rachetés par Chaumet sont aussi des maisons crées par Marie Etienne Nitot?




Prochain Article: Jacques et Pierre Chaumet "l'Affaire"